L’en­cy­clo­pé­die Ca­tis­sime tente de per­cer le mys­tère des chats

Le Lyon­nais Sté­phane Gar­nier a re­grou­pé tout ce qu’il a ap­pris sur les chats dans un livre qui de­vrait ra­vir les ama­teurs.

La Montagne (Cantal) - - La Une - Flo­rence Ché­do­tal flo­rence.che­do­[email protected]­tre­france.com

Il est né avec les chats et passe des heures à ob­ser­ver leur drôle de ma­nège, sans ja­mais par­ve­nir à per­cer com­plè­te­ment leur mys­tère. Sté­phane Gar­nier a ten­té de réunir dans une en­cy­clo­pé­die tout ce qu’il a ap­pris sur ces énig­ma­tiques fé­lins qui font cou­ler de l’encre de­puis la nuit des temps.

Il l’as­sure, alors qu’il vient de s’in­ter­rompre deux fois coup sur coup pour ou­vrir la porte à un chat qui vou­lait sor­tir, puis à un autre qui vou­lait ren­trer : « Je suis en­core maître chez moi ! On n’or­donne rien à un chat, c’est une né­go­cia­tion, une re­la­tion d’égal à égal. Pas de do­mi­nant­do­mi­né, comme avec un chien. » Sté­phane Gar­nier dit « être né avec les chats ». De­puis les « bacs à sable » jus­qu’au ba­teau, amar­ré quar­tier de la Con­fluence à Lyon, où il réa­lise son rêve – pas­ser ses jour­nées à écrire – et ré­side avec ses trois chats « de gout­tière », Zig­gy, 15 ans, et les deux pe­tits der­niers, les frères Wal­lace et Néo, il n’a eu de cesse de les épier, de les ob­ser­ver, de po­tas­ser des livres sans ja­mais en ve­nir à bout. Il le re­con­naît lui­même en toute hu­mi­li­té. L’en­cy­clo­pé­die Ca­tis­sime (Les édi­tions de l’op­por­tun) qu’il vient de pu­blier pour­rait ini­tier d’autres vo­lumes, tant une dé­cou­verte en ap­pelle dix autres.

Prendre de la graine

Im­pé­né­trable chat qui, de­puis la nuit des temps, in­trigue. Pour Sté­phane Gar­nier, par ailleurs au­teur d’agir et pen­ser comme un chat (Les édi­tions de l’op­por­tun) – écou­lé à 160.000 exem­plaires en France et tra­duit dans 28 langues – tout a com­men­cé par l’ac­ci­dent de son chat, dont une patte avant a été écra­sée par une mo­to. « Je l’ai vu s’adap­ter, uti­li­ser son autre patte avant comme un tré­pied, mo­di­fier sa fa­çon de se battre, de se pro­pul­ser. J’ai eu le dé­clic sur l a for­mi­dable ca­pa­ci­té d’adap­ta­tion des chats », confiet­il. « Je me suis dit : ils sont tou­jours heu­reux. Com­ment font­ils ? ». De cette ré­flexion, est né un livre de dé­ve­lop­pe­ment per­son­nel.

Il a ti­ré de ces fé­lins une qua­ran­taine de traits de ca­rac­tère dont l’être hu­main pour­rait prendre de la graine pour re­gar­der la vie au­tre­ment. Comme ? « Le chat est her­mé­tique au re­gard des autres, tan­dis que nous sommes tou­jours ob­nu­bi­lés par lui. » Autre qua­li­té fé­line : la confiance en soi. Celle qui lui confère un cha­risme tel que « per­sonne n’est in­dif­fé­rent à un chat qui rentre dans une pièce ». Ce Lyon­nais de 44 ans, in­gé­nieur du son de for­ma­tion, pas­sé par la pub, le bâ­ti­ment, la mu­sique, l’in­ter­net, des chambres d’hôtes, s’est ap­pli­qué à lui­même la phi­lo­so­phie de vie du chat. À com­men­cer, dès le ma­tin, par la « pan­di­cu­la­tion », c’est­à­dire l’art de bâiller et de s’éti­rer lar­ge­ment au ré­veil pour « dé­clen­cher les hor­mones du bien­être ». Le chat nous in­cite aus­si à « suivre son ins­tinct, à écou­ter cette pe­tite voix au fond de nous ». « À chaque fois que je suis face à un pro­blème, je me de­mande ce que fe­rait mon chat à ma place ! »

Les « chats ont un mo­teur de vie ex­cep­tion­nel et vont sys­té­ma­ti­que­ment cher­cher ce qu’il y a de mieux pour eux. » Quitte à plier ba­gage s’ils trouvent de l’herbe plus verte ailleurs. « Le chat, c’est un vrai choix qu’il fait de vivre avec vous. S’il n’est pas bien, s’il y a des ten­sions dans la fa­mille, il par­ti­ra. » Les siens rentrent tous les soirs et lui ra­mènent même quelques tro­phées sur le ba­teau, comme des cra­pauds et des sou­ris.

« Il est une pas­se­relle vers un au­de­là »

Mais qu’est­ce que les chats ont de plus ? « Quelque part, sans eux, on consi­dé­re­rait tou­jours que la Terre est plate. Eux qui ont ac­com­pa­gné les conquêtes des hommes sur les océans en les ai­dant à se dé­bar­ras­ser des rats qui ron­geaient les cordes des na­vires. On les re­trouve aus­si dans les gre­niers pour pré­ser­ver les se­mis, dans les tran­chées avec les sol­dats… Dans l’égypte an­cienne, ils étaient déi­fiés. » Dans notre époque mar­quée par de « plus en plus de so­li­tudes », il est de­ve­nu un com­pa­gnon ré­con­for­tant ou un « ani­mal to­tem, un bi­be­lot », star de nom­breuses vi­déos sur le net, à l’image de la bou­deuse « Grum­py Cat ». Nombre d’ar­tistes, écri­vains ont créé sous la sur­veillance d’un chat. « Il garde une part de mys­tère. On peut le ca­res­ser, on ne sau­ra ja­mais ce qu’il pense. Il est une pas­se­relle vers un au­de­là. Il est ici, mais ailleurs en même temps. »

Ar­rê­tons­là, mais on pour­rait en­core en par­ler pen­dant des heures, des jours, des siècles…

PHO­TO AFP

HYPNOTIQUE. « Le chat est l’ani­mal qui se rap­proche le plus de l’homme, par sa part d’in­sou­mis­sion, d’in­dé­pen­dance », dixit Sté­phane Gar­nier.

STÉ­PHANE GAR­NIER. Au­teur.

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