Une his­toire ra­ris­sime de conti­nui­té

De­puis 170 ans, des vê­te­ments sont à l’hon­neur, rue Notre­dame, à Mau­riac

La Montagne (Cantal) - - Mauriac Vivre Sa Ville -

De­puis 1972, l’en­seigne Bou­ta­rel a suc­cé­dé à celle de Fayolle, créée au mi­lieu du XIXE siècle.

S’il est une his­toire ra­ris­sime de conti­nui­té, c’est bien celle de la bou­tique de vê­te­ments, sise der­rière la ba­si­lique Notre­dame des Mi­racles.

Tout com­mence en 1848, lors­qu’an­toine Fayolle et son épouse Su­zanne (née Ter­nat) ouvrent leur bou­tique, rue Notre­dame. Leur fils Jean prend les rênes de l’af­faire en 1885, à 29 ans, épau­lé par sa femme, Mar­gue­rite (née Claux). Une af­faire pros­père, me­née avec ri­gueur et pro­fes­sion­na­lisme.

Des sept en­fants du couple, trois vont pour­suivre la sa­ga fa­mi­liale. Mi­chel et De­nis se consacrent, à leur tour, aux vê­te­ments mas­cu­lins. Leur soeur aî­née, Mar­gue­rite, monte à Pa­ris et tra­vaille, elle aus­si, dans le prêt­à­por­ter, aux cé­lèbres Ga­le­ries La­fayette.

Quand elle re­vient à Mau­riac, elle ouvre une bou­tique at­te­nante à celle de ses frères et y pro­pose des col­lec­tions pour dames. L’en­tente, dans la fra­trie, est ex­cep­tion­nelle et l’es­prit de fa­mille n’est pas un vain mot chez les Fayolle. Et même si « Ma­de­moi­selle Mar­gue­rite » pa­raît gou­ver­ner com­merces et in­ten­dance, cha­cun a sa place et rem­plit son rôle. Vers la fin des an­nées 1930, la com­mer­çante en­tre­prend des tra­vaux et trans­forme la mai­son de l’angle en un mo­dèle qui n’est pas sans rap­pe­ler le style hauss­man­nien, qu’elle a connu dans la ca­pi­tale.

La troi­sième gé­né­ra­tion des Fayolle a hér ité du sens du com­merce fa­mi­lial et les af­faires vont bien. La pé­riode de guerre n’au­ra qua­si­ment pas d’in­ci­dence. In­gé­nieurs et des­si­na­teurs dé­ta­chés pour la cons­truc­tion du bar­rage de l’aigle fré­quen­tant as­si­dû­ment la bou­tique.

Mar­gue­rite, tou­jours bien coif­fée et lé­gè­re­ment ma­quillée, re­çoit avec gen­tillesse et conseille avec ha­bi­le­té, ju­geant d’un coup d’oeil les mo­dèles qui convien­dront à la cliente. Les an­nées passent… En 1972, JeanPierre et Clau­dette Bou­ta­rel, ori­gi­naires de Ve­bret, ap­prennent qu’un fonds de com­merce est à vendre à Mau­riac.

De­puis quatre ans, ils tiennent une bou­tique de vê­te­ments dans le Puy­de­dôme mais en­ vi­sagent de re­ve­nir au pays. Ils font af­faire avec les Fayolle dont l’âge de la re­traite a son­né.

Après le ma­ga­sin de vê­te­ments pour hommes, le couple re­prend, trois ans plus tard, ce­lui dé­dié aux femmes et achète la mai­son qui l’abrite. Des trans­for­ma­tions sont en­tre­prises pour rendre l’en­semble plus fonc­tion­nel.

Un ra­chat de la bou­tique, signe d’un re­tour au pays

Un es­prit de fa­mille dans cette ins­ti­tu­tion mau­ria­coise

L’es­prit de fa­mille règne aus­si chez Bou­ta­rel et la fi­dé­li­té de leurs em­ployées en est la preuve. Jac­que­line Ca­zals (en­trée à 17 ans au ser­vice des Fayolle) y reste 43 ans, Éliane Gas­ton 32 ans, De­nise Ray­mond 16 ans et Do­mi­nique Si­mon y tra­vaille de­puis 11 ans.

Jean­pierre Bou­ta­rel aime à dé­cla­rer : « Elles ont, par leur sé­rieux, leur com­pé­tence et leur ama­bi­li­té, contri­bué à fi­dé­li­ser une nom­breuse clien­tèle ». Et d’in­sis­ter sur le terme "clien­tèle" qu’il op­pose fa­rou­che­ment à ce­lui « pé­jo­ra­tif », de "consom­ma­teurs".

170 après sa créa­tion, le ma­ga­sin reste une ins­ti­tu­tion mau­ria­coise et les Bou­ta­rel conservent le sou­ci, et la fier­té, de contri­buer au pay­sage com­mer­cial de la ci­té.

HAUSS­MAN­NIEN. À la fin des an­nées 1930, Mar­gue­rite Fayolle a fait trans­for­mer la mai­son abri­tant la bou­tique. Si le ma­ga­sin a été ré­no­vé en 2016, l’im­meuble a conser­vé tout son ca­chet.

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