« Pas de vo­lon­té de faire souf­frir les ani­maux »

La Montagne (Clermont-Limagne) - - France & Monde Actualités -

Il n’y a « pas eu de vo­lon­té de faire souf­frir » les ani­maux, ont es­ti­mé, hier, les ser­vices vé­té­ri­naires au pre­mier jour du pro­cès à Pau des em­ployés et de l’ex-di­rec­teur de l’abat­toir de Mau­léon (Py­ré­nées-At­lan­tiques).

Ser­rés sur le banc des ac­cu­sés et ge­noux trem­blants, les trois sa­la­riés pré­ve­nus – un qua­trième est ab­sent – âgés de 32 à 21 ans, ont in­di­qué à l’ou­ver­ture des dé­bats, qui doivent du­rer deux jours, qu’ils n’avaient « pas com­mis les faits re­pro­chés ».

L’ex­di­rec­teur de l’abat­toir, Gé­rard Cle­mente, 67 ans, au­jourd’hui re­trai­té, a fait de même, tout comme les re­pré­sen­tants de l’abat­toir.

Ap­pe­lé à la barre hier ma­tin, le chef de ser­vice « abat­toirs et sous­pro­duits » de la di­rec­tion vé­té­ri­naire dé­par­te­men­tale, Phi­lippe Bar­ret, a as­su­ré que lors de ses vi­sites d’ins­pec­tion an­nuelle, il avait consta­té « des in­frac­tions mais pas de dé­lits de cruau­té ».

À pro­pos de ces in­frac­tions, au nombre d’une cen­taine, il a néan­moins re­con­nu « un cer­tain nombre d’ano­ma­lies sur le trai­te­ment des ani­maux ».

« On au­rait dû avoir plus de fer­me­té », a­t­il re­gret­té tout en poin­tant une pé­riode lors de la­quelle l’abat­toir « man­quait de per­son­nel ».

« À au­cun mo­ment, il n’y a eu de vo­lon­té de faire souf­frir », a ren­ché­ri Ma­rie­Claude Bou­cher, de la Bri­gade d’en­quête vé­té­ri­naire en charge de l’en­quête, « tant sur les vi­déos que lors de l’au­di­tion du per­son­nel ».

Deux ans de pri­son

Les em­ployés, comme l’éta­blis­se­ment en tant que per­sonne mo­rale, sont ju­gés pour « mau­vais trai­te­ments in­fli­gés sans né­ces­si­té à un ani­mal do­mes­tique », une in­frac­tion équi­va­lente à un ex­cès de vi­tesse simple et pour la­quelle la peine en­cou­rue est une contra­ven­tion de 4e classe (750 eu­ros au plus).

L’abat­toir et son an­cien di­rec­teur doivent aus­si ré­pondre de « trom­pe­rie sur la na­ture, la qua­li­té, l’ori­gine ou la quan­ti­té d’une mar­chan­dise » un dé­lit pas­sible de deux ans de pri­son et 300.000 eu­ros d’amende. ■

AFP

AN­TOINE TUGAS. Avo­cat des trois sa­la­riés mis en cause.

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