La pas­sion du cuir pour prin­ci­pal ba­gage

Une ma­ro­qui­ne­rie a ou­vert, dans le pas­sage Ma­ri­nie, et pro­pose des créa­tions uniques

La Montagne (Cantal) - - Aurillac - Ma­rie-ed­wige He­brard ma­rie-ed­wige.he­[email protected]­tre­france.com

Dans la bou­tique, on ne vend que ce qu’on fa­brique. Et on ne fait au­cun mo­dèle en sé­rie. Votre sac se­ra unique !

Le cuir c’est leur af­faire ! Ma­thieu Châ­teau et sa com­pagne Bar­ba­ra signent des créa­tions mo­dernes et uniques. Ils viennent d’ou­vrir un ate­lier à Au­rillac.

Pas­sage Ma­ri­nie, l’ex­ate­lier des pin­tades a lais­sé la place à un ours rouge. Mais ne cher­chez pas de bête sau­vage. Dans la pe­tite cour, voi­sine de la rue Vic­torHu­go, il n’y a d’ours que de nom… et en­core : dans sa tra­duc­tion amé­rin­dienne.

Ma­to­sha (ours rouge en amé­rin­dien, donc), est le nom de l’ate­lier­bou­tique qui vient d’ou­vrir. Ima­gi­née par Ma­thieu Châ­teau et sa com­pagne Bar­ba­ra, – dite Ba­sha –, la marque est donc au­tant la contrac­tion de leurs pré­noms qu’un clin d’oeil à la culture des In­diens d’amérique. Une sorte d’ap­pel aux voyages, au dé­pay­se­ment. Et qui dit voyage… dit ba­gage ! Ma­

thieu Châ­teau s’en oc­cupe.

Le ba­gage de cet ar­ti­san ma­ro­qui­nier ? La pas­sion du cuir. « Je suis com­plè­te­ment au­to­di­dacte », lance­t­il d’em­blée. Après des études aux Beaux­arts et des pre­miers pas en tant que dé­co­ra­teur­scé­no­graphe, il se spé­cia­lise dans le tra­vail de cette ma­tière, qui offre tant de dé­cli­nai­sons.

Un au­to­di­dacte tom­bé dans le tra­vail du cuir

« J’ai com­men­cé par faire du mo­bi­lier en cuir. Pour moi, pour mes amis. Je vou­lais faire des choses de qua­li­té, sans que ça coûte une for­tune. Pe­tit à pe­tit, dans les chutes de cuir, j’ai réa­li­sé des sacs. Ça a tout de suite fonc­tion­né. Je me suis lan­cé ».

En 2013, il lance sa mi­cro­en­ tre­prise. En 2016, il ouvre un ate­lier­bou­tique à Pleaux. Et de­puis dé­but no­vembre, un deuxième point de vente, à Au­rillac, dans cette pe­tite en­clave, genre cour d’ar­tistes, qu’est le pas­sage Ma­ri­nie.

Ici, que des créa­tions uniques ! « On ne vend que ce que l’on fa­brique, Bar­ba­ra et moi. On ne fait au­cun mo­dèle en sé­rie. Les per­sonnes qui nous achètent un sac sont sûres d’avoir le seul exem­plaire ».

Sacs pour femme, car­tables ou ba­gages mixtes : Bar­ba­ra et Ma­thieu va­rient les mo­dèles, les tailles et les usages pour leurs créa­tions. Seule constante : le soin ap­por­té dans la confec­tion de celles­ci. Chaque créa­tion re­pré­sente entre 8 et 24 heures de tra­vail. Mais quel ré­sul­tat ! Des sacs élé­gants, ori­gi­naux, avec un soin par­ti­cu­lier ap­por­té aux fi­ni­tions. Et un style ré­so­lu­ment mo­derne à por­ter en ban­dou­lière.

« J’ai com­men­cé par un tra­vail 100 % cou­su à la main. Pe­tit à pe­tit, j’ai pu in­ves­tir dans ma­chines et ma­té­riaux de qua­li­té pour mon ate­lier. Mais ce sont tou­jours nous deux qui nous trou­vons der­rière les ma­chines. On maî­trise vrai­ment nos créa­tions, de A à Z et on les ga­ran­tit deux ans », sou­ligne le pro­fes­sion­nel.

Pour ses créa­tions, il ne fait confiance qu’à des ma­tières pre­mières ir­ré­pro­chables : « Elles sont réa­li­sées en cuir de pre­mière qua­li­té, is­su à 80 % de tan­ne­ries fran­çaises : du Puyen­ve­lay, d’es­pe­lette ou d’al­sa­ ce. J’ai d’ex­cel­lents four­nis­seurs », as­sure­t­il.

De­puis plu­sieurs mois, il a agran­di la gamme des créa­tions es­tam­pillées Ma­to­sha : por­te­mon­naie, porte­cartes, bourses, po­chettes, trousses, mais aus­si cein­tures. « Comme je ne fais que des pièces uniques, je peux ré­pondre à une de­mande pré­cise, sur un tour de taille par­ti­cu­lier. Je fais du sur­me­sure ! ».

Signe dis­tinc­tif ? Sa griffe au re­vers des cein­tures. Et un bla­son contras­tant, cou­su sur les créa­tions en cuir. « À l’ori­gine, c’était un châ­teau, au de­si­gn sim­pli­fié. Les gens ont pré­fé­ré y voir une mon­tagne, avec une crête. Vue la na­ture en­vi­ron­nante, fi­na­le­ment ça a au­tant de sens… En fait, on y voit ce que l’on veut y voir ! », ré­sume le créa­teur.

« Nos cuirs de qua­li­té pro­viennent à 80 % de tan­ne­ries fran­çaises »

PHO­TO CH­RIS­TIAN STAVEL

FAIT MAIN. Ma­thieu et Bar­ba­ra ont as­so­cié leurs ta­lents pour ima­gi­ner des pièces élé­gantes : très ori­gi­nales ou clas­siques.

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