Près de deux cents em­plois me­na­cés

L’en­tre­prise Chey­net, lea­der eu­ro­péen du ru­ban élas­tique, à nou­veau dans la tour­mente L’en­tre­prise Chey­net et fils, si­tuée à Saint-just-mal­mont, va se re­trou­ver en ces­sa­tion de paie­ment. La di­rec­tion en a in­for­mé la dé­lé­ga­tion unique des per­son­nels.

La Montagne (Clermont-Ferrand) - - Région Actualité - Phi­lippe Suc phi­[email protected]­tre­france.com

L’an­nonce a fait l’ef­fet d’un cou­pe­ret, ven­dre­di ma­tin, pour les sa­la­riés de l’en­tre­prise Chey­net et fils, à SaintJust­mal­mont. La di­rec­tion a an­non­cé qu’elle al­lait pro­cé­der à une dé­cla­ra­tion de ces­sa­tion de paie­ment au­près du tri­bu­nal de com­merce. Elle in­voque « la forte chute de son chiffre d’af­faires su­bie ces der­niers mois ». L’au­dience est fixée au mer­cre­di 5 dé­cembre. Les or­ga­ni­sa­tions syn­di­cales confirment la baisse sen­sible d’ac­ti­vi­té ces der­niers temps.

À quoi au­ra donc ser­vi le sou­tien ap­por­té fin 2017 par l’état, le Conseil ré­gio­nal, le Conseil dé­par­te­men­tal, la com­mu­nau­té de com­munes Loire Se­mène et la com­mune de Saint­just­mal­mont pour sau­ve­gar­der l’ac­ti­vi­té et les em­plois ? Dans ce plan de sau­ve­tage, la Ré­gion a in­ves­ti 900.000 eu­ros en tout (700.000 dans l’achat d’un bâ­ti­ment et 200.000 dans le ra­chat de ma­té­ riels), le Dé­par­te­ment ap­por­tant 300.000 eu­ros et l’état 175.000 eu­ros. Le reste (525.000 eu­ros) a été prê­té par la Caisse des dé­pôts et consi­gna­tions.

Dans un com­mu­ni­qué, la pré­fec­ture de la Hau­teLoire in­dique : « L’état et les col­lec­ti­vi­tés im­pli­quées re­grettent que, mal­gré l’aide ap­por­tée, le car­net de com­mandes de l’en­tre­prise n’ait pu at­teindre le ni­veau at­ten­du et que – de nou­veau – les 189 em­plois soient me­na­cés ».

Les ser­vices de l’état me­surent « l’im­pact de cette si­tua­tion sur les per­sonnes et sur le ter­ri­toire ». Et d’ajou­ter : « Cha­cun met­tra en oeuvre tout ce qui est en son pou­voir pour re­cher­cher un re­pre­neur en ca­pa­ci­té de pour­suivre tout ou par­tie de l’ac­ti­vi­té, dans le res­pect des dé­ci­sions qui se­ront prises par le tri­bu­nal de com­merce ».

La ma­nu­fac­ture de SaintJust­mal­mont, spé­cia­li­sée dans le ru­ban élas­tique (lea­der eu­ro­péen) et la lin­ge­rie, com­men­çait l’an­née avec une bouf­fée d’oxy­gène. Elle la ter­mine dans la crainte.

Les col­lec­ti­vi­tés lo­cales et les ser­vices de l’état s’étaient mo­bi­li­sés pour per­mettre à l’en­tre­prise de dé­ga­ger de la tré­so­re­rie. Cette manne fi­nan­cière de­vait lais­ser le temps à la ma­nu­fac­ture d’ex­ploi­ter de nou­veaux fi­lons. La CGT, qui a ap­pris la mau­vaise nou­velle (et aler­té sur les dif­fi­cul­tés à maintes re­prises), pointe du doigt « une ges­tion ca­tas­tro­phique ». En dix ans, l’en­tre­prise a vu ses ef­fec­tifs être di­vi­sés par trois. Elle a connu dans le même temps trois plans de sau­ve­garde, dont le der­nier qui a conduit à la sup­pres­sion de 95 em­plois en 2015. Il y a qua­rante ans, Chey­net em­ployait en­core 600 per­sonnes.

La CGT pointe « une ges­tion ca­tas­tro­phique »

TEX­TILE. Le car­net de com­mandes de l’en­tre­prise n’a pas at­teint le ni­veau es­comp­té au cours de ces der­niers mois.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.