Au che­vet du lit de la Dor­dogne

■ Des tra­vaux de cu­rage ont ré­cem­ment dé­bu­té, 1.000 m3 de sé­di­ments vont être ex­traits

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Puy-de-dôme Actualité - Pierre Pey­ret pierre.pey­[email protected]­tre­france.com

Le lit de la Dor­dogne su­bit, au ni­veau de La Bourboule, un cu­rage d’ur­gence. Les tra­vaux doivent du­rer jus­qu’à la fin du mois.

«Oui, il y avait ur­gence ». Fran­çois Cons­tan­tin est bien pla­cé pour le sa­voir. Sa pre­mière in­ter­ven­tion, en tant que maire fraî­che­ment élu en dé­cembre der­nier, concer­nait… une crue de la Dor­dogne sur sa com­mune de La Bourboule.

« C’était une crue quin­quen­nale et elle a mon­tré que l’eau tou­chait les ponts. » Les caves des ri­ve­rains du quar­tier du Char­let, trem­pées par des inon­da­tions ré­cur­rentes, ne le savent aus­si que trop bien.

« Rendre à la ri­vière ce qui lui est pris »

Aus­si, en mars der­nier, a été évo­qué un cu­rage. Une opé­ra­tion qui, se­lon l’édile, n’a pas eu lieu de­puis des dizaines d’an­nées. Le spec­tacle de cette pelle mécanique au coeur de la Dor­dogne a dé­bu­té en fin de se­maine der­nière. Les tra­vaux doivent prendre fin au plus tard au 31 oc­tobre, date après la­quelle il de­vien­dra im­pos­sible d’in­ter­ve­nir sur la ri­vière. D’ici là, l’ob­jec­tif est d’ex­traire près de 1.000 m³ de sé­di­ments. Une cen­taine l’a dé­jà été en aval du pont de la mai­rie en fai­sant cé­der un bar­rage na­tu­rel. Le reste de l’ex­trac­tion, au ni­veau du pont de Char­let, doit per­mettre d’abais­ser le lit de la ri­vière de 1,5 mètre.

Tous ces ma­té­riaux se­ront sto­ckés jus­qu’à fin avril sur La Bourboule et sur un ter­rain mis à dis­po­si­tion par le maire de Saint­Sauves­d’Au­vergne. Au prin­temps, ils se­ront pro­gres­si­ve­ment re­mis à l’eau en aval du bar­rage de Saint­Sauves. « En ma­tière de ges­tion des ri­vières, il faut rendre à la ri­vière ce qui lui est pris ». Sur place, une tech­ni­cienne du Si­vom de la Haute­Dor­dogne s’as­sure de la bonne réa­li­sa­tion des opé­ra­tions. Ce cu­rage d’ur­gence n’est pas une fin en soi. « Après une pé­riode de sanc­tua­ri­sa­tion des ri­vières, nous sommes dé­sor­mais dans une pé­riode de ges­tion équi­li­brée des cours d’eau. La Dor­dogne est un tor­rent qui des­cend du San­cy et sa pre­mière zone de plat est La Bourboule. Les ma­té­riaux s’en­tassent là et il y a un be­soin d’as­su­rer la con­ti­nui­té éco­lo­gique. » Un pro­gramme plus glo­bal d’en­tre­tien de la Dor­dogne reste à éta­blir. Il es­père aus­si pou­voir faire équi­per la val­lée d’ins­tru­ments per­met­tant d’an­ti­ci­per les crues, « ce qui n’est pas le cas ac­tuel­le­ment. » ■

➔ Concer­ta­tion. « Mon­ter ce genre de dos­siers peut être com­pli­qué et long », re­con­naît Fran­çois Cons­tan­tin. Il sa­lue la bonne en­tente entre la mai­rie, la com­mu­nau­té de com­munes du Massif du San­cy qui fi­nance à hau­teur de 22.500 €, les ser­vices de l’État et les as­so­cia­tions de pê­cheurs.

T. LINDAUER

CU­RAGE. L’opé­ra­tion concerne une cen­taine de mètres en aval du pont du Char­let, où l’es­pace entre le lit de la Dor­dogne et l’ou­vrage se ré­duit.

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