Le fu­tur porte­avions sur les rails

■ Le suc­ces­seur du Charles­de­Gaulle of­fi­ciel­le­ment lan­cé, hier, de­puis le salon Eu­ro­na­val du Bour­get

La Montagne (Clermont-Limagne) - - France & Monde Actualités -

La mi­nistre des Ar­mées Flo­rence Par­ly a an­non­cé, hier, le lan­ce­ment du pro­gramme du fu­tur porte-avions qui suc­cé­de­ra au Charles-de-Gaulle.

«Le Charles­deGaulle au­ra be­soin d’un suc­ces­seur », a dé­cla­ré Flo­rence Par­ly, hier, au Bour­get, lors du salon d’Eu­ro­na­val, en lan­çant of­fi­ciel­le­ment le pro­gramme de re­nou­vel­le­ment du porte­avions de l’ar­mée fran­çaise. D’un mon­tant de 40 mil­lions d’euros, la phase d’études qui s’achè­ve­ra en 2020 doit per­mettre d’éta­blir l’ar­chi­tec­ture du fu­tur porte­avions et de po­ser les bases de l’or­ga­ni­sa­tion in­dus­trielle né­ces­saire pour le bâ­tir dans les dé­lais et les coûts.

La France ap­par­tient au club très fer­mé des pays dis­po­sant de porte­avions, ce qui lui ga­ran­tit une au­to­no­mie stra­té­gique sur les mers et la dote d’un ou­til de puis­sance mi­li­taire et di­plo­ma­tique.

Mais le Charles­de­Gaulle, qui a été en­ga­gé sur plu­sieurs théâtres d’opé­ra­tions, de l’Af­gha­nis­tan à la Li­bye en pas­sant par les frappes contre le groupe État is­la­mique, a vo­ca­tion à ter­mi­ner sa vie ac­tive au­tour de 2040.

Le na­vire­ami­ral de la ma­rine fran­çaise su­bit de­puis dé­but 2017 à Tou­lon une vaste ré­no­va­tion, longue de dix­huit mois, qui doit lui don­ner une se­conde vie pour les vingt pro­chaines an­nées.

Cette phase d’étude ser­ vi­ra à exa­mi­ner les me­naces que le fu­tur porte­avions de­vra af­fron­ter et les mis­sions qu’il de­vra ac­com­plir, mais aus­si à dé­ter­mi­ner ses ca­rac­té­ris­tiques et no­tam­ment sa ca­pa­ci­té d’ac­cueillir l’avion de com­bat du fu­tur, le Scaf, lan­cé en coopération avec l’Al­le­magne en 2017. La phase se­ra mise à pro­fit éga­le­ment pour étu­dier son mode de pro­pul­sion, nu­cléaire ou clas­sique, et les nou­velles tech­no­lo­gies qu’il se­ra ca­pable d’ac­cueillir, no­tam­ment les ca­ta­pultes élec­tro­ma­gné­tiques, dé­jà utilisées par la ma­rine des États­Unis.

Ce porte­avions de nou­velle gé­né­ra­tion de­vrait res­ter en ser­vice jus­qu’en 2080. Se­lon le mode de pro­pul­sion choi­si, il pour­ rait com­men­cer à être uti­li­sé avant le re­trait du Charles­de­Gaulle.

Un na­vire à pro­pul­sion conven­tion­nelle pour­rait être prêt trois ans avant un bâ­ti­ment à pro­pul­sion nu­cléaire, fait­on va­loir à l’Hô­tel de Brienne. A contra­rio, si cette der­nière est plus chère d’en­vi­ron 15 à 20 %, elle per­met d’avoir un na­vire en per­ma­nence à la mer en de­hors des grandes ré­no­va­tions, tous les dix ans.

Car l’im­mo­bi­li­sa­tion de­puis 2017 du Charles­deGaulle, qui prive le chef de l’État de cet ou­til de sou­ve­rai­ne­té na­tio­nale, a re­lan­cé le dé­bat sur l’op­por­tu­ni­té pour la France de dis­po­ser d’un se­cond porte­avions.

Flo­rence Par­ly a in­di­qué que cette ques­tion n’était pas tran­chée, et lui a don­né une di­men­sion eu­ro­péenne. « Nous pour­rons dé­ter­mi­ner aus­si le nombre d’uni­tés dont la France et l’Eu­rope au­ront be­soin à terme », a­t­elle dé­cla­ré. « Ne met­tons pas la char­rue avant les boeufs, le temps est à la concep­tion, et pas en­core à dé­ter­mi­ner com­bien de na­vires sont né­ces­saires », a­t­elle sou­li­gné.

Le chef d’état­ma­jor de la Ma­rine, l’ami­ral Ch­ris­tophe Pra­zuck, dé­fend cette « am­bi­tion » de dis­po­ser de deux bâ­ti­ments, qui per­met­trait d’as­su­rer une per­ma­nence à la mer. Il fait no­tam­ment va­loir qu’avant 1997, la ma­rine dis­po­sait du « Foch » et du « Clé­men­ceau ». ■

L’im­mo­bi­li­sa­tion du Char­lesde­Gaulle prive d’un ou­til de sou­ve­rai­ne­té na­tio­nale

PHO­TO AFP

AR­MÉE. Le Charles-de-Gaulle, qui su­bit de­puis dé­but 2017 à Tou­lon une vaste ré­no­va­tion de dix­huit mois, a vo­ca­tion à ter­mi­ner sa vie ac­tive au­tour de 2040.

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