CONTRE

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Le Fait Du Jour -

La gra­tui­té to­tale des tran­sports pu­blics pose un pro­blème de coût pour une mé­tro­pole de la di­men­sion de Cler­mont-Fer­rand. Il faut trou­ver 15 mil­lions d’eu­ros tous les ans pour le fonc­tion­ne­ment et an­ti­ci­per des in­ves­tis­se­ments pour ac­com­pa­gner la hausse de fré­quen­ta­tion.

ÀC­ler­montFer­rand, la gra­tui­té des tran­sports pu­blics est por­tée en so­li­taire par le Par­ti com­mu­niste, membre de la ma­jo­ri­té mu­ni­ci­pale. C’est pour ce­la que le su­jet était sur les ta­blettes des ren­contres ci­toyennes de la mo­bi­li­té, or­ga­ni­sées en 2016. La vingt­deuxième et der­nière pro­po­si­tion pré­voyait de me­ner une étude pour « en me­su­rer les ef­fets et les consé­quences éco­no­miques, so­ciales, en­vi­ron­ne­men­tales ». A prio­ri, les élus mé­tro­po­li­tains sont lar­ge­ment op­po­sés à l’idée.

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C’est un coût trop im­por­tant.

Il suf­fit d’ef­fleu­rer le su­jet et vous au­rez tou­jours quel­qu’un pour vous dire : « Rien n’est gra­tuit, il y a tou­jours quel­qu’un qui paye. » À Cler­mont­Fer­rand, on connaît dé­jà le mon­tant de la fac­ture : 15 mil­lions d’eu­ros par an.

C’est en gros le mon­tant des re­cettes com­mer­ciales du trans­port pu­blic, sur 100 mil­lions de re­cettes to­tales en 2017. Les sub­ven­tions pu­bliques ont été de 16,7 mil­lions et le ver­se­ment trans­port de 63,3 mil­lions. « Au­jourd’hui, nous avons un équi­libre sur trois pieds, ce­la fonc­tionne bien ain­si », es­time Fran­çois Rage, pré­sident du syn­di­cat mixte des tran­sports de l’ag­glo cler­mon­toise (SMTC).

C’est simple : si on sup­prime « le pied » billet­te­rie, il faut que les deux autres – ou l’un des deux – contri­buent pour 15 mil­lions. Le ver­se­ment trans­port, c’est une co­ti­sa­tion payée par les en­tre­prises pri­vées (70 % du mon­tant) et les éta­blis­se­ments pu­blics, sur la base d’un taux, pour l’ins­tant fixé à 1,8 % (le maxi­mum est à 2 %).

« En le pas­sant à 2, on peut trou­ver la moi­tié des 15 mil­lions », dé­fend Cy­ril Ci­neux, ad­joint PCF au maire de Cler­mont, avo­cat de la gra­tui­té. Sauf que c’est faire payer en­tre­prises et éta­blis­se­ments pu­blics à la place des usa­gers. Et puis, ce 0,2 % pour­rait bien être ac­ti­vé pour in­ves­tir sur les pro­jets de mise en site propre des lignes B et C, 150 mil­lions d’eu­ros a mi­ni­ma avec une so­lu­tion bus. « Prendre le dos­sier par l’as­pect fi­nan­cier est une er­reur, plaide Cy­ril Ci­neux. Il faut d’abord re­gar­der ce que ce­la peut ap­por­ter ; après c’est un choix po­li­tique. »

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Il existe la tarification so­li­daire.

Face à la gra­tui­té, il y a l’ar­gu­ment de la tarification so­li­daire, ap­pli­quée à Cler­mont de­puis juillet 2015. C’est au­jourd’hui 48 % des 41.319 abon­nés 2017, qui payent pour cer­tains 3,80 € pour une uti­li­sa­tion illi­mi­tée des tran­sports pu­blics.

« La mise en place de ta­ri­fi­ca­tions so­ciales » est dé­fen­due au ni­veau na­tio­nal par le Grou­pe­ment des au­to­ri­tés res­pon­sables de trans­port, qui re­groupe les SMTC de France, et l’Union des tran­sports pu­blics, qui re­groupe les T2C.

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La prio­ri­té, c’est la qua­li­té du ser­vice, pas la gra­tui­té.

C’est la po­si­tion d’Oli­vier Bian­chi, maire de Cler­mont et pré­sident de la mé­tro­pole : « Le pro­blème ce n’est pas la gra­tui­té mais c’est d’avoir un ré­seau ef­fi­cient : c’est ça l’at­tente so­ciale des ha­bi­tants et c’est là que nous de­vons in­ves­tir. »

Et dans la mé­tro­pole de Cler­mont­Fer­rand, il y a en­core du che­min à faire avec une seule vé­ri­table ligne en site propre, of­frant un ser­vice per­for­mant aux usa­gers, celle du tram­way. « La prio­ri­té est la qua­li­té du ser­vice, as­sure Fran­çois Rage. Et si l’on n’in­ves­tit pas sur cette qua­li­té, on ne fe­ra pas chan­ger les ha­bi­tudes des gens. »

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