Les in­fir­miers marquent leur ras-le-bol

Ma­ni­fes­ta­tions et pro­fes­sion mo­bi­li­sée sur #In­fir­miè­re­sou­bliées

La Montagne (Cantal) - - Région - Anne Bourges [email protected]­tre­france.com

L’ex­ten­sion de la vac­ci­na­tion grip­pale en phar­ma­cie est un peu la goutte qui a fait dé­bor­der le vase des do­léances ac­cu­mu­lées par les in­fir­miers.

Le mar­di 20 no­vembre, une jour­née na­tio­nale de mo­bi­li­sa­tion est an­non­cée à l’ap­pel – signe fort de l’am­pleur du ma­laise – de seize or­ga­ni­sa­tions re­pré­sen­tant plu­sieurs branches de la pro­fes­sion (*).

En Au­vergne­rhône Alpes, ce­la se tra­dui­ra par une ma­ni­fes­ta­tion au­tour de la pré­fec­ture ré­gio­nale, à Lyon, pour ceux qui pour­ront s’y rendre sans rompre la conti­nui­té des soins. Les autres en mi­lieu hos­pi­ta­lier por­te­ront un bras­sard. En sec­teur li­bé­ral, consigne est don­née de mettre le té­lé­phone sur ré­pon­deur et de ne prendre au­cun ren­dez­vous non pro­gram­mé.

Sur la vac­ci­na­tion grip­pale, les in­fir­miers n’en fi­nissent pas de rap­pe­ler qu’ils peuvent vac­ci­ner tous les adultes sans pres­crip­tion mé­di­cale. Phi­lippe Rey, vice­pré­sident de l’union ré­gio­nale des pro­fes­sions de san­té (URPS) in­fir­miers et pré­sident de la Fé­dé­ra­tion na­tio­nale des in­fir­miers (FNI) pour le Puy­de­dôme, es­time que la me­sure a juste pro­vo­qué un trans­fert de­puis les ca­bi­nets in­fir­miers vers les of­fi­cines sans élar­gir la po­pu­la­tion vac­ci­née.

« Une provocation »

Au­de­là et pour toutes les autres branches, ce porte­pa­role de la pro­fes­sion ne manque pas d’exemples et de pe­tites phases qui montrent un ma­laise ten­ta­cu­laire : entre souf­france et in­di­gna­tion d’une pro­fes­sion om­ni­pré­sente en France.

Mal­gré des avan­cées sur l’uni­ver­si­ta­ri­sa­tion de la for­ma­tion ou de la re­con­nais­sance d’ex­per­tise avan­cée pour les in­fir­miers anes­thé­sistes, ils es­timent « être les grands ou­bliés du Plan san­té 2022 ». D’où les #In­fir­miè­re­sou­bliées créé pour ras­sem­bler. Un in­ven­taire de do­léances qui com­mence avec les ef­fec­tifs qui ne sont plus pro­por­tion­nels aux charges de tra­vail de­man­dées dans les éta­blis­se­ments de soin.

Plus lar­ge­ment, les in­fir­miers dé­noncent une « vi­sion mé­di­co­cen­trée » du Plan san­té. Ils de­mandent les moyens de re­le­ver le dé­fi de l’am­bu­la­toire et du main­tien à do­mi­cile.

La créa­tion de 4.000 as­sis­tants mé­di­caux est aus­si per­çue comme une provocation : « On n’es­saye même pas de ti­rer par­ti des com­pé­tences et mis­sions qui sont les nôtres. »

Jean­phi­lippe Sa­lat, pré­sident du Con­seil in­ter­dé­par­te­men­tal de l’ordre des in­fir­miers (Ci­doi) Au­vergne, rap­pelle que le re­trait du pro­jet de loi créant ces postes est une de­mande for­mu­lée par l’ordre à l’oc­ca­sion du pas­sage de­vant le Sé­nat du Plan san­té 2022. Il y en a d’autres, à com­men­cer par la « rein­gé­né­rie des spé­cia­li­tés ».

« Avec 660.00 pro­fes­sion­nels – qu’ils soient hos­pi­ta­liers, li­bé­raux et sa­la­riés du pri­vé ou de l’édu­ca­tion na­tio­nale – nous sommes pré­sents au­près de la po­pu­la­tion du pre­mier jour de vie au der­nier souffle. Il n’y a pas de zone blanche chez les in­fir­miers. »

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION F.-X. GUTTON

OM­NI­PRÉ­SENTE. La pro­fes­sion dé­nonce une « vi­sion mé­di­co­cen­trée » du Plan san­té 2022.

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