E de l’avia­tion

La Montagne (Cantal) - - Reportage -

sonnes han­di­ca­pées des membres in­fé­rieurs d’ac­cé­der à la li­cence de pi­lote pro­fes­sion­nel et aux sports aé­riens. » Avec une équipe sou­dée et com­plé­men­taire, dont Guillaume Fé­ral, pi­lote ins­truc­teur pa­ra­plé­gique, Do­rine gagne un nou­veau com­bat : « On s’est bat­tu pour quelque chose, pas contre les gens. » Mais « le han­di­cap fait peur, on nous ré­duit à notre han­di­cap. Ce han­di­cap n’est que la par­tie vi­sible de l’ice­berg. On est la somme de nos ex­pé­riences et le han­di­cap va ac­cen­tuer notre per­son­na­li­té et nos traits de ca­rac­tère. »

En 2005, Do­rine Bour­ne­ton met l’avion de cô­té, de­vient ma­man de la pe­tite Char­line, et fait un break de sept ans à l’is­sue du­quel elle se lance un nou­veau dé­fi : vo­ler au Sa­lon du Bour­get et prou­ver que « les han­di­ca­pés peuvent par­ta­ger le ciel des pi­lotes confir­més ». Elle a trois mois pour re­pas­ser sa li­cence et se pré­pa­rer pour le jour J où elle vo­le­ra de­vant un pu­blic de 100.000 per­sonnes.

« Avec une trouille phé­no­mé­nale, je suis re­mon­tée en avion avec un ins­truc­teur. »

Étaient­ce les ré­mi­nis­cences de l’ac­ci­dent ou le fait de se sen­tir dé­sor­mais res­pon­sable de sa fille ? Do­rine Bour­ne­ton ap­pri­voise l’ap­pré­hen­sion. De courte du­rée. « On s’est lais­sé glis­ser sur les fi­lets d’air, on a ca­res­sé l’es­pace… »

Puis, en 2014, la vol­tige aé­rienne s’im­pose à elle, comme une « école de ri­gueur et d’ex­cel­lence. C’est l’art de maî­tri­ser un avion jus­qu’à ses li­mites ».

« Je suis tom­bée, je me suis re­le­vée, j’ai re­bon­di et j’ai réus­si »

C’est à Dreux (Eure­etLoir) qu’elle ren­contre son fu­tur ins­truc­teur et qu’un avion spé­cia­le­ment adap­té aux han­di­ca­pés se des­sine et prend corps. Do­rine est tou­te­fois consciente que « le risque est om­ni­pré­sent. Vous êtes tel­le­ment concen­tré sur votre pi­lo­tage que vous ap­pre­nez plus vite. Il ne faut sur­tout pas écou­ter ses doutes ni ses craintes, il faut sim­ple­ment se convaincre qu’on est meilleur que ce que l’on croit être. En vol­tige, les échecs vous font pro­gres­ser, vous évo­luez hors de votre zone de confort, dans une zone où vous al­lez vous dé­pas­ser ».

Sept mois après, Do­rine Bour­ne­ton vol­tige au Sa­lon aé­ro­nau­tique du Bour­get… Un nou­veau dé­fi re­le­vé, comme un abou­tis­se­ment, en at­ten­dant un autre chal­lenge. Car ces chal­lenges sont le car­bu­rant de Do­rine : « Au­jourd’hui, je veux par­ta­ger, chan­ger la per­cep­tion sur le han­di­cap. Et faire pas­ser le mes­sage que l’on a tous cette ca­pa­ci­té d’en­tre­prendre, de chan­ger notre vie et celle des autres. »

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.