L’au­to­route A75 peut-elle de­ve­nir payante ?

TRAN­SPORTS

La Montagne (Clermont-Volcans) - - La Une - Phi­lippe Cros

L’A75 payante… Fran­che­ment, on a du mal à ima­gi­ner que la Mé­ri­dienne, qui conduit les Au­ver­gnats jus­qu’à la Mé­di­ter­ra­née de­puis vingt ans, puisse de­ve­nir une au­to­route à péage, à court ou moyen terme.

Vincent Ma­lon, se­cré­taire de l’union fédérale CGT à la Di­rec­tion in­ter­dé­par­te­men­tale des routes (DIR) du Mas­sif cen­tral, n’est pas si ca­té­go­rique, au point d’ap­pe­ler les agents à une grève re­con­duc­tible à par­tir du 22 mai.

« L’A75 est en train de se dé­gra­der »

« C’est plus que pos­sible, as­sure­t­il. Quand on en­tend la mi­nistre dire “on va mettre des sous mais ce n’est pas nous qui al­lons payer”, on sait ce que ce­la veut dire : ils mettent un mil­liard d’eu­ros sur la ta­ ble, sauf que ce n’est pas eux qui les mettent, ce sont les usa­gers. »

Dans le cadre de la loi d’orien­ta­tion sur les mo­bi­li­tés à ve­nir, la vo­lon­té du gou­ver­ne­ment est de fi­nan­cer « un plan de sau­ve­garde des routes na­tio­nales », qui doit per­mettre de dé­pen­ser un mil­liard d’eu­ros par an sur des tra­vaux d’en­tre­tien et non plus 800.000 € comme cette an­née. Il reste une équa­tion à ré­soudre : où trou­ver l’ar­gent ?

« Cette pro­gram­ma­tion, a pré­ve­nu Éli­sa­beth Borne, mi­nistre des Trans­ ports, de­vra s’ap­puyer sur des res­sources fi­nan­cières so­lides et pé­rennes, en pri­vi­lé­giant, chaque fois que c’est pos­sible, le paie­ment par l’usa­ger ou par le bé­né­fi­ciaire fi­nal des pro­jets. »

En at­ten­dant le pro­jet de loi (es­pé­ré avant l’été), les pre­mières me­sures évo­quées parlent « d’élar­gir la mise à péage à de nou­veaux types de voies », no­tam­ment pour créer des péages ur­bains. Et les au­to­routes gra­tuites non concé­dées (25 % du ré­seau na­tio­nal) pour­raient bien être les pre­mières sur la liste : au­cune n’est ci­blée, pas plus ni moins l’A75 qu’une autre. D’ailleurs, per­sonne ne confirme que cette op­tion tient la corde. « Je n’ai ja­mais en­ten­du par­ler d’un tel pro­jet », ré­agit le sé­na­teur LR Jean­Marc Boyer, deux jours après l’au­di­tion de la mi­nistre au Sé­nat.

Autre op­tion : faire payer les poids lourds

L’évi­dence est que l’A75 a éga­le­ment be­soin de ces tra­vaux de ré­no­va­tion : « Il faut mettre de l’ar­gent, té­moigne Vincent Ma­lon. On le voit au quo­ti­dien : la route est en train de se dé­gra­der, par exemple à Mas­siac et dans les vi­rages de Coudes. Il est pré­co­ni­sé un re­nou­vel­le­ment des couches entre 10 et 15 ans, nous, on est à plus de 22 ans. »

La créa­tion de péages n’est pas la seule op­tion sur la table : le gou­ver­ne­ment en­vi­sage éga­le­ment la créa­tion d’une vi­gnette des­ti­née aux poids lourds, étran­gers com­pris, dont la re­cette se­rait flé­chée vers le fi­nan­ce­ment des infrastructures rou­tières.

Il fau­dra at­tendre la pré­sen­ta­tion du pro­jet de loi pour en sa­voir plus.

PHOTO FRAN­CIS CAMPAGNONI

BITUME. L’au­to­route A75 est longue de 335 km et ser­pente à tra­vers le Puy-de-Dôme, la Haute-Loire, le Can­tal, la Lo­zère, l’Avey­ron et l’Hé­rault.

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