De vieilles pierres pro­té­gées en Li­mou­sin

La Montagne (Corrèze) - - La Une - Syl­vain Com­père syl­vain.com­pere@cen­tre­france.com

■ CORRÈZE. Les fa­çades, la toi­ture et la cage d’es­ca­lier du châ­teau de Vaux, si­tué à Sar­roux­Saint­Ju­lien, sont ins­crites de­puis le 8 dé­cembre 2017 au re­gistre des mo­nu­ments his­to­riques.

■ GAY-LUSSAC. Le plus vieux ly­cée de Li­moges et du Li­mou­sin est aus­si dé­sor­mais pro­té­gé dans sa qua­si­to­ta­li­té au titre des mo­nu­ments his­to­riques. Comme d’autres sites de la ré­gion.

La qua­si-to­ta­li­té du vaste en­semble que consti­tue le ly­cée Gay-Lussac à Li­moges est dé­sor­mais pro­té­gé. L’his­toire de ce mo­nu­ment his­to­rique s’étale sur cinq siècles.

Mi­chel Tou­let ne cache pas sa joie. De­puis des an­nées, pour ne pas dire des dé­cen­nies, l’as­so­cia­tion Re­nais­sance du Vieux Li­moges (RVL) de­man­dait la pro­tec­tion de la cha­pelle du ly­cée Gay­Lussac. Elle a ob­te­nu sa­tis­fac­tion en guise de ca­deau de Noël !

C’est en ef­fet en dé­cembre der­nier que la dé­ci­sion a été fi­na­le­ment prise par le mi­nis­tère de la Cul­ture. D’autres par­ties de cet en­semble im­mo­bi­lier com­po­site étaient dé­jà pro­té­gées, comme la fa­çade du bâ­ti­ment prin­ci­pal conçue par le même ar­chi­tecte que le pa­lais de l’Evê­ché, Jo­seph Brous­seau. Il en va de même de l’en­trée d’ori­gine du « Col­lège » qui ou­vrit ses portes à Li­moges en 1583. L’ou­ver­ture du plus vieil éta­blis­se­ment d’en­sei­gne­ment de Li­moges est re­tar­dée à l’époque pour cause… de peste !

Plus de 10 ans. « Les clo­che­tons étaient dé­jà pro­té­gés, rap­pelle Mi­chel Tou­let, mais pas la cha­pelle dans son en­semble ! » Le dos­sier est donc consti­tué par RVL pour ob­te­nir le clas­se­ment et la pro­tec­tion de ce mo­nu­ment, dé­sa­cra­li­sé en 1926, et uti­li­sé de­puis comme salle de sport ou salle d’ex­po­si­tion tem­po­raire… Mais l’as­so­cia­tion des an­ciens élèves, par­mi les­quels Ber­nard Gorse, pro­fite de l’oc­ca­sion pour de­man­der l’exa­men du cas d’autres par­ties du ly­cée, comme le parc ou l’aile scien­ti­fique construite en 1934. Ce­la fait plus de dix ans que la de­mande a été for­mu­lée…

Com­plexe. Le trai­te­ment de ce dos­sier peut pa­raître long, mais il faut dire qu’il est com­plexe : « la pro­prié­té de la cha­pelle, comme celle du ly­cée, a été trans­fé­rée à la Ré­gion par les lois de dé­cen­tra­li­sa­tion de 1982 et 1983. Mais la si­gna­ture de ce trans­fert ne s’est ja­mais faite, ob­serve Mi­chel Tou­let. Dès lors, les murs ap­par­tiennent tou­jours à la mai­rie… Quant au ré­table qui est à l’in­té­rieur, il ap­par­tient lui au CHU, qui n’a pro­ba­ble­ment pas les moyens d’en as­su­rer la res­tau­ra­tion… »

Et le ly­cée im­pé­rial ?

Mi­chel Tou­let sa­lue le tra­vail des services des mo­nu­ments his­to­riques, qui a per­mis de com­plé­ter la pro­tec­tion de cet en­semble, aus­si hé­té­ro­clite que sym­bo­lique de l’his­toire et de l’ar­chi­tec­ture ré­gio­nale.

Hor­mis sa par­tie la plus ré­cente, la qua­si­to­ta­li­té du ly­cée Gay­Lussac est main­te­nant pro­té­gée. Il reste tou­te­fois une par­tie qui n’a à ce jour fait l’ob­jet d’au­cune de­mande de clas­se­ment au titre des mo­nu­ments his­to­riques : l’in­ter­nat ou « ly­cée im­pé­rial » si­tué en face du car­re­four Tour­ny. Un constat que semble dé­jà re­gret­ter Mi­chel Tou­let…

Un en­semble aus­si hé­té­ro­clite que sym­bo­lique

Pho­to de fond : © Google Earth

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