Le centre Jean-per­rin a ar­rê­té la pose d’im­plants tex­tu­rés

La Montagne (Cantal) - - Le Fait Du Jour - IM­PLANTS. M. G.

Ce sont 100 à 150 pa­tientes, chaque an­née, à qui sont po­sées des pro­thèses mam­maires au centre Jean-per­rin, le plus grand de la ré­gion en ma­tière de lutte contre le can­cer et par­ti­cu­liè­re­ment dans la prise en charge du can­cer du sein.

De­puis dix ans, les chi­rur­giens du centre cler­mon­tois ont pro­po­sé ma­jo­ri­tai­re­ment à ces 1.500 pa­tientes at­teintes d’un can­cer du sein des pro­thèses tex­tu­rées, du fait du scan­dale des pro­thèses PIP. Ces pro­thèses à sur­face gra­nu­leuse de forme ana­to­mique ont été mises en cause dans l’émis­sion de France 2 Cash in­ves­ti­ga­tion : 56 femmes por­teuses de pro­thèses tex­tu­ ré­es ma­jo­ri­tai­re­ment de la marque Al­ler­gan au­raient en ef­fet contrac­té un lym­phome ana­pla­sique très rare, voire in­ha­bi­tuel.

« Nous avons été bou­le­ver­sés par cette in­for­ma­tion, nous sommes là pour rendre ser­vice à ces femmes, on pense faire un geste pour leur bien. C’est une alerte qui nous prend au dé­pour­vu et nous place dans une si­tua­tion très dé­li­cate, car nous man­quons d’in­for­ma­tion », concèdent Isa­belle Van Praagh, on­co­logue et pré­si­dente de la Confé­rence mé­di­cale d’éta­blis­se­ment, et le pro­fes­seur Ch­ris­tophe Po­mel, chi­rur­gien et di­rec­teur des af­faires mé­di­cales du centre Jean­per­rin. « Sur les 38 femmes dont on dis­pose du dos­sier mé­di­cal, nous igno­rons si la pro­thèse a été po­sée à vi­sée mé­di­cale ou es­thé­tique ».

Une pro­thèse à vi­sée es­thé­tique est po­si­tion­née der­rière le sein, alors que pour une re­cons­truc­tion, il n’y a plus de sein. Existe­t­il un rap­port entre la pro­thèse et le sein ? Pour l’heure, les mé­de­cins ignorent cette in­for­ma­tion cru­ciale qui leur per­met­trait de sa­voir quelle est la po­pu­la­tion la plus à risque : celle qui porte des pro­thèses tex­tu­rées à vi­sée es­thé­tique, ou celle qui en pos­sède une à vi­sée re­cons­truc­tive ?

Jus­qu’à au­jourd’hui n’y a eu au­cun cas de lym­phome ana­ pla­sique au centre Jean­per­rin, confirment les mé­de­cins. Néan­moins, il y a quelques jours, suite à une alerte de l’agence na­tio­nale de sé­cu­ri­té du mé­di­ca­ment (ANSM), les chi­rur­giens ont ar­rê­té de po­ser des pro­thèses tex­tu­rées au pro­fit de celles rondes et lisses.

« Nous sui­vons les re­com­man­da­tions, ex­plique le pro­fes­seur Po­mel, c’est­à­dire que pour l’heure nous ne conseillons pas l’ex­plan­ta­tion, en re­vanche une sur­veillance rap­pro­chée doit être ef­fec­tuée, ce que nous fai­sons dé­jà ici ». Elle com­prend no­tam­ment un exa­men D’IRM.

En at­ten­dant d’avoir des ré­ponses pré­cises, les mé­de­cins in­vitent les pa­tientes à prendre contact avec le centre via un nu­mé­ro unique. « Nous ne don­nons pas de ré­ponse glo­bale, mais une ré­ponse adap­tée à chaque pa­tiente ». Un ren­dez­vous est pro­po­sé dans les sept jours.

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