Ils mé­ritent bien votre confiance

Faites le test : dites Trust et em­pê­chez­vous de chan­ter « An­ti­so­cial, tu perds ton sang­froid ». Im­pos­sible. Le groupe s’est re­for­mé et ter­mine une tour­née de deux ans, qui est pass­sée ou pas­se­ra près de chez vous.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Musiques - Fran­çois Lesbre fra­cois.lesbre@cen­tre­france.com

«Vous al­lez voir mon pa­pa ? » me lance la ser­veuse. Son pa­pa c’est Ber­nie Bon­voi­sin, chan­teur en­ga­gé de Trust.

Avec No­no, gui­ta­riste em­blé­ma­tique, ils sont les che­villes ou­vrières du groupe de hard rock qui fête ces qua­rante­deux ans d’exis­tence.

Dix ans après, Trust s’est re­for­mé au­tour d’un ca­fé. « On avait en­vie de re­mettre le cou­vert », lance Nor­bert Krief. « On re­vient plus se­rein, plus zen, plus sage », ajoute­il.

« On pen­sait faire une tour­née de deux mois, elle va du­rer deux ans. On a joué de­vant 80.000 per­sonnes à la Fête de l’hu­ma et as­su­ré une cen­taine de concerts l’an der­nier », pré­cise Ber­nie.

Choc spa­tio tem­po­rel

Le disque Dans le même sang, le neu­vième al­bum stu­dio, a été mis en boîte en trois jours avec le gé­nial Mike Fra­ser au mixage (AC/DC, Me­tal­li­ca). « Ce fut très simple. Quand No­no balance un riff, ce­la ré­sonne tout de suite », convient Ber­nie. « Nous sommes huit dans le groupe. C’est très fluide, les trois cho­ristes ap­portent leurs touches, Notre bat­teur a 21 ans », énonce le tan­dem.

Trust dé­fend sur­tout cet al­bum en tour­née, mais il ne peut faire l’im­passe sur An­ti­so­cial, LE tube sor­ti en mai 1980. Une chan­son qui pro­voque un choc spa­tio tem­po­rel dès les pre­mières me­sures.

« Elle est ar­ri­vée en cinq mi­nutes et on a fait deux prises en stu­dios. Le rock c’est l’ins­tinct, ça doit tour­ner tout de suite. On en est tou­jours fier. Il n’y a pas tant d’ar­tistes qui tra­versent le temps avec un titre comme ce­la. On est content de le jouer et les gens l’at­tendent. C’est le neu­vième membre du groupe », ad­met le chan­teur.

Pour la tour­née, les sexa­ gé­naires se main­tiennent en forme. « Quand tu es sur scène pen­dant deux heures et que tu en­voies pour que les gens soient heu­reux et en aient pour leur ar­gent, c’est le mi­ni­mum de s’en­tre­te­nir », disent­ils.

Il y a une vie en de­hors de Trust. Ber­nie a fait un do­cu­men­taire sur les en­fants de la guerre en Sy­rie. Il en a ti­ré un livre (la Danse du cha­grin, sor­ti en mai). No­no joue plus que ja­mais. Sa­chez que deux gui­tares (Fen­der Stra­to­cas­ter et Gretsch) portent son nom. Ce n’est pas rien pour un mu­si­cien.

Ques­tion mu­sique, Ber­nie s’in­fuse du La­dy Ga­ga de­puis plus d’une se­maine. « C’est in­té­res­sant d’écou­ter les ar­range­ ments et c’est une chan­teuse ra­ris­sime. Mais je peux tout aus­si bien écou­ter du rap co­lom­bien. Il faut écou­ter tous les styles. » Pa­reil pour No­no.

Cô­té ci­né­ma, le réa­li­sa­teur de l’iné­nar­rable les Dé­mons de Jé­sus, a plein d’idées, mais « c’est dif­fi­cile de faire un film dé­ca­lé dans ce monde for­ma­té ».

An­ti­so­cial, trente­ huit ans au comp­teur, n’a pas pris une ride hor­mis le contexte contem­po­rain.

Quand on branche Ber­nie sur Em­ma­nuel Ma­cron ça part très vite. « Il se com­porte comme si tout le monde avait vo­té pour lui. Il a réus­si à battre le re­cord d’im­po­pu­la­ri­té de Hol­lande. Il fal­lait le faire. Pen­dant ce temps les jeunes et les étu­diants sont de plus en plus pauvres. »

Ber­nie aime la contem­pla­tion. Il em­brasse ten­dre­ment sa fille, qui fait des ex­tras en at­ten­dant de tra­vailler dans un la­bel de mu­sique élec­tro.

Pour que les gens en aient pour leur ar­gent

REFORMATION. Trust s’est re­for­mé pour le plus grand bon­heur des fans et Dans le même sang.

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