Avan­cer sur les ma­la­dies chro­niques

■ A Theix, un pré­cieux sou­tien pour l’équipe Mé­ta­bo­lisme pro­téique, nu­tri­tion et vieillis­se­ment

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Puy-de-dôme Actualité - Anne Bourges [email protected]­tre­france.com

Pour ses tra­vaux pro­met­teurs sur l’amé­lio­ra­tion de l’état de san­té des pa­tients souf­frant d’une ma­la­die chro­nique, l’équipe Im­pro­ving a dé­cro­ché le sou­tien de la Fon­da­tion pour la re­cherche mé­di­cale.

Au qua­trième étage de l’Uni­té de nu­tri­tion hu­maine ba­sée au centre In­ra de Theix, on mène une traque sin­gu­lière. La cible, ce sont les pa­tho­lo­gies as­so­ciées aux ma­la­dies chro­niques. Mais pas de pa­tients, ni de trai­te­ments dans ces la­bo­ra­toires. Ce sont les pro­téines que l’on met en culture et leur mé­ta­bo­lisme que l’on dis­sèque, que l’on me­sure, que l’on met à l’épreuve de nou­veaux ma­riages…

Ils ont ré­vé­lé une voie de dé­gra­da­tion des pro­téines

L’équipe Im­pro­ving (Mé­ta­bo­lisme pro­téique, nu­tri­tion et vieillis­se­ment), di­ri­gée par Pierre Fa­four­noux, n’est pas une pe­tite af­faire : on parle de vingt cher­cheurs et in­gé­nieurs ou bio­tech­ni­ciens en bio­chi­mie, phy­sio­lo­gie, phy­sio­lo­gie mo­lé­cu­laire…

Elle est née sous sa forme ac­tuelle de la fu­sion de deux équipes voi­sines et com­plé­men­taires. Elles pu­blient, de­puis vingt ans, des tra­vaux de ré­fé­ rence sur les mé­ca­nismes qui conduisent à la perte mus­cu­laire liée au vieillis­se­ment ou à di­verses pa­tho­lo­gies.

Elles ont no­tam­ment ré­vé­lé une voie de dé­gra­da­tion des pro­téines (l’ubi­qui­tine pro­téa­some). « On est aus­si à l’ori­gine du concept qui dit que les acides ami­nés peuvent ré­gu­ler l’ex­pres­sion des gènes […] On a pu mon­trer que ces gènes pou­vaient ré­gu­ler la prise ali­men­taire », ex­pliquent les di­rec­teurs de re­cherche, Ly­die Com­ba­ret et Alain Bru­hat.

396.000 eu­ros sur trois ans

La Fon­da­tion pour la re­cherche mé­di­cale (FFR) a dé­ci­dé de fi­nan­cer la suite, avec son la­bel et une en­ve­loppe de 396.000 € (sur trois ans), qui per­met­tra no­tam­ment de fi­nan­cer un poste de tech­ni­cien de re­cherche.

Le cadre gé­né­ral cible les per­tur­ba­tions du mé­ta­bo­lisme – liées à cer­tains can­cers et autres ma­la­dies chro­niques – qui en­traînent à la fois une perte im­por­tante de la masse mus­cu­laire et une ano­rexie. L’un, l’autre, ou les deux ag­gravent l’état de san­té du pa­tient et di­mi­nuent l’ef­fi­ca­ci­té du trai­te­ment. Trois axes de tra­vail ont été éta­blis : trou­ver les moyens de li­mi­ter la fonte mus­cu­laire, com­pen­ser les be­soins pour as­su­rer les fonc­tions vi­tales, et en­fin, com­prendre et contrer les si­gnaux qui conduisent à l’ano­rexie.

La fi­na­li­té, à moyen terme, est de « dé­ve­lop­per des stra­té­gies nu­tri­tion­nelles ou phar­ma­co­lo­giques », ré­sume Pierre Fa­four­noux. ■

PHO­TO PIERRE COUBLE

FI­NAN­CE­MENTS. Sans ar­gent, pas d’ou­tils. Le Bia­core de l’équipe, fi­nan­cé par l’Eu­rope et la Ré­gion, est uti­li­sé par de nom­breux la­bo­ra­toires : in­con­tour­nable mais seul du genre en Au­vergne.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.