« Il existe des moyens mais ils sont mal adap­tés »

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Santé - So­phie Le­clan­ché

Dans un livre « in­ven­taire » (*) pa­ru cette semaine et qu’il co­signe avec sa consoeur Ma­rion Le­boyer, le pro­fes­seur Pierre-Mi­chel Llor­ca, pointe « le pa­rent pauvre » de la san­té qu’est, mal­gré les dé­cla­ra­tions mi­nis­té­rielles, la psy­chia­trie au­jourd’hui.

Une tâche ar­due que celle de dres­ser un état des lieux ex­haus­tif de la psy­chia­trie hexa­go­nale : il n’existe pas d’étude épi­dé­mio­lo­gique sur la ques­tion. Un fait ré­vé­la­teur de l’état dans le­quel on laisse er­rer tout un pan de la san­té qui concerne néan­moins une po­pu­la­tion es­ti­mée « entre 12 et 16 mil­lions de Fran­çais », se­lon Pierre­Mi­chel Llor­ca, pra­ti­cien et chef de ser­vice à Cler­montFer­rand. Ce n’est pas tant, ex­plique le psy­chiatre, le manque de moyens en soi mais plu­tôt « l’ab­sence d’or­ga­ni­sa­tion et de co­or­di­na­tion » qui sont pré­ju­di­ciables au pa­tient comme au soi­gnant. « Il existe des moyens, mais ils ne sont pas adap­tés ».

Si de­puis 25 ans, il y a « une prise de conscience des psy­cho­trau­ma­tismes […] qui gé­nère une ex­plo­sion des de­mandes de pri­ se en charge », il y a aus­si et « en­core un ta­bou » sur la ré­vé­la­tion de la ma­la­die » et une « stig­ma­ti­sa­tion im­por­tante des ma­lades ». Au­tant de freins qui « im­pactent l’ac­cès aux soins ».

Pour le pro­fes­seur Llor­ca, il y a ur­gence à « por­ter le dé­bat sur la place pu­blique ». « Comme ce­la s’est fait pour la lutte contre le can­cer, il faut une com­mis­sion de co­or­di­na­tion […] ». Une ins­ti­tu­tion na­tio­nale qui per­met­tra « de pas­ser des pa­roles aux actes ». ■

(*) Psy­chia­trie, l’état d’ur­gence. pa­ru aux Édi­tions Fayard.

À CLER­MONT-FD. P.M LLor­ca est chef de ser­vice au CHU.

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