Au­bière dé­bor­dé par les cartes d’iden­ti­té

De­puis la ré­forme, les de­mandes ex­plosent et les em­ployés de la mai­rie se disent à bout En moins d’un an, la mai­rie d’Au­bière a vu le nombre de de­mandes de cartes d’iden­ti­té dou­bler. Une si­tua­tion qui en­gendre in­ci­vi­li­tés et dé­penses im­po­sées.

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Puy-de-dôme Actualité - Sid Be­nah­med sid.be­nah­med@cen­tre­france.com

1.475 de­mandes de­puis le dé­but de l’an­née

Àla mai­rie d’Au­bière, la co­lère se dis­pute à l’épui­se­ment. Avec la mise en place du tout bio­mé­trique, Au­bière est de­ve­nue l’une des vingt­deux com­munes puy­dô­moises équi­pées d’un dis­po­si­tif de re­cueil des de­mandes de cartes d’iden­ti­té. Un nou­veau sta­tut qui semble n’avoir que des in­con­vé­nients : « On ne re­con­naît plus notre mé­tier, dé­plore San­drine De­labre, responsable des ser­vices à la po­pu­la­tion au sein de la mai­rie. Il a chan­gé, mais pas de la bonne ma­nière. »

En 2016, 1.609 de­mandes de cartes d’iden­ti­té ont été ins­truites au ni­veau de la com­mune. À titre de com­pa­rai­son, ce chiffre grimpe à 1.475 sur le seul pre­mier se­mestre de cette an­née. Une hausse des de­mandes qui mo­no­po­lise tout le per­son­nel de la mai­rie : « Les ser­vices à la po­pu­la­tion ne se li­mitent pas à ins­truire des de­mandes de titres. Ils ont aus­si à gé­rer l’état­ci­vil dont l’ar­ri­vée des Pacs (dé­jà 41 en­re­gis­trés, N.D.L.R.), les af­faires fu­né­raires, les élec­tions… La dif­fi­cul­té avec l’ar­ri­vée de la ré­forme des titres d’iden­ti­té re­pose sur la pos­si­bi­li­té de conci­lier toutes ces mis­sions avec les mêmes ef­fec­tifs », ex­plique San­drine De­labre.

De­puis l’en­trée en vi­gueur de la ré­forme de la carte na­tio­nale d’iden­ti­té (CNI) en mars 2017, les com­munes sé­lec­tion­nées ont connu un en­gorge­ ment in­édit de leurs ser­vices. À Au­bière, les plan­nings de ren­dez­vous sont com­plets jus­qu’au 12 sep­tembre, ce qui n’em­pêche pas les de­mandes d’af­fluer. La mai­rie a donc dé­ci­dé d’aug­men­ter son am­pli­tude ho­raire, la pas­sant à 45 heures par se­maine, pour un ser­vice con­ti­nu de 8 heures à 17 heures. Mal­gré ces ef­forts, les ten­ sions de­meurent, aus­si bien pour le per­son­nel de la mai­rie que pour les de­man­deurs. San­drine De­labre in­dique même une aug­men­ta­tion si­gni­fi­ca­tive des agres­sions en tout genre : « Nous sommes confron­tés à un nombre crois­sant d’in­ci­vi­li­tés. La der­nière fois, une em­ployée a même failli être frap­pée avec une chaise. Les gens ne com­prennent pas que nous ne sommes que des in­ter­mé­diaires, nous ne fai­sons qu’ap­pli­quer les consignes de la pré­fec­ture. »

« Plus de tra­vail, mais pas plus de moyens »

Face à cette si­tua­tion, Ch­ris­tian Sin­sard, maire d’Au­bière, n’a pas tar­dé à ré­agir. D’abord avec la mise en place d’un stan­dard au­to­ma­ti­sé, d’un mon­tant de 3.000 €, afin de « mettre un terme à la ca­co­pho­nie des té­lé­phones ». En­suite, pour mieux faire face à l’aug­men­ta­tion des in­ci­vi­li­tés, la mai­rie a in­ves­ti 7.000 € dans un sys­tème de vi­déo­sur­veillance. Certes, une par­tie de ces frais est com­pen­sée par le ver­se­ment d’une do­ta­tion de 8.580 € aux mai­ries équi­pées de dis­po­si­tifs de re­cueil. Un mon­tant ma­jo­ré de 3.550 € au­de­là de 1.875 de­mandes de titres trai­tées. « In­suf­fi­sant » ré­pond Ch­ris­tian Sin­sard : « On a beau­coup plus de tra­vail mais pas plus de moyens. Ce qu’il nous faut, c’est un em­ployé sup­plé­men­taire. Mais quand bien même nous au­rions les moyens d’em­bau­cher, il fau­drait pous­ser les murs de la mai­rie ! »

RÉ­FORME. Au­bière est l’une des vingt-deux com­munes puy­dô­moises ha­bi­li­tées à trai­ter les de­mandes de cartes d’iden­ti­té.

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