Pour­quoi une telle hausse de l’im­pôt sur les or­dures mé­na­gères ?

La Montagne (Cantal) - - Saint-Flour - Yann Bays­sat

Les der­nières feuilles d’im­pôts lo­caux ont fait ja­ser sur Hautes-terres, en par­ti­cu­lier sur Mas­siac, en rai­son d’une hausse forte du pré­lè­ve­ment sur les or­dures mé­na­gères.

Une aug­men­ta­tion d’au­tant plus dif­fi­cile à pas­ser qu’elle n’est pas la pre­mière… Ain­si, pour un foyer qui payait 180 € en 2013, quand le pays de Mas­siac pré­le­vait une re­de­vance sur les or­dures mé­na­gères, l’ad­di­tion est pas­sée à 303 € quand la re­de­vance est de­ve­nue taxe, puis à 517 € au­jourd’hui, après fu­sion. Dans le même temps, d’autres, qui payaient 180 € en 2013 aus­si, payent au­jourd’hui 298 €. Alors pour­quoi une telle aug­men­ta­tion, à ser­vice égal, et pour­quoi une telle dis­pa­ri­té ? Pour la dis­pa­ri­té, c’est simple : quand la re­de­vance est la même pour tout le monde, la taxe se base sur la taxe fon­cière, et le re­ve­nu lo­ca­tif du foyer.

Pour ce qui est de la hausse, Ghys­laine Pra­del, pré­si­dente de Hautes­terres, s’en ex­plique : « Lors de la fu­sion, nous avions har­mo­ni­sé les taux à 10,5 %, sans ana­lyse pous­sée. Au cours du pre­mier exer­cice, nous nous sommes ren­dus compte que c’était trop bas. Nous avons dû prendre deux dé­ci­sions mo­di­fi­ca­tives pour abon­der le bud­get des or­dures mé­na­gères. On ne peut prendre dans le bud­get gé­né­ral de ma­nière ré­cur­rente, donc il fal­lait aug­men­ter le taux de pré­lè­ve­ment. Qui est pas­sé à 13,81 %. Il fal­lait le faire car en plus le Sy­tec a aug­men­té le prix de son ser­vice sur le trai­te­ment des dé­chets, ré­per­cu­tant des hausses de taxes na­tio­nales. Ser­vice qui reste ce­pen­dant très abor­dable, car em­me­ner nos dé­chets à l’in­ci­né­ra­teur de Cler­mont re­pré­sen­te­rait une hausse de 48 € à la tonne, plus un coût de trans­port de 25 € la tonne. »

« Trier est la so­lu­tion »

Mais, Ghys­laine Pra­del le pro­met, l’in­ter­com­mu­na­li­té va es­sayer de bais­ser le coût du ser­vice. « Nous al­lons d’abord tra­vailler à ra­tio­na­li­ser les tour­nées ; par exemple, en créant des points d’ap­port vo­lon­taire sur le Pays de Mu­rat, plu­tôt que du ra­mas­sage à chaque pas­de­porte. Nous avons aus­si in­ves­ti dans du nou­veau ma­té­riel qui ren­dra les coûts fixes moins im­por­tants. » Reste que les par­ti­cu­liers peuvent avoir l’im­pres­sion de plus payer que de plus gros pro­duc­teurs de dé­chets. « Une ré­flexion est en­ta­mée au ni­veau du Sy­tec, et les trois in­ter­com­mu­na­li­tés adhé­rentes sont toutes d’ac­cord sur ce point, pour ins­tau­rer une taxe à des­ti­na­tion des en­tre­prises et des grands éta­blis­se­ments pu­blics, ce qui se­rait plus juste pour les par­ti­cu­liers. » Et pour­quoi pas, comme le font cer­taines in­ter­com­mu­na­li­tés, pe­ser les pou­belles pour que les mé­nages payent ce qu’ils pol­luent ? « Une étude va être me­née par le Sy­tec sur cette ques­tion, avance Ghys­laine Pra­del. Ce n’est pas simple à mettre en oeuvre, mais ce se­rait ef­fec­ti­ve­ment plus juste. Sur­tout par rap­port au cal­cul ac­tuel qui ne prend pas en compte la taille du foyer. »

Et l’élue de conclure : « on tra­vaille sur le su­jet. Et même si cette hausse peut être dure à vivre, il ne faut pas bais­ser les bras. Les dé­chets sont l’af­faire de tous, et trier est la so­lu­tion. »

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