L’aide à do­mi­cile tourne à l’es­cro­que­rie

■ Deux femmes ju­gées pour avoir du­pé des per­sonnes âgées

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Région Faits Divers - Pierre Gé­rau­die pierre.ge­rau­[email protected]­tre­france.com

Elles étaient cen­sées ai­der des per­sonnes âgées, leur fa­ci­li­ter la vie quo­ti­dienne.

Mais les deux femmes ju­gées de­vant le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Cus­set ont fait tout l’in­verse : à elles deux, en leur qua­li­té d’aides à do­mi­cile, elles ont es­cro­qué de 11.700 € di­verses per­sonnes chez qui elles étaient em­ployées, dans le sud de l’Al­lier, fin 2017.

Le mode opé­ra­toire de ces deux amies va­riait, se­lon les foyers dans les­quelles elles se trou­vaient. Ici, des ché­quiers vo­lés. Là, des codes de cartes ban­caires sub­ti­li­sés. Seul point com­mun : les cibles étaient des per­sonnes âgées, dans un état de vul­né­ra­bi­li­té avé­ré.

« L’op­probre sur une pro­fes­sion »

Il avait fal­lu que l’une des vic­times re­marque des mou­ve­ments sus­pects sur ses comptes ban­caires pour mettre fin aux agis­se­ments des deux pré­ve­nues. Les gen­darmes avaient en­suite pu dé­rou­ler le fil de tous les mé­faits dont s’était ren­du cou­pable le duo, qui avait no­tam­ment usé des chèques fal­si­fiés pour ache­ter des ob­jets élec­tro­niques et des ma­té­riaux de tra­vaux.

Près d’un an après les faits, de­vant les fa­milles de leurs dix vic­times, les deux jeunes femmes ont ex­pri­mé des « re­grets ». Leurs conseils, Me Bar­noud et Me Sz­pie­ga, ont te­nu à sou­li­gner que leurs clientes « étaient conscientes de la gra­vi­té de leurs actes ». « Ces agis­se­ments ont eu un vrai im­pact sur la vie de ces per­sonnes âgées, qui vivent sou­vent avec peu de re­ve­nus », ont ré­tor­qué les avo­cats des vic­times. Et Me Barge de dé­plo­rer « l’op­probre » que contri­bue à je­ter ce genre d’af­faires sur le mé­tier d’aide à do­mi­cile, « une belle pro­fes­sion ».

Les deux pré­ve­nues, âgées de 25 ans, ont été condam­nées à dix mois de prison avec sur­sis pour l’une, douze mois avec sur­sis pour l’autre (qua­torze et dix­huit mois avaient été re­quis par le mi­nis­tère pu­blic). So­li­dai­re­ment, elles de­vront éga­le­ment rem­bour­ser leurs vic­times à hau­teur de leur pré­ju­dice res­pec­tif. ■

PHO­TO D’IL­LUS­TRA­TION

MODE OPÉ­RA­TOIRE. vul­né­rables. Point com­mun des vic­times : toutes étaient des per­sonnes âgées

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