Dix-huit mois ferme pour les coups de cou­teau

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Région Actualité - Sté­phane Bar­noin

Le 15 oc­tobre der­nier, l’em­ployé d’un ke­bab de Cler­mont-Fer­rand avait été bles­sé à l’arme blanche, suite à un dif­fé­rend avec un client. Le jeune homme a été condam­né, hier.

Nour Is­lam Souis­si est une fi­gure connue dans ce com­merce du bou­le­vard Tru­daine : il a l’ha­bi­tude d’y consom­mer des sand­wiches sans payer. Lais­sant à son père le soin d’ef­fa­cer l’ar­doise.

Le soir des faits, il pousse à nou­veau la porte du res­tau­rant, dans un état d’ex­ci­ta­tion avan­cé, pour se rem­plir l’es­to­mac. Face au re­fus du per­son­nel, le jeune homme entre dans une rage folle. Les me­naces qu’il pro­fère lui valent d’être re­pous­sé sans mé­na­ge­ment sur le trot­toir.

Six jours d’ITT

L’al­ter­ca­tion se pour­suit à l’ex­té­rieur. Puis la si­tua­tion semble s’apai­ser. Quelques mi­nutes plus tard, pour­tant, le même ré­ap­pa­raît, mu­ni cette fois d’un cou­teau, et as­sène trois coups à l’em­ployé qui l’avait écon­duit. La vic­time est tou­chée au bras, à la fesse et dans le dos. Des plaies qui jus­ti­fie­ront six jours d’ITT.

« C’est pas moi, j’ai ja­mais mis de coups de cou­teau, sûr et cer­tain. Ce qu’ils ont dit aux po­li­ciers, c’est que du men­songe », hurle le ré­ci­di­viste, très agi­té dans son box.

Le jeune homme a dé­jà ef­fec­tué plu­sieurs sé­jours en hô­pi­tal psy­chia­trique. L’ex­pert qui l’a exa­mi­né re­lève des « troubles de la per­son­na­li­té », une « ir­ri­ta­bi­li­té » et une « im­pul­si­vi­té » qui ali­mentent une « dan­ge­ro­si­té cri­mi­no­lo­gique ». Mais il écarte toute « ano­ma­lie men­tale » sus­cep­tible d’at­té­nuer la res­pon­sa­bi­li­té pé­nale du pré­ve­nu.

Poin­tant une per­son­na­li­té « par­ti­cu­liè­re­ment in­quié­tante », Bru­no Fauh, pour le par­quet, ré­clame un an de pri­son ferme. « Ex­ces­sif », juge Me Sa­by, en dé­fense. Le tri­bu­nal va pour­tant au­de­là des de­mandes du mi­nis­tère pu­blic : Nour Is­lam Souis­si écope de dix­huit mois de pri­son ferme, as­sor­tis d’un main­tien en dé­ten­tion. Les ma­gis­trats or­donnent aus­si la ré­vo­ca­tion d’un sur­sis an­té­rieur. Soit huit mois d’em­pri­son­ne­ment sup­plé­men­taires. ■

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