Les trois so­lu­tions en­vi­sa­gées pour re­dy­na­mi­ser le Tour

Pour que le Tour de France re­trouve du sus­pense, et donc un peu d’in­té­rêt, trois pistes peuvent être ex­plo­rées.

La Montagne (Clermont-Volcans) - - Sptorut S R De L'farca Tu Ncn E A2ti0o1na8le -

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Des for­mats de par­cours dif­fé­rents.

L’ex­pé­rience d’une étape très courte de mon­tagne (65 km cette fois), afin de li­mi­ter l’im­por­tance du col­lec­tif, est ap­pe­lée à être re­nou­ve­lée. Même si, re­lève le di­rec­teur du Tour, « c’est l’étape clas­sique des Py­ré­nées (200 km) qui a été la plus belle ».

Son di­rec­teur de course, Thier­ry Gou­ve­nou, pré­voit de cher­cher en­core et tou­jours des pentes raides pour of­frir un ter­rain fa­vo­rable aux grim­peurs et aux at­ta­quants. « On le fait de­puis 2012, rap­pelle ce­pen­dant Ch­ris­tian Prud­homme. Pour le Tour 2019, 90 % du par­cours est dé­jà tra­cé. »

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L’in­ter­dic­tion de la tech­no­lo­gie en course.

De l’in­ter­dic­tion des oreillettes, un su­jet de li­tige entre les or­ga­ni­sa­teurs du Tour et les équipes voi­ci quelques an­nées, le dé­bat s’est dé­ pla­cé sur les cap­teurs de puis­sance qui four­nissent les da­tas aux cou­reurs en temps réel, pour mo­du­ler et cal­cu­ler leur ef­fort. La tac­tique en course se fait en fonc­tion de ces don­nées et l’avan­tage est re­don­né du coup à la dé­fense, or­ga­ni­sée si né­ces­saire dans les voi­tures sui­ veuses, par les di­rec­teurs spor­tifs. « Il faut que les cou­reurs agissent avec ins­tinct », in­sis­tait pen­dant le Tour Jean­Re­né Ber­nau­deau dans Le Fi­ga­ro . « Il faut sup­pri­mer les oreillettes. Les cap­teurs, on les uti­lise pour pré­pa­rer les cou­reurs mais, si c’était sup­pri­mé en course, on le vi­vrait bien aus­si. La For­mule 1 a éta­bli des règles pour fa­vo­ri­ser l’at­trac­ti­vi­té, contre les fa­bri­cants de mo­teurs. Il y a des choses à faire dans le cy­clisme, il faut faire vite. »

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Le pla­fon­ne­ment des bud­get.

C’est le fac­teur le plus im­por­tant, de l’avis de la plu­part des ac­teurs consul­tés. « Le vrai pro­blème est lié à l’as­pect fi­nan­cier: Sky a un bud­get qui est très su­pé­rieur au deuxième bud­get du WorldTour”, constate Phi­lippe Mau­duit, qui di­rige une équipe ri­vale (Emi­rats).

« Le pe­lo­ton s’est énor­mé­ment pro­fes­sion­na­li­sé, le ni­veau s’est res­ser­ré. La dif­fé­rence se fait sur la masse sa­la­riale », in­siste­t­il. Sans ca­cher le pro­blème qui se pose : « Il fau­dra faire quelque chose si on veut gar­der l’at­trac­ti­vi­té du cy­clisme à un haut ni­veau. Les mé­dias s’étouffent et, à par­tir du mo­ment où ils ne sont plus en­joués de ce qu’ils voient, ils le re­trans­mettent au pu­blic. »

« Il fau­dra peut­être pas­ser par un “sa­la­ry cap” (pla­fon­ne­ment des sa­laires), ajoute­t­il. En NBA, ça fonc­tionne. » Ch­ris­tian Prud­homme évoque du bout des lèvres ­ le su­jet est du res­sort de la fé­dé­ra­tion in­ter­na­tio­nale ­ la même di­rec­tion : « On peut se dire qu’une ré­par­ti­tion des forces comme ce­la existe en NBA peut avoir du sens. »

In­ter­ro­gé, le pré­sident de l’UCI ré­pond : « Il y a tou­jours eu des équipes avec des moyens su­pé­rieurs. Mais j’ai an­non­cé pen­dant ma cam­pagne élec­to­rale la créa­tion d’un groupe de tra­vail sur l’at­trac­ti­vi­té des courses. Ce se­ra fait avant la fin de l’an­née, avec des cou­reurs, des or­ga­ni­sa­teurs, des pro­duc­teurs TV, des jour­na­listes. Il y au­ra des pro­po­si­tions, on ne s’in­ter­dit rien. »

PHO­TO RI­CHARD BRU­NEL

PISTE. Faut-il sup­pri­mer les oreillettes ?

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