La sec­tion de re­cherches, 40 ans après

L’uni­té ba­sée à Cler­mont­fer­rand est « à ma­tu­ri­té »

La Montagne (Cantal) - - Région Actualité - Sté­phane Bar­noin

Le temps a pas­sé, mais Ber­naud Pouyet n’a rien ou­blié des « grands dé­buts » de la sec­tion de re­cherches (SR) de Cler­mont-fer­rand, née un jour d’été 1978.

« Au dé­part, ça n’a pas été évident, il a fal­lu qu’on ba­taille pour faire notre trou. On ve­nait cha­touiller la po­lice ju­di­ciaire sur ses terres, c’était quelque chose ! », se re­mé­more l’alerte oc­to­gé­naire, qui fut le pre­mier à di­ri­ger l’uni­té en­core bal­bu­tiante.

Un « OGNI » dé­sor­mais à la pointe

Jeu­di, au mi­lieu des di­zaines d’in­vi­tés à la cé­ré­mo­nie or­ga­ni­sée pour les 40 ans de la SR, le gen­darme re­trai­té s’est plon­gé avec gour­man­dise dans le livre des sou­ve­nirs. L’af­faire Pas­cal Blanc – un ex­lé­gion­naire au­teur de quatre meurtres, in­ter­pel­lé en 1983 au Mont­dore – y fi­gure en bonne place. D’autres vi­sages, d’autres dos­siers se bous­culent dans le ré­tro­vi­seur.

« C’était une époque très dif­fé­rente, sans ADN, sans géo­lo­ca­li­sa­tions, sans toute la tech­no­lo­gie d’au­jourd’hui, pour­suit Ber­nard Pouyet. On bos­sait de fa­çon qua­si ar­ti­sa­nale. Heu­ reu­se­ment, j’avais une ex­cel­lente équipe. Des gars ( ils étaient seule­ment huit au dé­part, NDLR) qui ne lâ­chaient rien, qui ne comp­taient pas leurs heures. Grâce à eux, on a quand même fait de très beaux coups ! »

Qua­rante ans plus tard donc, la SR de Cler­montFer­rand a bien gran­di. « L’OGNI » de 1978 – « ob­jet gen­dar­mique non iden­ti­fié », pour re­prendre la for­mule hu­mo­ris­tique du pa­tron des gen­darmes puy­dô­mois – est dé­sor­mais à la pointe de la lutte contre la dé­lin­quance et la cr imi­na­li­té or­ga­ni­sées dans les quatre dé­par­te­ments au­ver­gnats. Dans son col­li­ma­teur : tra­fi­quants de drogue, cy­be­res­crocs, meur­triers, proxé­nètes, bra­queurs, gangs de cam­brio­leurs, etc.

« Notre SR est au­jourd’hui à ma­tu­ri­té, sa­lue en­core le gé­né­ral Ott. Son sa­voir­faire, sa ré­ac­ti­vi­té, sa ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion sont des ou­tils in­dis­pen­sables face à des dé­lin­quants très mo­biles, aux modes opé­ra­toires en constante évo­lu­tion. »

Contre cet en­ne­mi pro­téi­forme, la SR est elle aus­si condam­née à se ré­in­ven­ter jour après jours. Et à mettre en oeuvre, comme le rap­pelle Phi­lippe Ott, « des tech­niques d’en­quête et d’au­di­tions no­va­trices. »

PAS­SÉ ET PRÉ­SENT. Lors de la cé­ré­mo­nie or­ga­ni­sée jeu­di, le lieu­te­nant-co­lo­nel Ber­the­lin ( au centre), ac­tuel com­man­dant de la sec­tion de re­cherches de Cler­mont-fer­rand, s’avance dans la cour de la ca­serne Fro­bert, sous le re­gard at­ten­tif des « an­ciens » de l’uni­té. PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNONI

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