Du sur­sis pour le tra­fic

La Montagne (Cantal) - - Cantal L'actu - Pierre Cham­baud pierre.cham­[email protected]­tre­france.com STU­PÉ­FIANTS.

Ils sont trois à la barre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’aurillac. Tous ori­gi­naires de Saint-flour. Tout juste ma­jeurs, pri­mo-dé­lin­quants. Ils dea­laient au­tour de la sous-pré­fec­ture avant d’être ar­rê­té, il y a un an.

Il y a deux j umeaux, 18 ans et un mois tout juste au mo­ment de l’in­ter­pel­la­tion. Ils sont par­fai­te­ment iden­tiques et même l eur avo­cat, Me Pro­tet, l es confond. À leurs cô­tés, un ami, un peu plus âgé, as­sis­té par Me Se­rin­das. Les trois ont un ca­sier vierge de toute men­tion, pour quelques mi­nutes en­core.

En dé­cembre 2017, ils sont in­ter­pel­lés à SaintF­lour et pla­cés en garde à vue, dans le cadre d’une en­quête pour un tra­fic de stu­pé­fiants. Les échanges sont connus de la bri­gade de re­cherche lo­cale, qui tra­vaille le dos­sier de­puis plu­sieurs se­maines.

« C’était du pain bé­ni pour la gen­dar­me­rie », ra­conte Me Pro­tet, jeu­di au tri­bu­nal cor­rec­tion­nel d’aurillac, de­vant le­quel les trois pré­ve­nus com­pa­rais­saient pour tra­fic de stu­pé­fiants. « Ils trans­pirent l’ama­teu­risme », confirme le pro­cu­reur Slo­via Stel­zig­ca ron. Sur les écoutes, tout est dit très clai­re­ment, sans ten­ter de pié­ger les en­quê­teurs.

Pre­mières condam­na­tions

Mal­gré tout, les per­qui­si­tions sont lé­gères, pas d’ar­gent, peu de stu­pé­fiants. À l’is­sue des au­di­tions, ils sont lais­sés libres. « La garde à vue les a lais­sés bien trau­ma­ti­sés, constate le pro­cu­reur. L’idée était de voir com­ment ils al­laient évo­luer avant l’au­dience. »

De fait, les trois sont sin­cères. L’un des frères consom­mait oc­ca­sion­nelle­ ment du can­na­bis, n’ar­rive pas à ar­rê­ter. Pour l’autre, c’était plus com­pli­qué. Tom­bé dans la co­caïne, il y avait lâ­ché 5.000 € en quelques mois, et 15 kg.

« Il me di­sait qu’au dé­but, il se sen­tait tout puis­sant, se rap­pelle Me Pro­tet. Il a pris un rail de coke le ma­tin tous les jours, au bout d’une se­maine il était per­du. » De­puis, il dit avoir ar­rê­té la co­caïne, pas le can­na­bis. Le troi­sième dit ne plus consom­mer.

Pour les trois, le pro­cu­reur re­quiert du sur­sis avec une longue mise à l’épreuve, et une obli­ga­tion de soins et de tra­vail, pour dé­cro­cher dé­fi­ni­ti­ve­ment. En dé­fense, Me Se­rid­nas et Me Pro­tet, de concert, re­marquent et re­grettent l’ab­sence d’un qua­trième homme, ci­té tout au long de la pro­cé­dure. Il a été ju­gé par ailleurs, se­lon la pro­cé­dure du plai­der­cou­pable.

Pour les deux frères, tout juste ma­jeurs au mo­ment de l’in­ter­pel­la­tion, seule la pe­tite pé­riode où ils étaient ma­jeurs a été prise en compte. Le pre­mier, qui avait ex­pli­qué aux gen­darmes avoir tout ar­rê­té avant son an­ni­ver­saire, a été condam­né à 15 jours de pri­son avec sur­sis. Son frère et le troi­sième pré­ve­nu ont été condam­nés à deux mois de pri­son avec sur­sis.

De pe­tites quan­ti­tés avaient été sai­sies.

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