170 en­fants sau­vés de­puis vingt ans

Une im­pres­sion­nante chaîne de so­li­da­ri­té com­pose L’Au­vergne pour un en­fant. Il faut ça pour prendre en charge 100 % des soins d’un jeune ma­lade.

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Puy-De-Dôme - Si­mon An­to­ny si­mon.an­to­[email protected]­tre­france.com

C’est un en­fant qui se meurt et qui ne peut pas être soi­gné dans son pays. Par manque de com­pé­tence, de ma­té­riel ou d’ac­cès au soin. Un en­fant qui se­ra pour­tant sau­vé, en Au­vergne, sans que sa fa­mille ne dé­bourse le moindre cen­time. Ce pe­tit mi­racle, c’est ce­lui que l’as­so­cia­tion L’Au­vergne pour un en­fant a dé­jà réa­li­sé 170 fois de­puis presque vingt ans.

Tout a com­men­cé en 2000 avec le Dr Ray­mond Mial­lier, un mé­de­cin cler­mon­tois en mis­sion hu­ma­ni­taire, qui cherche un moyen de soi­gner De­va­ki, jeune Né­pa­laise at­teinte d’une af­fec­tion car­diaque grave. La so­lu­tion, il la trouve dans son CHU, et se pose cette ques­tion simple : pour­quoi s’ar­rê­ter là ? L’as­so­cia­tion est née.

Le CHU prend en charge cinq en­fants par an

Deux dé­cen­nies plus tard, L’Au­vergne pour un en­fant compte une soixan­taine de membres, quelques cen­taines de do­na­teurs, une qua­ran­taine de fa­milles d’ac­cueil (dont une ving­taine ac­tuel­le­ment), 170 en­fants sau­vés et cinq mé­de­cins étran­gers for­més. Cette ef­fi­ca­ci­té, l’as­so­cia­tion la doit à un ré­ seau de so­li­da­ri­té im­pres­sion­nant. Chaque étape se nour­rit de l’en­ga­ge­ment sans faille d’un bé­né­vole. C’est ain­si que 100 % des dons sont re­ver­sés aux soins des en­fants (*).

Au dé­part, sur le ter­rain, un mé­de­cin dé­tecte un cas de ma­la­die im­pos­sible à soi­gner sur place. Il alerte l’as­so­cia­tion qui étu­die le dos­sier.

Pour faire ve­nir les en­fants en France, seuls les frais d’aé­ro­port sont à la charge du groupe. Le billet est of­fert par Avia­tion sans fron­tières. Une as­so­cia­tion qui ré­cu­père les « miles » de pas­sa­gers pour of­frir des tra­jets.

En France, l’as­so­cia­tion pré­pare la ve­nue de l’en­fant dans les moindres dé­tails. « Nous de­vons avoir une fa­mille d’ac­cueil. As­su­rer les fi­nan­ce­ments. La pa­tho­lo­gie ne doit né­ces­si­ter au­cun soin sur le long terme, parce que sur place, ils peuvent man­quer de tout. C’est pour ce­la que nous trai­tons à 90 % des ma­la­dies car­diaques. Bref, on s’as­sure que tout fonc­tionne­ ra pour ne pas créer de faux es­poirs », ex­plique Thier­ry Oli­vier.

C’est pour cette rai­son, par exemple, que le tra­vail avec le Con­go est mis entre pa­ren­thèses en ce mo­ment, en rai­son de la si­tua­tion po­li­tique ac­tuelle. Les re­tards ad­mi­nis­tra­tifs peuvent avoir des con­sé­quences tra­giques. Une le­çon ap­prise par un drame qui marque en­core les membres de l’as­so­cia­tion. Il y a quelques an­nées, des com­pli­ca­tions pour ob­te­nir un vi­sa re­tardent d’un mois la ve­ nue d’un jeune Al­gé­rien. L’en­fant mour­ra dans la salle d’at­tente du CHU de Cler­mont.

Une fois en Au­vergne, les en­fants sont re­çus en fa­mille d’ac­cueil, entre deux et neuf mois. « Tout est à notre charge. Mais le ré­seau de fa­milles s’en­traide beau­coup. Il faut avoir du temps. Si l’en­fant est opé­ré à Lyon, on reste sur place plu­sieurs se­maines », ex­plique Jean­Pierre Cé­sar, membre et fa­mille d’ac­cueil à neuf re­prises dé­jà.

150.000 € pour soi­gner dix en­fants par an en moyenne

Le CHU de Cler­mont, lui aus­si, fait dans la so­li­da­ri­té dis­crète. De­puis des an­nées, il soigne gra­tui­te­ment cinq en­fants par an. Pour les autres, il fau­dra comp­ter en­vi­ron 15.000 €. Avec une di­zaine d’en­fants ac­cueillis chaque an­née, l’as­so­cia­tion compte sur les dons. Ou sur les re­cettes de ses évé­ne­ments. Comme le pro­chain, le 21 dé­cembre, à l’opé­ra de Cler­mont, avec l’or­chestre d’Au­vergne.

À la fin du mois, deux Bur­ki­na­bés et un Bu­run­dais, âgés de 12 à 24 mois, sont at­ten­dus en Au­vergne. ■

(*) Et per­mettent une ré­duc­tion d’im­pôts de 75 % de­puis que l’as­so­cia­tion a été re­con­nue de « bien­fai­sance ».

AR­CHIVES DR

LIENS. Sou­vent les en­fants ap­pellent « pa­pa et ma­man » les pa­rents de leurs fa­milles d’ac­cueil.

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