Pas à l’abri de pol­lu­tions sur l’Au­zon

■ La lai­te­rie SLVA confron­tée à la vé­tus­té d’une par­tie de l’usine co­opé­ra­tive

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Puy-de-dôme Actualité - Anne Bourges [email protected]­tre­france.com

Dé­but sep­tembre, les ri­ve­rains de l’Au­zon ont consta­té une pol­lu­tion étrange vers le la­voir, à Theix. Rien de toxique, mais un vieux pro­blème que tente de ré­soudre la lai­te­rie.

Eaux blanches, mousses étranges, col­ma­tage du fond par une sub­stance mar­ron clair et odeur nau­séa­bonde… L’épi­sode de pol­lu­tion sur­ve­nu le week­end du 8 sep­tembre a rap­pe­lé de bien mau­vais sou­ve­nirs aux ri­ve­rains et pê­cheurs du sec­teur du la­voir, à Theix.

Une en­quête ju­di­ciaire a été ou­verte par l’Agence fran­çaise de la bio­di­ver­si­té (AFB). Mais il ne se­ra pas utile d’at­tendre les ré­sul­tats pour com­prendre.

L’ori­gine . Si­tuée en 1 amont, et cons­truite au­des­sus d’un ruis­seau qui re­joint l’Au­zon, l’usine de la So­cié­té lai­tière des vol­cans d’Au­vergne (SLVA) re­con­naît être à l’ori­gine de l’in­ci­dent. Mais elle as­sure avoir mis en oeuvre tous les moyens utiles pour le ré­gler.

La pol­lu­tion se­rait liée à une ca­na­li­sa­tion (en grès ou PVC d’an­cienne gé­né­ra­tion) qui se se­rait cas­sée sous la par­tie la plus an­cienne de l’usine.

« Nous avons bien conscience de l’im­pact en­vi­ron­ne­men­tal et somme dé­so­lés des nuisances oc­ca­sion­nées. Nous avons mis en oeuvre les moyens né­ces­saires pour que le pro­blème soit ré­glé au plus vite », as­sure Pierre Las­gouttes di­rec­teur des opé­ra­tions Au­vergne ­ Au­zance. 2

Les pro­duits. Il s’agit d’« eaux blanches » (eaux char­gées de ré­si­dus de lait pous­sées dans les ca­na­li­sa­tions lors du net­toyage), qui se se­raient in­fil­trées dans les sols jus­qu’à re­joindre le ruis­seau qui passe sous l’usine.

Chez Ter­ra Lac­ta, groupe co­opé­ra­tif au­quel ap­par­tient SLVA, on as­sure qu’au­cun pro­duit toxique ne peut se re­trou­ver dans ces re­jets. « Les pro­duits net­toyants sont pas­sés en cir­cuits fer­més. Ils sont ré­cu­pé­rés et ré­gé­né­rés par l’usine ».

La ré­ac­tion. Dès le si

3 gna­le­ment du pro­blème, une dé­ri­va­tion tem­po­raire du cir­cuit a été mise en place avec des tuyaux souples. De fait, les re­jets n’étaient qua­si­ment plus vi­sibles une se­maine après. Res­tait un col­ma­tage brun clair sur les fonds et la vé­gé­ta­tion im­mer­gée. Avec quelques épi­sodes mal­odo­rants. Avant un re­ tour de mousse à nou­veau vi­sibles ce week­end.

« Nous avons fait pas­ser des caméras, pour si­tuer pré­ci­sé­ment la zone abî­mée et faire le né­ces­saire. Il n’y a plus de fuites, mais les ré­si­dus s’étant in­fil­trés dans le sol, il peut en­core y avoir de mau­vaises odeurs qui re­viennent pen­dant quelque temps. Nous en sommes dé­so­lés. »

Reste le pro­blème de la

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vé­tus­té d’une par­tie des bâ­ti­ments de l’an­cienne lai­te­rie. Au­cun plan de ré­seaux n’avait été pré­vu à l’époque de la construc­tion de la lai­te­rie Thou­ry.

Vincent Gran­geon, ri­ve­rain di­rect, a gar­dé un épais dos­sier de constats, plaintes et pro­cé­dure qui re­montent à 1992.

« C’est ar­ri­vé d’autres fois et nous ne sommes pas à l’abri d’une nou­velle pol­lu­tion », es­time le maire de Saint­Genès­Champanelle, Ro­ger Gardes. Mais il sou­ligne la « bonne vo­lon­té » des nou­veaux pro­prié­taires qui ont en­ga­gé la ré­no­va­tion. « La lai­te­rie existe de­puis plus de qua­rante ans. Elle s’est dé­ve­lop­pée par à­coups. Il existe une par­tie mo­derne et aux normes, et une par­ tie his­to­rique qui re­monte à une époque où les ques­tions en­vi­ron­ne­men­tales n’étaient pas per­çues de la même ma­nière », confie­til. « C’est la seule grande en­tre­prise de la com­mune, avec un équi­libre fra­gile », et 160 em­plois à la clé. Le maire in­siste sur l’in­ves­tis­se­ment de SLVA (co­opé­ra­tive Ter­ra­Lac­ta) à court et moyen termes. Le di­rec­teur des opé­ra­tions rap­pelle no­tam­ment que des tra­vaux ont été réa­li­sés en 2017. « Une deuxième tranche con­cer­nant la par­tie in­cri­mi­née est pro­gram­mée pour 2019. Cet épi­sode de pol­lu­tion nous a pris de cours ». ■

F. CAMPAGNONI

À L’AR­RI­VÉE. Les ha­bi­tants et le pré­sident de l’AAPPMA Les 4 sources ont don­né l’alerte. De­vant une sub­stance mar­ron clair qui col­mate les fonds, Ch­ris­tian Sou­cher craint pour la re­pro­duc­tion na­tu­relle des truites fa­rio : elles re­montent jus­qu’à ce sec­teur vou­lu « pa­tri­moine ».

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