Ru­ben Ga­do : « Tou­jours faire le meilleur »

■ Après une grande an­née 2018, le Cler­mon­tois est fa­vo­ri de l’hep­tath­lon, ce week­end

La Montagne (Clermont-Limagne) - - Sports Athlétisme - Fran­cis La­porte

Après les cham­pion­nats d’Eu­rope à la té­lé, mon nombre de fol­lo­wers sur Ins­ta­gram a bon­di de plus de 2.000 en un coup.

Ru­ben Ga­do mêle la mo­des­tie de l’homme et l’am­bi­tion du spor­tif. Au sor­tir d’une an­née de feu, le Cler­mon­tois en­dosse la te­nue du fa­vo­ri.

■ Deux re­cords ré­fé­rences, un titre de cham­pion de France, une sé­lec­tion aux Mon­diaux et aux Eu­rope : com­ment ex­pli­quez-vous cette réus­site 2018 ? La sai­son de l’an der­nier, à vrai dire, je vou­lais la faire en 2017. De­puis 2016, je sa­vais que je va­lais 8.000 points mais à la condi­tion de sor­tir le dé­cath­lon par­fait. En 2017, il m’a man­qué la bonne com­pète. Et en 2018, j’ai eu les bonnes condi­tions. Et puis, faire un grand cham­pion­nat (les Mon­diaux) m’a dé­blo­qué ath­lé­ti­que­ment par­lant. J’étais en confiance, aus­si. J’ai beau­coup tra­vaillé le men­tal. J’ai pris un pré­pa­ra­teur pour ça, pour évo­luer. En­fin j’avais en­vie de mon­trer que je pou­vais frap­per fort.

■ Dans cette liste de suc­cès, le plus im­por­tant ? En pre­mier, les 8.000 points. C’est une pe­tite bar­rière my­thique comme 2 m à la hau­teur, 5 m à la perche. Beau­coup de monde l’a fait, mais c’est re­pré­sen­ta­tif. On rentre dans la cour des grands. Mais je ne vais pas me li­mi­ter là ; j’ai en­vie d’al­ler beau­coup plus loin.

■ Dans un pre­mier temps… Au jour d’au­jourd’hui, les 8.300 points, je sais que c’est fai­sable. Quand je re­garde mes perfs, j’ai de la marge au poids, au ja­ve­lot, au disque, à la perche. Mon dé­ca par­fait ? Il mon­te­rait à 8.422 points. Au dé­cath­lon, le to­tal dé­bloque tout le reste, les sé­lec­tions, la no­to­rié­té.

■ Vous avez res­sen­ti un chan­ge­ment de sta­tut ? Au point de vue ath­lé­tisme, je le sens, pas sur le titre mais les 8.000 points et la place de 2e Fran­çais der­rière Ke­vin Mayer. Main­te­nant, je re­pré­sente la France der­rière la té­lé et ce­la change le re­gard des gens. Alors que moi, je n’ai pas chan­gé. Ça me pousse à très bien faire et par­fois ça me met un peu de pres­sion.

■ Cette no­to­rié­té semble vous tou­cher. Oui, car je suis quel­qu’un d’as­sez dis­cret. Je manque d’au­dace. Je ne joue pas là­des­sus, si­non j’au­rais l’im­pres­sion de me van­ter. En fait, d’un cô­té, je ne veux pas être en­glou­ti mais de l’autre, je veux en pro­fi­ter pour évo­luer en bien. Aux Eu­rope, par exemple, j’ai vou­lu mon­trer que le vrai Ru­ben Ga­do est un com­pé­ti­teur. Faire un zé­ro (à la lon­gueur )et conti­nuer (avec un re­cord au 400 m), ce­la de­mande beau­coup. J’ai aus­si plus de de­mandes de la presse, d’or­ga­ni­sa­teurs. Les jeunes de­mandent des pho­tos. Sur Ins­ta­gram, après les Eu­rope, mon nombre de fol­lo­wers a bon­di de plus de 2.000 en un coup. Or, je ne suis pas bran­ché ré­seaux so­ciaux. Je dois tra­vailler là­des­sus et as­su­rer un rang alors que ma na­ture est plus en re­trait.

■ Vous consi­dé­rez-vous comme le nu­mé­ro 2 fran­çais der­rière Ke­vin Mayer ? Lui, il prend tout l’es­pace. En France, on est ré­fé­ren­cé à Ke­vin, et c’est nor­mal. On n’est pas dans la même cour. Il est cham­pion du monde de­puis ca­det et, au­jourd’hui, re­cord­man du monde. Ma place 2018 est celle de nu­mé­ro 2 mais ma meilleure per­for­mance en France ne me place pas là. En fait, je me vois comme quel­qu’un qui a en­vie de pro­gres­ser et si on passe de­vant moi, ce­la me don­ne­ra en­vie d’être en­core meilleur.

■ En l’ab­sence de Ke­vin Mayer, ce week-end, vous voi­là fa­vo­ri. (Sou­rire) C’est la pos­ture que je n’aime pas spé­cia­le­ment. Avant, j’étais out­si­der, une place plus confor­table. J’ai­mais bien Ru­ben Ga­do l’ef­fet de sur­prise, quand il n’y avait pas de ré­fé­rence sur moi. En plus, là c’est à la mai­son. Et je joue sur une nou­velle sen­sa­tion, la fa­tigue psy­cho­lo­gique, parce que j’ai beau­coup don­né l’an der­nier.

■ Quel est votre état de forme ?

J’ai la se­maine der­nière dans les jambes, la fa­tigue phy­sique de l’en­traî­ne­ment et des deux com­pé­ti­tions (le Mee­ting des Vol­cans sa­me­di, les lan­cers longs di­manche) mais, cette se­maine, je fais du jus.

■ Votre ob­jec­tif, ce week-end ?

Réa­li­ser la meilleure per­for­mance pos­sible et, si je peux, car c’est ma pre­mière com­pète, al­ler cher­cher la pre­mière place.

■ Et pour 2019 ? Sur la sai­son, si je suis en forme, battre mon re­cord, prendre un titre en salle que je n’ai pas et une su­per place aux Eu­rope. Cet été, être aux Mon­diaux, sor­tir la qua­lif le plus tôt pos­sible, peut­être à Göt­zis (en mai). En somme, c’est simple, tou­jours faire le meilleur. ■

PHO­TO FRAN­CIS CAMPAGNONI

GA­DO. Seul ath­lète du mee­ting à avoir to­ta­li­sé plus de 6.000 points à l’hep­tath­lon, en 2018.

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