Deux ans et de­mi pour tra­fic de co­caïne

■ Un quin­qua­gé­naire condam­né à de la pri­son ferme

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Région - Émi­lie Zaugg

Un ren­sei­gne­ment ano­nyme d’abord. Puis mise en place d’écoutes té­lé­pho­niques, de sur­veillances. Et en­fin au­di­tions de consom­ma­teurs.

Comme dans beau­coup d’af­faires de tra­fic de stu­pé­fiants, ce sont tous ces élé­ments réunis qui ont conduit à l’in­ter­pel­la­tion d’un homme de 55 ans, le 19 sep­tembre, par les en­quê­teurs de la sû­re­té dé­par­te­men­tale. Le quin­qua­gé­naire – vingt­cinq men­tions au ca­sier ju­di­ciaire dont plu­sieurs pour tra­fic de drogue – de­vait être ju­gé en com­pa­ru­tion im­mé­diate mais avait de­man­dé un dé­lai pour pré­pa­rer sa dé­fense. Il a donc com­pa­ru, hier, dans le box, puis­qu’il avait été pla­cé en dé­ten­tion en at­ten­dant l’au­dience.

Les écoutes re­mises en cause

En pré­am­bule, Me JeanF­ran­çois Ca­nis, avo­cat de la dé­fense, a sou­le­vé une nul­li­té : « Toutes les écoutes té­lé­pho­niques faites entre le 13 juillet et le 27 août sont nulles car elles ne sont au­to­ri­sées par au­cune or­don­nance du juge des li­ber­tés et de la dé­ten­tion. Cette pro­cé­dure est donc non­conforme à la loi. » Ce point de droit a été joint à l’exa­men du dos­sier au fond. Le pré­ve­nu – qui a te­nu à gar­der le si­lence – était pour­sui­vi pour avoir re­ven­du de la co­caïne, mais aus­si du can­na­bis et de l’ecs­ta­sy, entre juin et sep­tembre 2018. La pré­si­dente Ma­rie de Nau­rois a égre­né la liste des consom­ma­teurs qui ont ex­pli­qué être des clients, plus ou moins ré­gu­liers, du quin­qua­gé­naire. « Des conver­sa­tions qui sug­gèrent clai­re­ment un tra­fic de stu­pé­fiants ont été ré­per­to­riées, a in­di­qué la pré­si­dente. Ain­si que des mes­sages me­na­çants en­voyés à ceux qui ont contrac­té des dettes. » En garde à vue, le mis en cause avait en par­tie re­con­nu la re­vente de pro­duits stu­pé­fiants, « seul moyen de faire face aux dif­fi­cul­tés fi­nan­cières ».

Pour Thier­ry Grif­fet au par­quet, « ce ne sont pas les preuves qui font dé­faut, entre les écoutes, les au­di­tions des clients, les sur­veillances et la feuille de comptes qui a été dé­cou­verte ». Il a re­quis deux ans de pri­son ferme.

Outre sa de­mande d’an­nu­la­tion de la pro­cé­dure, Me Ca­nis a éga­le­ment sou­li­gné « la faible am­pleur de ce tra­fic ». Et d’in­di­quer que son client s’était tour­né vers la vente de drogue « pour ai­der fi­nan­ciè­re­ment ses proches et no­tam­ment sa mère qui est pla­cée dans un éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes ».

Le tri­bu­nal a bien an­nu­lé les écoutes réa­li­sées entre le 14 juillet et le 26 août. Mais, sur la base des autres élé­ments du dos­sier et re­le­vant l’état de ré­ci­dive, la ju­ri­dic­tion a condam­né Georges Pi­ron (*) à deux ans et de­mi de pri­son ferme. L’homme est re­par­ti en dé­ten­tion pur­ger sa peine. ■

(*) La Mon­tagne pu­blie l’iden­ti­té des per­sonnes condam­nées à par­tir d’un an de pri­son ferme.

SAI­SIE. De l’ar­gent, du can­na­bis et de la co­caïne avaient été dé­cou­verts au do­mi­cile du quin­qua­gé­naire, à Ay­dat.

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