« J’aime les pe­tites choses de la vie »

Après Les Sou­ve­nirs (2014), JeanPaul Rouve réa­lise une nou­velle co­mé­die dra­ma­tique, à l’af­fiche mer­cre­di : Lo­la et ses frères, avec Lu­di­vine Sa­gnier et Jo­sé Gar­cia.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Lemag’ - Ka­tia Beau­pe­tit ka­tia.beau­pe­[email protected]­tre­france.com

Son film a été pro­je­té à l’ou­ver­ture du 11e Fes­ti­val du film fran­co­phone d’an­gou­lême, où le tour­nage avait eu lieu à l’au­tomne. Lo­la et ses frères est le qua­trième long mé­trage de Jean­paul Rouve, le deuxième écrit avec Da­vid Foen­ki­nos. Une nou­velle co­mé­die dra­ma­tique qui met en scène une fra­trie dans une ville de pro­vince.

Comment est née l’idée de Lo­la et ses frères ? On s’est tel­le­ment bien en­ten­dus avec Da­vid Foen­ki­nos en écri­vant le scénario du film Les Sou­ve­nirs, qu’on s’est tout de suite dit qu’on al­lait re­mettre ça ! Sauf que cette fois, on n’est pas par­ti d’un de ses livres, mais d’une his­toire ori­gi­nale pour par­ler des re­la­tions hu­maines, su­jet qui nous in­té­resse beau­coup tous les deux. On a, en ef­fet, le même goût pour les pe­tites choses de la vie qui en disent quel­que­fois plus que les grandes.

Cette fra­trie très sou­dée et très proche n’était pas le point de dé­part ? On avait cette idée d’une pe­tite soeur et de ses deux grands frères. Par­tant de là, qu’est­ce que cette fra­trie pou­vait dire des rap­ports hu­mains ? Men­son­ ges, non­dits, pu­deur, il faut trou­ver une vé­ri­té et es­sayer de rendre ça drôle et émou­vant. D’ha­bi­tude, un scénario, c’est 90 pages. Avec Da­vid, on en écrit 150, dans les­quelles il y a plein de mo­ments de vie, plein de scènes. En fait, on laisse vivre nos per­son­nages comme s’ils étaient des êtres hu­mains.

Vous in­ter­pré­tez un de ces frères, aux cô­tés de Lu­di­vine Sa­gnier et Jo­sé Gar­cia. Pas trop dif­fi­cile d’être à la fois de­vant et der­rière la ca­mé­ra? Oh que oui et je ne le sou­hai­tais pas. Mais Alain Cha­bat, qui de­vait avoir mon rôle, n’a pas pu se li­bé­rer.

Vous pen­siez à eux à l’écri­ture du scénario ? Pas du tout ! Je n’écris ja­mais pour des ac­teurs car je pense que ça ne sert pas les per­son­nages. Le pre­mier au­quel j’ai pen­sé, c’est Ram­zy Be­dia qui est un p… d’ac­teur ! Il est beau, ras­su­rant, sen­sible. Le grand pu­blic connaît Jo­sé Gar­cia pour ses rôles co­miques mais il a cette fê­lure, cette mé­lan­co­lie dans l’oeil qui me plaît. Le plus com­pli­qué, c’était de trou­ver celle qui est à la fois une pe­tite soeur et une mère pour ses grands frères… J’ai cas­té plein d’ac­trices mais Lu­di­vine Sa­gnier dé­ga­geait la dou­ceur et l’hu­mour né­ces­saires.

Les se­conds rôles sont par­ti­cu­liè­re­ment bien écrits : Pau­line Clé­ment qui joue votre femme, ou les co­mé­diens qui jouent le fils et le col­lègue

de Pierre (Jo­sé Gar­cia)… Avec Da­vid, on écrit des vies. Et on adore in­ven­ter des per­son­nages sur les­quels on a d’abord des a prio­ri, des pré­ju­gés et qui, fi­na­le­ment, ne sont pas du tout ceux qu’on croyait.

■ Écrire une co­mé­die à l’image de celles dans les­quelles on vous voit sou­vent

vous plai­rait-il ? Non, ce n’est pas ce qui m’in­té­resse en tant que ci­néaste. Je suis ad­mi­ra­tif des films d’ac­tion, des thril­lers ou en­core du film sur la na­ture que je viens de ter­mi­ner avec Ni­co­las Va­nier (Don

ne­moi des ailes), mais je ne sau­rais pas faire. Ce qui me touche, moi, ce sont des films sur la vie.

■ Et les Tuche ? Faut-il at­tendre un 4e opus ? On y ré­flé­chit. On a même des pistes mais je ne le fe­rai que pour des bonnes rai­sons. Je se­rai trop hon­teux vis­à­vis des fa­milles s’il n’y avait rien d’autre qu’un at­trait fi­nan­cier.

PHO­TO P. PROUST

AN­GOU­LÊME. Jean-paul Rouve « consi­dère le lieu d’un film comme un per­son­nage. Comme j’at­tri­bue de vrais mé­tiers à mes per­son­nages, j’aime don­ner dans une réa­li­té géo­gra­phique ».

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