La sa­lers star du Som­met

La Montagne (Clermont-Limagne) - - La Une - Do­mi­nique Dio­gon do­mi­nique.dio­[email protected]­tre­france.com

IN­TER­NA­TIO­NAL

Entre Na­tio­nal et congrès, la race sa­lers ac­cueille des éle­veurs du monde en­tier

VI­SITE

Le mi­nistre de l’Agri­cul­ture, Sté­phane Tra­vert, est at­ten­du par le monde agri­cole au­jourd’hui au Som­met

CHAROLAIS

La race à l’heure de la concur­rence

En marge de son con­cours na­tio­nal, la race sa­lers or­ga­nise le congrès de sa Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale. Une cen­taine d’éle­veurs en pro­ve­nance du monde en­tier a fait le dé­pla­ce­ment en Au­vergne pour par­ta­ger une même pas­sion au ser­vice de la pro­mo­tion de la belle à la robe aca­jou.

Des dé­ci­bels en pa­gaille, des jeux de lu­mière éblouis­sants et des écrans géants qui crachent des images écla­tantes, le Zé­nith d’Au­vergne sort l’ar­tille­rie lourde pour le Na­tio­nal sa­lers qui se pour­suit jus­qu’à ven­dre­di soir. Un vrai show à l’amé­ri­caine. Peut­être un clin d’oeil aus­si à une par­tie des spec­ta­teurs qui ont pris place dans les gra­dins.

Son pe­tit car­net en main, Ray­mond De­palme est, lui, pas­sé de l’autre cô­té de la bar­rière. L’éle­veur de la pro­vince de l’Al­ber­ta au Ca­na­da, an­glo­phone d’ori­gine fran­çaise, na­vigue entre les groupes de dou­blonnes avec trois autres juges.

Con­qué­rante outre-At­lan­tique

L’homme a le re­gard acé­ré du spé­cia­liste. La sa­lers, ce­la fait 45 ans qu’il est tom­bé de­dans. « Après avoir éle­vé des bêtes pour l’en­grais­se­ment, j’ai vou­lu avoir des ani­maux ins­crits, de race pure. J’ai es­sayé la sa­lers en rai­son de mes ori­gines fran­çaises. J’ai com­men­cé en 1973 et je n’ai plus ja­mais ar­rê­té. J’ai été sé­duit par sa fa­ci­li­té de vê­lage, sa fer­ti­li­té et ses qua­li­tés ma­ter­nelles. Je pos­sède 140 mères. »

Ray est loin d’être un cas iso­lé. « Dans ma ré­gion, nous sommes une dou­zaine d’éle­veurs sa­lers sur un to­tal de soixante­dix pour l’en­semble du Ca­na­da. »

L’éle­veur ca­na­dien, qui a consti­tué son trou­peau à par­tir d’ani­maux ache­tés dans le Can­tal, vend ses meilleures bêtes comme re­pro­duc­teurs. « Les dé­bou­chés se trouvent au Ca­na­da mais aus­si aux États­Unis et au Mexique. » Même si la sa­lers reste une niche, l’in­té­res­sé veut croire en son dé­ve­lop­pe­ment outre­At­lan­tique. « En l’es­pace de 40 ans, les choses ont évo­lué. Les éle­veurs des autres races res­pectent notre tra­vail et n’hé­sitent pas à uti­li­ser la sa­lers pour des croi­se­ments. »

Dans les tri­bunes, Da­vid Frueh, son épouse Ja­nelle et leur co­pain, Ed Miller, sont ab­sor­bés par le spec­tacle. Ces éle­veurs du Mis­sou­ri (États­Unis) sont d’autres amou­reux de la sa­lers. Ils vantent, eux aus­si, les mêmes avan­tages (fa­ci­li­té de vê­lage, crois­sance, qua­li­tés ma­ter­nelles).

« J’ai choi­si cette race parce que je me­nais de front une car­rière d’in­gé­nieur dans les té­lé­coms », ex­plique Ed Miller, qui élève ex­clu­si­ve­ment des ani­maux na­tu­rel­le­ment sans cornes. « Si­non, nous ne les ven­drions pas », clame­t­il.

Plus de sa­lers dans le monde qu’en France

Pré­sident de l’as­so­cia­tion mexi­caine des éle­veurs sa­lers, à la tête d’un chep­tel de 300 mères dans l’État du Chi­hua­hua, Eduar­do Pa­dilla Pal­ma nour­rit de grandes am­bi­tions. « J’ex­porte aux États­Unis mais l’idée est de se dé­ve­lop­per sur l’en­semble de l’Amé­rique du sud. La force de la sa­lers est sa ca­pa­ci­té à va­lo­ri­ser l’herbe et donc à pro­duire de la viande de ma­nière na­tu­relle. Pour en faire la pro­mo­tion, j’en­vi­sage même d’ou­vrir un res­tau­rant dans mon État. »

Au to­tal, c’est une cen­taine d’éle­veurs du monde en­tier qui ont ef­fec­tué le dé­pla­ce­ment en Au­vergne pour le congrès de la Fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale sa­lers qui au­ra lieu de­main. « La ma­jo­ri­té vient d’Eu­rope mais aus­si d’Amé­rique du nord, d’Aus­tra­lie et de Nou­velle­Zé­lande. Nous n’avons pas de chiffres pré­cis mais il doit y avoir plus de sa­lers dans le reste du monde qu’en France où les ef­fec­tifs sont de 223.000 ani­maux », sou­ligne Lio­nel Duf­fayet, pré­sident du Herd book sa­lers ■

PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

JUGE. Ray­mond De­palme, éle­veur sa­lers dans l’Etat de l’Al­ber­ta au Ca­na­da de­puis 1973, est l’un des juges du Na­tio­nal sa­lers qui se dé­roule jus­qu’à ven­dre­di soir au Zé­nith d’Au­vergne.

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