Mor­gan Par­ra, le poids des ans...

La Montagne (Cantal) - - Top 14 2018-2019 - Ch­ris­tophe Bu­ron

Quand tu te dé­places en po­si­tion de lea­der, même chez un gros, tu n’as pas en­vie de pas­ser pour un char­lot

Alors qu’il vient d’avoir 30 ans, le nu­mé­ro 9 de L’ASM n’a ja­mais pa­ru aus­si fort et in­fluent. Et ce, mal­gré tout un tas de pe­tites dou­leurs phy­siques, dues à l’âge et sa gé­né­ro­si­té sur le ter­rain.

Il y a quinze jours, Mor­gan Par­ra, alors à l’ar­rêt spor­ti­ve­ment, a pas­sé un cap. Ce­lui de la tren­taine. Avec der­rière lui, une car­rière dé­jà im­mense, com­men­cée à 18 ans et 3 jours. C’était en no­vembre 2006, lors d’un Bour­goin ­ Agen. « 30 ans, pfff... Je ne me sens pas vieux, dans la tête j’ai 25 ans », se marre le ca­pi­taine cler­mon­tois.

« J’avais sur­tout une très grosse en­vie de re­jouer »

Dans la tête tout va bien, et le corps ? « Là, ce n’est pas pa­reil. J’ai quelques dou­leurs, des pe­tits trucs qui m’obligent à faire de la ré­ha­bi­li­ta­tion tous les dé­buts de se­maine. Avant, le lun­di, j’étais frais comme un gar­don. Au­jourd’hui, je suis obli­gé de faire at­ten­tion à moi, de faire des séances sup­plé­men­taires, sur mon ten­don d’achille, sur l’épaule, sur le ren­for­ce­ment du ge­nou... ».

Même s’il n’a ja­mais été frap­pé par la « grosse » bles­sure, Mor­gan Par­ra a beau­coup don­né sur les ter­rains et connu pas mal de pe­tits pé­pins. Le der­nier en date, une mau­vaise ré­cep­tion à l’en­traî­ne­ment avant le match contre Castres. Ré­sul­tat : une fis­sure sur un os du des­sus de la main.

Il ne de­vait pas jouer face au LOU, mais le for­fait de Fer­nan­dez a chan­gé les plans. Par­ra se pro­pose alors à son coach pour re­prendre la com­pé­ti­tion plus tôt que pré­vu. Pour cou­vrir les deux postes (9 et 10) sur le banc. « J’ai dit à Franck, si tu veux, j’y vais. Mais je ne cache pas que j’avais sur­tout une très grosse en­vie de re­jouer ».

Qu’est­ce qui fait cou­rir ce joueur pro­tée, alors qu’il est cen­sé se soi­gner quelques jours de plus ? « C’est le manque, comme une drogue. L’adré­na­line de la com­pét, la chance aus­si de jouer ici, de­vant 18.000 sup­por­ters, le stress aus­si... tout ça. Et je sais que dans trois ans et de­mi, ce se­ra fi­ni pour moi ».

Contre des Lyon­nais plus qu’ac­cro­cheurs une mi­temps, Par­ra est en­tré après la pause pour mettre de l’ordre dans la mai­son. As­su­rer le jeu au pied de pres­sion et d’oc­cu­pa­tion, li­bé­rer sans doute plus vite les bal­lons. As­su­rer et ras­su­rer. Pour se mettre aus­si, l’ar­bitre dans sa poche.

« Je ne sais pas si c’est l’ex­pé­rience, re­la­ti­vise­t­il. En se­conde pé­riode, on a com­men­cé à mettre la main sur le bal­lon et notre jeu s’est mis en place. C’est plus fa­cile alors d’al­ler voir l’ar­bitre », sou­rit­il. Quatre fois ti­tu­laire cette sai­son ( la der­nière à La Ro­chelle), Mor­gan Par­ra por­te­ra le nu­mé­ro 9 tout à l’heure sur la pe­louse de Mont­pel­lier. « La seule pres­sion que l’on peut avoir sur ce match est celle que tu te mets à toi­même. Quand tu es lea­der, tu n’as pas en­vie de pas­ser pour un char­lot ».

Et le pa­tron de l’équipe cler­mon­toise de plan­ter le dé­cor. « Au fond de nous, on a en­vie de se prou­ver qu’on peut en­core ga­gner ( après le Ra­cing, ndlr) à l’ex­té­rieur chez un gros. A Mont­pel­lier, on n’a pas de stress de la dé­faite. Même si on perd, on se­ra en­core pre­mier ( au pire deuxième, ndlr) ».

PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

EX­PÉ­RIENCE. Quand un mec de trente piges et treize ans de car­rière der­rière lui, conduit le ca­mion, les autres écoutent et le suivent...

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