L’au­vergne au­tre­ment en VTT élec­trique

VTT et élec­trique. Deux termes qui pour­raient pa­raître an­ti­no­miques. Et pour­tant, nous avons tes­té dans le San­cy et une seule conclu­sion : quel plai­sir !

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - La Une - PHOTO CA­MILLE MAZOYER

TEN­DANCE.

En un an, la vente de vé­los à as­sis­tance élec­trique (VAE) a bon­di de 90 % pour at­teindre 255.000 uni­tés dont 35.000 VTT. Le VAE sort des villes et en­va­hit les re­liefs.

ES­SAI.

Idéal pour vi­si­ter un ter­ri­toire sans trop se fa­ti­guer, nous avons tes­té le VTT élec­trique dans des pentes du San­cy ava­lées sans ef­fort.

Mon­ter le col de la Croix­mo­rand ou al­ler au châ­teau de Mu­rol, en sif­flo­tant ou en pa­la­brant avec son co­équi­pier, en te­nant non­cha­lam­ment son gui­don d’une main. Non, ce n’est pas la per­for­mance d’un cy­cliste pro­fes­sion­nel qui mé­rite un test an­ti­do­page. C’est grâce au vé­lo élec­trique.

Ou, en l’oc­cur­rence, le VTT élec­trique. Nous sommes dans le San­cy. Et en ce jour où nous tes­tons le VTT élec­trique, il pleut des cordes. « Mais on ne risque pas de s’élec­tro­cu­ter », se marre Phi­lippe Gi­rard, qui tient San­cy Bike Ser­vice, l’un des deux pres­ta­taires du genre dans le San­cy (avec Vul­ca­bike à Saint­nec­taire).

En quit­tant le bi­tume, pre­mier che­min, pre­mière mon­tée, pre­mière boue et pre­mière consta­ta­tion : dans ces condi­tions, le VTT élec­trique est en­core plus pra­tique que son ho­mo­logue stan­dard. Pas de roue qui dé­rape, pas de perte d’ap­pui, la pous­sée est constante, ré­gu­lière. Et la mon­tée res­semble à du plat.

Les cris des pu­ristes at­teignent les fo­rêts de Mu­rol. « Ce n’est pas du sport ! » On force moins. C’est même tout l’in­té­rêt. Mais l’ef­fort est là. Gé­ré et pas su­bi. L’as­sis­tance se dé­cline en cinq forces. Elle peut même être tout bon­ne­ment sup­pri­mée. « Mais alors tu pé­dales avec un vé­lo de 22 kg. »

Mal­gré ce poids l’en­gin est éton­nam­ment ma­niable. Et contrai­re­ment à ce que l’on pour­rait croire, une ma­jo­ri­té de la clien­tèle de Phi­lippe est spor­tive. « J’ai prin­ci­pa­le­ment deux types de clients : ceux qui veulent tes­ter avant un achat et ceux qui veulent dé­cou­vrir le coin. Avec un vé­lo élec­trique, ils font une qua­ran­taine de ki­lo­mètres dans l’après­mi­di, sans s’épui­ser, en pro­fi­tant du pay­sage. »

Vol­can du Tar­ta­ret et dé­mar­rage en côte

On donne rai­son à Phi­lippe. Après deux heures de mon­tées et de des­centes, 20 km par­cou­rus, on a gra­vi le vol­can du Tar­ta­ret, fait le tour du lac Cham­bon, re­joint le châ­teau de Mu­rol et pro­fi­té de quelques lignes droites pour ac­cé­lé­rer et sé­cher nos vê­te­ments (à la seule puis­sance des mol­lets cette fois, l’as­sis­tance s’ar­rê­tant au­to­ma­ti­que­ment à par­tir de 25 km/h).

Le VTT élec­trique est tel­le­ment agréable que beau­coup de clients pro­posent de ra­che­ter le vé­lo après leurs sor­ties. Pos­sible, d’ailleurs. Tous les ans, Phi­lippe re­vend sa flotte de six vé­los. « Je les vends sou­vent par deux. Ils viennent d’abord pour ma­dame. Et quand mon­sieur en a marre de trans­pi­rer der­rière, il vient prendre le sien. Ca va vite, trois se­ maines tout au plus. » On com­prend l’en­goue­ment. Si l’on dé­passe l’ad­dic­tion à l’ef­fort qui marque notre époque (ap­pe­lée bi­go­réxie), nous sommes dans un pur rap­port de plai­sir. Ce­lui de par­cou­rir des ki­lo­mètres. De s’en mettre plein les mi­rettes. De n’être concen­tré que sur son pi­lo­tage. Tout ça, avec l’ef­fort d’une marche à pied.

Quand la pluie re­double sur Mu­rol, Phi­lippe met pied à terre pour pro­té­ger du ma­té­riel sous son im­per­méable. Pied à terre au beau mi­lieu d’une mon­tée. Boueuse. L’eau qui ruis­selle grimpe sur les pneus. Au­tant dire que j’ouvre de grands yeux. « On ne pour­ra ja­mais re­par­tir là. » Phi­lippe ex­plose de rire. « Tu vas voir, c’est plus fa­cile qu’un dé­ mar­rage en côte en voi­ture. » Ef­fec­ti­ve­ment, pas be­soin de frein à main. À peine le pied com­mence à exer­cer une pres­sion, le mo­teur se met en route. L’im­pres­sion qu’une âme cha­ri­table vous pousse dans le dos. Plai­sir.

Mal­gré tout, Phi­lippe as­sure deux tiers de son chiffre d’af­faires grâce à son ate­lier. Mais la de­mande est de plus en plus im­por­tante.

40 ki­lo­mètres de pay­sage sans trans­pi­rer

FA­CILE ! De­vant le châ­teau de Mu­rol, après une mon­tée qui es­souffle même les mar­cheurs et « ava­lée » fa­ci­le­ment avec les VTT élec­triques tout en dis­cu­tant.

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