« Juste en-des­sous, c’était la ca­ro­tide »

■ Deux ans ferme pour un coup de cou­teau as­sé­né à un ami

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Région Faits Divers - Stéphane Bar­noin

Des cris, une dis­pute qui dé­gé­nère, des coups de poing et en­fin un coup de cou­teau au visage. La nuit du 15 au 16 juillet a su­bi­te­ment bas­cu­lé dans la confu­sion et le sang, dans le huis clos d’un lo­ge­ment d’Ar­lanc.

L’agres­seur a été in­ter­pel­lé par les gen­darmes quelques jours après les faits. Pré­sen­té de­vant le tri­bu­nal cler­mon­tois une pre­mière fois, fin juillet, il avait de­man­dé un dé­lai pour pré­pa­rer sa dé­fense. Fla­vian Gau­taux, 26 ans, a donc (re) com­pa­ru hier, dans la même en­ceinte, après un mois de dé­ten­tion.

De l’oreille jus­qu’à la lèvre su­pé­rieure

Sil­houette frêle et voû­tée, re­gard ab­sent, le jeune homme peine tou­jours à mettre des mots sur son pas­sage à l’acte. « Je ne l’ex­plique pas vrai­ment », éva­cue­t­il d’un trait de­puis son box.

Ce soir­là, le jeune Puy­dô­mois, très al­coo­li­sé, s’était ren­du au do­mi­cile de sa belle­mère en com­pa­gnie d’un ami. C’est sur ce der­nier qu’il s’est en­suite « achar­né » – se­lon les termes du pré­sident – pour un mo­tif en­core né­ bu­leux. Le pré­ve­nu parle à de­mi­mot d’une in­sulte pro­fé­rée contre sa mère, dé­cé­dée l’an der­nier. « C’est vrai, j’ai pas sup­por­té d’en­tendre ça ». La vic­time jure à l’in­verse n’avoir ja­mais te­nu de tels pro­pos.

Dans un ac­cès de rage, Fla­vian Gau­taux roue d’abord son ca­ma­rade de coups de poing. Il va en­suite dans la cui­sine pour sai­sir un cou­teau. La lame s’abat sur le visage de ce­lui qui lui fait face.

« La ba­lafre est im­pres­sion­nante, elle part de l’oreille et des­cend jus­qu’à la lèvre su­pé­rieure. Au­jourd’hui en­core, mon client ne peut tou­jours pas se nour­rir nor­ma­le­ment (*) », sou­ligne Me De­goud, l’avo­cate de la par­tie ci­vile.

La re­pré­sen­tante du mi­nis­tère pu­blic en­fonce le clou : « C’est triste à dire, mais la vic­time a eu de la chance. Juste en des­sous, c’était la ca­ro­tide. On est pas­sé à quelques cen­ti­mètres d’un drame… »

« Il a sur­tout be­soin d’être sou­te­nu »

Ces « sup­pu­ta­tions » font bon­dir Me Hiz­zir, qui as­siste le pré­ve­nu. « Évi­tons d’em­pi­ler les hy­po­thèses à la barre du tri­bu­nal, s’agace l’avo­cate. La réa­li­té, c’est que ce jeune n’avait au­cune in­ten­tion cri­mi­nelle ce soir­là. Il était dans un état se­cond, qu’il ne s’ex­plique pas. Ses troubles du com­por­te­ment sont avé­rés. C’est un ga­min aban­don­né, ca­bos­sé, qui a sur­tout be­soin d’être sou­te­nu. »

Mais les juges dé­cident d’al­ler au­de­là de la peine re­quise par le par­quet : dé­jà condam­né à une di­zaine de re­prises, no­tam­ment pour violences, Fla­vian Gau­taux écope cette fois de quatre ans de pri­son, dont deux as­sor­tis d’un sur­sis avec mise à l’épreuve. Il a re­ga­gné le centre pé­ni­ten­tiaire de Riom dès la fin de l’au­dience. ■ (*) La du­rée de son ITT a été fixée à dix jours.

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION FRED MAR­QUET

TRI­BU­NAL. Le pré­ve­nu, dé­jà condam­né pour violences, était en si­tua­tion de ré­ci­dive.

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