Les af­faires di­mi­nuent mais la me­nace per­siste

■ Près de quatre ans après une vague d’at­ten­tats sans pré­cé­dent sur le sol fran­çais

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Attentats Du 13 Novembre 2015 -

Près de quatre ans après le dé­but d’une vague d’at­ten­tats sans pré­cé­dent, le nombre d’af­faires ter­ro­ristes di­mi­nue sur le bu­reau des en­quê­teurs mais la France reste confron­tée à une me­nace per­sis­tante.

« On n’avait pas connu d’été aus­si calme de­puis quatre ans », re­le­vait il y a quelques se­maines Fran­çois Mo­lins, le pro­cu­reur de Pa­ris qui a été confron­té à la mon­tée du dji­ha­disme ar­mé et s’ap­prête à prendre le poste de pre­mier pro­cu­reur de France à la Cour de cas­sa­tion.

Les rai­sons de cette ap­pa­rente ac­cal­mie sont mul­tiples : « Le dé­li­te­ment de Daesh, l’in­ter­dic­tion de sor­tie du ter­ri­toire et le tra­vail des ser­vices de ren­sei­gne­ment ont en­traî­né un ta­ris­se­ment des fi­lières », dé­taillait­il.

Sur les neuf pre­miers mois de l’an­née, la jus­tice an­ti­ter­ro­riste a été sai­sie de 84 dos­siers contre 130 sur la même pé­riode l’an der­nier, se­lon une source ju­di­ciaire.

Par­mi les sai­sines, des pro­jets d’at­ten­tats dé­joués et deux at­taques per­pé­trées en 2018 : l’équi­pée meur­trière de Trèbes et Car­cas­sonne en mars (quatre morts) puis l’at­taque au cou­teau dans le quar­tier Opé­ra à Pa­ris en mai (un mort), la der­nière en date.

D’im­por­tantes pertes

La me­nace reste néan­moins à un ni­veau éle­vé. L’at­ten­tion des au­to­ri­tés se fo­ca­lise prin­ci­pa­le­ment sur les pas­sages à l’acte de per­sonnes iso­lées et le sui­vi de dé­te­nus ra­di­ca­li­sés, no­tam­ment les « sor­tants », condam­nés pour ter­ro­risme et dé­sor­mais en fin de peine.

Pour contrer cette me­nace plus dif­fuse, un nou­vel ar­se­nal de lutte contre le ter­ro­risme a été adop­té, com­pre­nant no­tam­ment la créa­tion d’un par­quet na­tio­nal an­ti­ter­ro­riste (Pnat). Pour Laurent Nu­nez, l’an­cien pa­tron de la DGSI de­ve­nu se­cré­taire d’État à l’In­té­rieur, les rangs du groupe État is­la­mique « ont su­bi d’im­por­tantes pertes qui rendent moins pro­bable une at­taque pro­je­tée du type de celle du Ba­ta­clan », me­née par un com­man­do voi­ci trois ans.

Au­jourd’hui, « la prin­ci­pale me­nace concerne des in­di­vi­dus vi­vant en France et pas­sant à l’ac­tion avec des moyens ru­di­men­taires […] sou­ve­nons­nous de l’at­ten­tat de Nice » au moyen d’un ca­mion lan­cé sur la foule, a­t­il dé­cla­ré.

Après une sé­rie d’« actes de ter­ro­risme ex­pli­cites, fon­dés sur des tes­ta­ments ou des vi­déos d’al­lé­geance », la me­nace glisse au­jourd’hui dans une « sorte de zone grise dans la­quelle il peut être dif­fi­cile de dis­tin­guer ce qui re­lève de l’as­so­cia­tion de mal­fai­teur ter­ro­riste de ce qui re­lève des pro­blèmes psy­cho­lo­giques », ré­sume Fran­çois Mo­lins.

Par exemple cet été, un double meurtre au cou­teau à Trappes (Yve­lines) per­pé­tré par un homme avec des pro­blèmes psy­chia­triques n’a fi­na­le­ment pas fait l’ob­jet d’une qua­li­fi­ca­tion ter­ro­riste. A contra­rio, l’in­sta­bi­li­té psy­chia­trique ne suf­fit pas à écar­ter la mo­ti­va­tion ter­ro­riste. ■

PHO­TO AFP

LUTTE. Un nou­vel ar­se­nal a été adop­té pour contrer une me­nace dif­fuse.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.