La banque en ligne sé­duit

La Montagne (Cantal) - - Tendances Bourse - Krys­tèle Ta­chd­jian et Sa­rah Asa­li ÉVO­LU­TION.

Les ta­rifs et les ser­vices des banques en ligne sont très compétitifs. De plus en plus de Fran­çais sautent le pas. Long­temps consi­dé­rés comme des banques com­plé­men­taires, les éta­blis­se­ments nu­mé­riques sont de plus en plus vus comme des banques à part en­tière.

Faut­il cé­der aux si­rènes de la banque en ligne ? Mo­ti­vés par des rai­sons fi­nan­cières, près de 5 Fran­çais sur 10 (47 %) sont prêts à pas­ser dans une banque en ligne, sans agences, se­lon une étude dé­voi­lée par le ca­bi­net De­loitte en sep­tembre. Ce mo­dèle du tout­nu­mé­rique est­il pour au­tant adap­té à tous les pro­fils ?

En termes de ta­rifs, les banques en ligne res­tent im­bat­tables. Ain­si, un client « stan­dard » (ou « pro­fil clas­sique ») doit ré­gler à peine plus de 23 € de frais an­nuels chez Bour­so­ra­ma, For­tu­neo et Bforbank, se­lon les Tro­phées de la banque 2019, étude réa­li­sée par Meilleu­re­banque.com.

Prime de bien­ve­nue

À titre de com­pa­rai­son, les éta­blis­se­ments na­tio­naux les moins chers sont le Cré­dit Coo­pé­ra­tif et La Banque Pos­tale, avec des frais an­nuels de… 140,42 € et 161,59 € pour un pro­fil clas­sique. En l’es­pace de cinq ans, les frais de te­nue de compte fac­tu­rés au prix fort ont qua­si­ment tri­plé, pour res­sor­tir à 18,50 € par an en moyenne cette an­née, se­lon l’ana­lyse du com­pa­ra­teur Pa­no­ra­banques.

À cô­té de cette in­fla­tion, les banques en ligne se sont presque toutes ali­gnées sur la gra­tui­té. De plus, les nou­veaux clients des éta­blis­se­ments nu­mé­riques sont bien ac­cueillis avec, très sou­vent, une prime de bien­ve­nue de 80 €. Très long­temps consi­dé­rées comme des banques com­plé­men­taires (et non comme « prin­ci­pales »), les banques en ligne sont de plus en plus vues comme des banques à part en­tière. Leur offre se dé­ve­loppe. En plus des ser­vices de proxi­mi­té et des pro­duits d’épargne « clas­siques » (« su­per­li­vrets », li­vret A, PEL…), elles pro­posent dé­sor­mais – pour la plu­part – des pla­ce­ments plus so­phis­ti­qués et des cré­dits im­mo­bi­liers, l’un des prin­ci­paux fac­teurs de mo­bi­li­té ban­caire.

Frais ré­duits

Si les banques di­gi­tales, par leurs frais ré­duits, semblent ac­ces­sibles à tous, ce n’est, en fait, pas for­cé­ment le cas… La plu­part de ces éta­blis­se­ments exigent un cer­tain ni­veau de re­ve­nus et/ou d’épargne pour ac­cep­ter de four­nir une carte ban­caire gra­tui­te­ment. À cô­té des banques nu­mé­riques de pre­mière gé­né­ra­tion, est ve­nu fleu­rir tout un par­terre de nou­veaux ac­teurs, cer­tains s’ap­puyant sur un ré­seau de dis­tri­bu­tion pré­exis­tant tel qu’orange (Orange Bank) ou Car­re­four (Car­re­four Banque et son compte C­z am). D’autres par­ti­cipent à cette concur­rence fé­roce en pro­po­sant de simples offres mo­biles de paie­ment, cen­trées sur les ser­vices très ba­siques, comme la banque al­le­mande N26 ou l’éta­blis­se­ment bri­tan­nique de mon­naie élec­tro­nique Re­vo­lut.

Néan­moins mal­gré leur dy­na­misme, les banques peinent à trou­ver le che­min de la ren­ta­bi­li­té comme l’a sou­li­gné le ré­gu­la­teur ban­caire dans une étude ré­cente. La conquête com­mer­ciale à marche for­cée a un coût.

JEREMIE FULLERINGER

Long­temps consi­dé­rés comme com­plé­men­taires, les éta­blis­se­ments nu­mé­riques sont sont de plus en plus vus comme des banques à part en­tière. ©

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