Mé­len­chon per­siste : « Je ne re­grette rien »

■ Ou­ver­ture d’une en­quête pour « me­naces et in­ti­mi­da­tion contre l’au­to­ri­té ju­di­ciaire »

La Montagne (Clermont-Limagne) - - La Une -

PER­QUI­SI­TIONS. Le lea­der des In­sou­mis droit dans ses bottes.

La ré­ponse de la jus­tice n’a pas tar­dé : une en­quête pour « me­naces » et « vio­lences » sur des po­li­ciers et des ma­gis­trats a été ou­verte hier au len­de­main de per­qui­si­tions mou­ve­men­tées au siège de la France in­sou­mise (LFI) et chez son lea­der.

Jean­Luc Mé­len­chon a as­su­ré ne rien re­gret­ter de sa vive ré­ac­tion, dé­non­çant de nou­veau une « vo­lon­té d’in­ti­mi­da­tion » après avoir fus­ti­gé une « énorme opé­ra­tion de po­lice po­li­tique ». Son par­ti a an­non­cé de fu­tures plaintes pour vio­lences po­li­cières.

Après ces opé­ra­tions dont les images ont lar­ge­ment tour­né sur les ré­seaux so­ciaux, le par­quet de Pa­ris a an­non­cé avoir ou­vert une en­quête pour « me­naces ou actes d’in­ti­mi­da­tion contre l’au­to­ri­té ju­di­ciaire » et « vio­lences sur per­sonnes dé­po­si­taires de l’au­to­ri­té pu­blique », confiée à la Bri­gade de ré­pres­sion de dé­lin­quance contre la per­sonne (BRDP) de la po­lice ju­di­ciaire pa­ri­sienne.

« En­fon­cer la porte »

Tou­te­fois, il a de­man­dé à être des­sai­si de la pro­cé­dure « dans un sou­ci d’im­par­tia­li­té », des ma­gis­trats du par­quet de Pa­ris ayant été pris à par­tie lors des per­qui­si­tions.

Vi­sé par deux en­quêtes pré­li­mi­naires sur des em­plois pré­su­més fic­tifs de par­le­men­taires eu­ro­péens et sur ses comptes de cam­pagne de la pré­si­den­tielle 2017, Jean­Luc Mé­len­chon a vu ar­ri­ver mar­di tôt ma­gis­trats et forces de po­lice à son do­mi­cile. Les lo­ge­ments d’an­ciens as­sis­tants d’eu­ro­dé­pu­tés et les sièges de LFI et du Par­ti de gauche ont aus­si été per­qui­si­tion­nés.

Des images de ces opé­ra­tions ont été fil­mées et dif­fu­sées en di­rect sur Fa­ce­book par le lea­der po­li­tique lui­même, mais aus­si par des jour­na­listes. Dans une de ces scènes, Mé­len­chon ap­pelle ses proches à « en­fon­cer la porte » pour en­trer au siège pa­ri­sien du LFI où une per­qui­si­tion était en cours. On le voit éga­le­ment bous­cu­ler un re­pré­sen­tant du par­quet ain­si qu’un po­li­cier qui s’in­ter­pose.

Une at­ti­tude « in­ac­cep­table », ont dé­non­cé hier des syn­di­cats de po­lice. Al­liance et Al­ter­na­tive Po­lice­CFDT ont ap­pe­lé le nou­veau mi­nistre de l’In­té­rieur Ch­ris­tophe Cas­ta­ner à por­ter plainte, tan­dis que SGP Po­li­ceFO a ré­cla­mé « des ex­cuses pu­bliques » au chef de file de LFI. Le chef de la po­lice na­tio­nale, Éric Mor­van, a rap­pe­lé sur Twit­ter son « in­dé­fec­tible sou­tien (aux) en­quê­teurs fi­nan­ciers » qui agissent « en ap­pli­ca­tion du droit, avec neu­tra­li­té ».

« In­ad­mis­sible »

Le porte­pa­role du gou­ver­ne­ment, Ben­ja­min Gri­veaux, a, lui, dé­non­cé l’at­ti­tude « in­ad­mis­sible » de Jean­Luc Mé­len­chon, l’ac­cu­sant d’avoir « les mêmes ar­gu­ments que Ma­rine Le Pen » sur la po­li­ti­sa­tion de la jus­tice. Pré­sident du groupe Les Ré­pu­bli­cains (LR) au Sé­nat, Bru­no

Re­tailleau, a es­ti­mé que Mé­len­chon et les élus de LFI n’étaient « ni au­des­sus » des lois ni « au­des­sous ».

In­ter­ro­gé par BFMTV, Jean­Luc Mé­len­chon a re­con­nu que le ton était « mon­té ». « Il y a une de mes as­sis­tantes qui a été com­mo­tion­née, mais je mets ça sur le compte des cir­cons­tances qui étaient ex­trê­me­ment ten­dues », a­t­il dé­cla­ré. « Je res­pecte la jus­tice mais je suis obli­gé de dire, nous ne sommes pas dans une pro­cé­dure nor­male », a ac­cu­sé le chef de file de LFI. ■

PHO­TO AFP

IN­SOU­MIS. Jean-Luc Mé­len­chon ne « re­grette rien » de sa ré­ac­tion et dé­nonce « une vo­lon­té d’in­ti­mi­da­tion ».

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