Le monde ru­ral en Ré­sis­tance

Une confé­rence or­ga­ni­sée à l’ini­tia­tive de l’adirp L’his­to­rienne Fran­çoise Fer­nan­dez a été con­viée par l’adirp (*) à dé­li­vrer une confé­rence sur « Ré­sis­tance et monde ru­ral 40-45 ».

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Agglomération -

Elle­même is­sue de la ru­ra­li­té, fille d’agri­cul­teurs can­ta­liens, Fran­çoise Fer­nan­dez est pas­sion­née par l’his­toire cultu­relle et po­li­tique du XXE siècle.

Elle s’ap­plique à dé­crire le monde ru­ral de l’époque plus peu­plé, peu mé­ca­ni­sé où des no­tables do­minent : le maire, le cu­ré, l’ins­ti­tu­teur (sou­vent lui­même se­cré­taire de mai­rie). Un monde « tai­seux » où cha­cun se connaît.

Après la drôle de guerre, le mi­lieu ru­ral fut choyé, flat­té par le ré­gime de Pé­tain. Il bé­né­fi­cie de la sol­li­ci­tude du ré­gime de l’ordre nou­veau, de ce­lui pour qui « la terre, elle, ne ment pas ».

Plus ac­cou­tu­mée à un mode de vie au­tar­cique, les pos­si­bi­li­tés de ra­vi­taille­ment sur place étant sans com­mune me­sure avec les villes (li­vrées au mar­ché noir), la ru­ra­li­té prend alors une sorte de re­vanche sur les ci­tés et les conquêtes du Front Po­pu­laire.

Pour com­men­cer, la Ré­sis­tance, en zone non oc­cu­pée comme l’au­vergne, est plu­tôt af­faire de ci­ta­dins, tracts, jour­naux clan­des­tins, fi­lières d’éva­sion.

L’ins­tau­ra­tion du Ser­vice du tra­vail obli­ga­toire en Al­le­magne en jan­vier 43 amène dans la cam­pagne de nom­breux ré­frac­taires, dont on tait la pré­sence, et qui ap­portent une maind’oeuvre très utile aux tra­vaux quo­ti­diens.

La chasse aux ré­frac­taires, le dé­ve­lop­pe­ment de formes ar­mées de ré­sis­tance, les sa­bo­tages, les confis­ca­tions d’es­sence, de vé­hi­cules et d’armes dé­clenchent une forte ré­pres­sion de la po­lice al­le­mande épau­lée par la Mi­lice fran­çaise.

Rafles, exac­tions, fu­sillades, etc. Les cam­pagnes vont bas­cu­ler brus­que­ment, vio­lem­ment, dans la guerre, dès l’au­tomne 43. Toute la ré­gion de Billom a été trau­ma­ti­sée.

La po­pu­la­tion ci­vile est en pre­mière ligne, prise en étau, entre les exi­gences de ra­vi­taille­ment des ma­quis et la ré­pres­sion fé­roce qui s’abat alors sur tous, jus­qu’à fin août, date de la Li­bé­ra­tion de l’au­vergne. Les mo­nu­ments de Billom, Saint­mau­rice, Besse, Vol­vic, Cha­méane té­moignent de la du­re­té de ces af­fron­te­ments. Les « tai­seux » cam­pa­gnards ont eu en­core plus de cou­rage pour ai­der les ré­sis­tants dans de telles cir­cons­tances.

C’est ce qu’a mis en lu­mière la confé­ren­cière qui a cap­ti­vé son au­di­toire, preuve que la pé­riode de l’oc­cu­pa­tion reste bien un pas­sé qui ne passe pas.

L’adirp pré­voit deux autres confé­rences au cours de l’an­née 2019.

(*) As­so­cia­tion dé­par­te­men­tale des in­ter­nés, ré­sis­tants et pa­triotes.

AT­TEN­TIF. Le pu­blic à l’écoute de Fran­çoise Fer­nan­dez qui a ex­pli­qué comment les ru­raux, au dé­but flat­tés par le ré­gime de Pé­tain-la­val, ont bas­cu­lé dans la Ré­sis­tance ou l’ont to­lé­rée.

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