Prise dans une spi­rale in­fer­nale

■ Trois ans de pri­son ferme pour faux et es­cro­que­ries

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Région - Jean-Bap­tiste Le­dys

La peine de pri­son ferme pro­non­cée pour es­cro­que­rie à l’en­contre de la qua­dra­gé­naire est as­sor­tie d’une in­ter­dic­tion de gé­rer pen­dant cinq ans.

Les ma­gis­trats se sont pen­chés sur les treize sé­ries de dé­lits qui étaient re­pro­chés à la pré­ve­nue (prin­ci­pa­le­ment faux et usages de faux, es­cro­que­ries…) Ils ont ren­du leur dé­ci­sion hier. Es­telle Cour­dry est condam­née à quatre ans de pri­son, dont un avec sur­sis et mise à l’épreuve pen­dant deux ans.

À la barre, le 24 sep­tembre, la pré­ve­nue avait re­con­nu cer­tains des dé­lits, com­mis à la suite de deux soi­rées or­ga­ni­sées dans un bar cler­mon­tois. Sou­hai­tant faire si­mul­ta­né­ment la pro­mo­tion de sa fon­da­tion, de son as­so­cia­tion et de sa so­cié­té en créa­tion, en sep­tembre et oc­tobre 2015, elle avait vu les choses en grand, an­non­çant la par­ti­ci­pa­tion de per­son­na­li­tés du monde du sport et du spec­tacle.

Mais le res­tau­ra­teur, qui avait com­man­dé pour 15.000 eu­ros de cham­pagne et de ca­viar, en avait été pour ses frais. Moins de dix per­sonnes – en comp­tant les or­ga­ni­sa­teurs – étaient pré­sentes pour en pro­fi­ter.

« Jus­qu’au-bou­tiste »

Ces 15.000 eu­ros à rem­bour­ser sont, se­lon Es­telle Cou­dry, le pre­mier doigt mis dans un en­gre­nage. Elle a pro­duit de faux rele­ vés de comptes, ten­té de sou­ti­rer des sub­ven­tions, contre­fait des do­cu­ments…

« À la lec­ture de ce dos­sier, je me suis de­man­dé ce qui pou­vait vous ar­rê­ter. Vous étiez dans une lo­gique jus­qu’au­bou­tiste », s’étonne l’un des juges, après avoir évo­qué cette li­ta­nie de dé­lits. « Tout est ar­ri­vé sur la même pé­riode. J’étais ac­ cu­lée par toutes ces choses qui ar­ri­vaient si­mul­ta­né­ment. Au vu de ma mise en exa­men (lire ci­des­sous), je vou­lais à tout prix évi­ter une nou­velle plainte. J’étais com­plè­te­ment per­due », a sou­pi­ré la pré­ve­nue.

Face au par­quet qui a re­quis trois ans de dé­ten­tion, Me An­toine Ré­gley, l’un des deux avo­cats de la dé­fense, a re­pris les faits les uns après les autres pour plai­der des re­laxes par­tielles. « La pré­ve­nue n’est plus cette per­sonne qu’elle était il y a quatre ans », a as­su­ré Me Pau­line Tour­gon (lire notre édi­tion du 25 sep­tembre), en dé­fense éga­le­ment. ■

PHO­TO D’AR­CHIVES FRED MARQUET

HIER. Les juges ont ren­du leur dé­ci­sion. Les dé­bats s’étaient te­nus de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel le 24 sep­tembre.

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