Cler­mont-Fer­rand vu de ses toits

A leurs risques et pé­rils, ils montent au som­met des bâ­ti­ments de la ville À Cler­mont-Fer­rand, cer­tains n’hé­sitent pas à es­ca­la­der les toits des bâ­ti­ments ré­vé­lant ain­si la ville sous un angle nou­veau. À leurs risques et pé­rils.

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Clermont Vivre Sa Ville - Pierre Pey­ret pierre.pey­ret@cen­tre­france.com

Acro­pho­biques s’abs­te­nir. De l’ex­plo­ra­tion ur­baine, on connais­sait sur­tout les ama­teurs de friches in­dus­trielles et autres lieux aban­don­nés. De­puis plu­sieurs mois main­te­nant, ils sont une poi­gnée à avoir fait des toits de Cler­montFer­rand leur ter­rain de jeu.

Sur Ins­ta­gram, où ces adeptes de l’ex­plo­ra­tion ur­baine ver­sion toits postent leurs photos, on peut ain­si les aper­ce­voir les pieds dans le vide au som­met d’un bâ­ti­ment de la place de Jaude – où ils s’amusent aus­si à tendre des ha­macs au­des­sus du Car­ré Jaude.

Mais aus­si en train de sur­plom­ber tran­quille­ment la rue Phi­lippe­Mar­combes de­puis le toit de l’hô­tel de ville. Le stade Mar­cel­Mi­che­lin, c’est de­puis les hau­teurs de l’en­ceinte qu’ils le scrutent de nuit.

En ar­rière­plan, la Chaîne des puys com­plète cet im­pres­sion­nant panorama. Au­tant de photos, le plus sou­vent prises au cré­pus­cule, qui donnent à voir la ville sous un angle nou­veau. Loin des prises de vue ha­bi­tuelles. « C’est plus calme sur les toits. On a une vraie im­pres­sion de li­ber­té. Les rues de­viennent des ca­nyons » ex­plique Ga­bin. De­puis une pe­tite an­née, il fait par­tie de ces pra­ti­quants du par­kour qui ont pris de la hau­teur. Au gré de leurs sor­ties, où ils fran­chissent le mo­bi­lier ur­bain qui s’offre à eux, les toits se sont pré­sen­tés sur leur par­cours, comme une suite lo­gique.

« Avec l’ex­plo­ra­tion ur­baine sur les toits, on est dans la dé­cou­verte. On pousse notre li­ber­té de mouvement le plus loin pos­sible. On va là où notre corps le per­met. » En l’oc­cur­rence sur les toits, après une phase de re­pé­rage, puis d’in­fil­tra­tion et d’es­ca­lade.

Ce qu’ils re­cherchent ? « L’ar­chi­tec­ture sin­gu­lière et des bâ­ti­ments amu­sants à grim­per ». Le double toit de la tour fan­tôme Home Dome ou les py­ra­mides de Sig­ma lui re­viennent en tête. Avec une pré­fé­rence tou­te­fois pour les édi­fices re­li­gieux, comme la cha­pelle des Minimes place de Jaude. « Avec ces bâ­ti­ments­là, il y a un vrai as­pect de som­met, il y a un but ! »

Si les photos hyp­no­tisent par leur cô­té presque sur­réa­liste, elles in­quiètent aus­si. Pas be­soin de ren­trer dans les dé­tails si une chute lors de leur as­cen­sion ve­nait à se pro­duire…

Dan­ge­reuse, la pratique est aus­si illé­gale. Les toits qu’ils gra­vissent sont ceux de pro­prié­tés pri­vées. « On s’est dé­jà fait contrô­ler nos iden­ti­tés mais ils nous laissent par­tir. Ils voient que nous ne fai­sons rien de mal. On n’entre ja­mais par ef­frac­tion. Sur place, on ne touche ja­mais à rien. On laisse le lieu comme on l’a trou­vé. »

➔ Sur in­ter­net. Les photos sont mises en ligne sur Ins­ta­gram, via no­tam­ment des tags comme #ur­bex #rootf­top #cha­sing – roof­tops

PHOTO INS­TA­GRAM

HÔ­TEL DE VILLE. Rue Phi­lippe-Mar­combes, avec Notre-Dame-de-l’As­somp­tion et la Chaîne des puys qui se des­sinent au loin.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.