Le re­tour des courses en soi­rée et la pe­tite fièvre du chro­no

■ Le 5 km à 19 heures et le 10 km à 20 heures, sa­me­di

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Sports Auvergne - Fran­cis La­porte

Bonne nou­velle ! Les courses de Cou­rir à Cler­mont re­trouvent leur cré­neau de tou­jours, leur théâtre du soir. Que des avan­tages…

« Cou­rir » est du soir. De nais­sance. Lan­cé à 20 h 30, le ven­dre­di 7 juin 1991, place des Bu­ghes. Puis long­temps éta­bli fa­çon cor­ri­da, avec un 5 km à 19h45, un 10 km à 20 h 45, ra­me­né à 20 h 15 jus­qu’à la der­nière édi­tion en soi­rée, ven­dre­di 10 juin 2011.

Ma­ti­nales de­puis, les deux épreuves, grâce à Cler­mont Week­end Courses, re­viennent, sa­me­di, à leur ADN crépusculaire et fes­tif. Un bien à tous ni­veaux… per­for­mance spor­tive com­prise.

À vrai dire, la ma­ti­née ne la fa­vo­rise pas. Ques­tion de chro­no­bio­lo­gie. Le ma­tin, en ef­fet, la tem­pé­ra­ture cor­po­relle est au plus bas, la ca­pa­ci­té pul­mo­naire pas à son top et les stocks en gly­co­gènes sé­rieu­se­ment en­ta­més. En­suite, tout évo­lue, les perfs pou­vant grim­per jus­qu’à 10 % en fin de jour­née.

Nuit gri­sante

Pour Ti­mo­thée Bom­mier, re­cord­man du 10 km do­mi­ni­cal, le plus n’est tou­ te­fois pas évident. Le Sta­diste dé­tient d’ailleurs le re­cord de la mon­tée du puy de Dôme par le che­min des Mu­le­tiers réa­li­sé le ma­tin, plus ra­pide que ce­lui de nuit. « Mais, là, en ville, il n’y a au­cun obs­tacle, au­cune dif­fi­cul­té de par­cours », stoppe­t­il. « En fait, c’est très per­son­nel. Moi, mes perfs ne sont pas meilleures le soir ».

De fait, sur route, la pro­blé­ma­tique de l’heure se ré­sout en pre­mier avec le ca­lage de l’or­ga­nisme. « Si la course est à 10 heures, il faut se le­ver plus tôt. Si elle est le soir, il n’y a pas la contrainte du ré­veil mus­cu­laire, il faut juste gé­rer la jour­née qui peut être longue pour ar­ri­ver en forme op­ti­male ».

Ré­fé­rent na­tio­nal fond et run­ning à la FFA, JeanF­ran­çois Pon­tier ra­mène les ai­guilles du cycle bio­lo­gique au centre : « Le meilleur mo­ment pour la per­for­mance spor­tive n’est ni le ma­tin ni le soir. C’est vers 17 heures que l’or­ga­nisme y est le plus apte ».

Quant à la vi­tesse res­sen­tie de nuit, elle se ré­vèle trom­peuse. « La sen­sa­tion est un peu gri­sante, mais ce­la ne change pas la perf », confirme Bom­mier. « Cette sen­sa­tion de cou­rir beau­coup plus vite la nuit que le jour tient au fait que les re­pères ne sont pas les mêmes », ex­plique, de son cô­té, le tech­ni­cien fé­dé­ral. Avant d’ex­po­ser la consigne es­sen­tielle : « Le plus im­por­tant est de s’en­traî­ner ré­gu­liè­re­ment aux ho­raires de l’épreuve, d’adap­ter son or­ga­nisme. Ain­si, pour les JO de 2020 à To­kyo, on ré­flé­chit dé­jà aux dé­ca­lages ho­raires, de même pour le ma­ra­thon des Mon­diaux de Do­ha, en 2019, pro­gram­mé à mi­nuit ».

Am­biance élec­trique

Mais le spé­cia­liste ne né­glige au­cun pa­ra­mètre. « Cou­rir un sa­me­di est plus fa­vo­rable car les gens n’ont pas une jour­née de tra­vail dans les jambes. La pré­sence de beau­coup de monde sur le par­cours par­ti­cipe éga­le­ment à la perf ». Pro­dui­sant cette fa­meuse « am­biance élec­trique du soir, qu’ap­pré­cie Bom­mier. C’est plus calme le ma­tin », ra­ti­fie l’in­ter­na­tio­nal cler­mon­tois

Conclu­sion de JeanF­ran­çois Pon­tier : « Glo­ba­le­ment, pour la masse des cou­reurs, parce que c’est un tout pe­tit peu plus fa­vo­rable, l’or­ga­nisme étant no­tam­ment plus prêt à faire un ef­fort quand il est ré­veillé, ce­la de­vrait al­ler un tout pe­tit peu plus vite ». Bref ! Dans un Cler­mont en te­nue de soi­rée, pour les cou­reurs, le grand soir ! ■

PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNONI

10 KM. Toute l’am­biance des courses en soi­rée pour la ba­garre de la pre­mière place filles en 2006. Sa­me­di, le so­leil se cou­che­ra à 18 h 49.

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