« Nous n’avons ja­mais vu un dé­but de sai­son aus­si mé­diocre »

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Le Fait Du Jour -

Pour l’en­tre­prise Tra­pon Cham­pi­gnons à Am­bert, qui vit du com­merce de cham­pi­gnons sau­vages, le mois de sep­tembre a été dif­fi­cile, et pas seule­ment dans le Puy-de-Dôme.

« Dif­fi­cile ? Oui c’est le moins que l’on puisse dire. Il va fal­loir qu’il se passe un peu quelque chose parce que le dé­but de sai­son a été très sec aus­si bien chez nous qu’à l’éche­lon eu­ro­péen, ex­plique William Tra­pon, gé­rant. Ce­la fait deux ou trois ans de suite que c’est un peu dur sur la ré­gion mais on ar­ri­vait tou­jours à trou­ver des cham­pi­gnons ailleurs avec de l’im­por­ta­tion. Cette an­née en re­vanche, le cham­pi­gnon est rare par­tout. Nous n’avons ja­mais vu un dé­but de sai­son aus­si mé­diocre. » Con­sé­quence de la sé­che­resse es­ti­vale, les cham­pi­gnons se font rares même si l’en­tre­prise n’est pas com­plè­te­ment pas­sée au tra­vers.

« On n’a quand même pas la corde au­tour du cou »

« On a eu quelques bri­coles jus­qu’au 15 sep­tembre mais là, la plaine d’Am­bert a ra­re­ment été aus­si sèche, pour­suit le gé­rant. Il y a des fo­rêts bien ar­ro­sées qui ont don­né comme dans les Py­ré­nées ou les Hautes Alpes mais c’est 80 % du ter­ri­toire qui n’a pas don­né. On na­ vigue sur une sur­face de plus en plus vaste avec les points de col­lectes donc quand il y en a un peu, on ar­rive à en avoir, mais on se se­rait conten­té de faire le Puy­de­Dôme, ça au­rait été com­pli­qué. »

Si sep­tembre est un des quatre mois les plus im­por­tants, il en reste trois. « At­ten­tion ! On n’a pas la corde au cou ! Si on se ré­fère aux trente der­nières an­nées, le mois du cèpe, c’est oc­tobre, pré­cise William Tra­pon. On a eu l’ha­bi­tude de­puis quelques an­nées d’avoir du cèpe même au mois d’août mais si on dé­marre main­te­nant, on peut fi­nir l’an­née de ma­nière as­sez sym­pa­thique. Il va fal­loir que ça vienne. » Et sur­tout, qu’il vienne. Le cèpe !

« C’est le pro­duit phare pour les consom­ma­teurs, ce­lui qui ex­cite le mar­ché, avoue le gé­rant. S’il n’y a pas de cèpes, les autres pro­duits sont aus­si plus dif­fi­ciles à vendre. Mais ça nous re­met un peu à notre place. Le res­tau­ra­teur, le gros­siste, tout le monde. Tous, on s’ima­gine qu’en met­tant le prix, on au­ra tou­jours des cham­pi­gnons mais non. Ce n’est pas sys­té­ma­tique. Il y a eu des an­nées plus fastes mais ça nous rap­pelle aus­si qu’on tra­vaille des pro­duits sau­vages et qu’il n’y en a pas for­cé­ment. C’est pour ça que le pro­duit peut se payer cher par­fois. »

Les quelques pluies de ces der­niers jours au­ront cer­tai­ne­ment été bé­né­fiques. Est­ce que ce se­ra suf­fi­sant ? « On ne sait pas mais, nor­ma­le­ment, il de­vrait y avoir du monde dans les bois. On es­père vrai­ment un sur­saut cette se­maine », conclut William Tra­pon. ■

« Ça nous rap­pelle que l’on tra­vaille avec des pro­duits sau­vages »

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