L’ar­ti­fi­cier Miles est res­té un en­fant

Le CSP et son in­té­rieur amé­ri­cain se dé­placent à Stras­bourg, ce soir (18 h 30)

La Montagne (Corrèze) - - Sports Basket-ball - Mat­thieu Ma­rot Twit­ter : @Mat­thieuMa­rot7 (*) Il n’aban­donne ja­mais.

Le roo­kie cô­toyé lors de la sai­son 2016-2017 à Di­jon par Jo Pas­save Duc­teil, l’an­cien pi­vot du CSP, est re­ve­nu en Jeep Elite par la grande porte après une ex­pé­rience en Tur­quie.

Si cer­tains joueurs peuvent lais­ser trans­pi­rer leurs doutes sur un ter­rain de bas­ket, ce n’est pas le cas d’Isaiah Miles. Le nou­vel in­té­rieur du Li­moges CSP n’est pas du genre à co­gi­ter. « Dans sa tête, il n’y a pas beau­coup d’hé­si­ta­tions. Lui, c’est “ne­ver give up” (*). Il peut ra­ter quatre shoots de suite, il pren­dra quand même le cin­quième. Et s’il le met, il le cé­lé­bre­ra comme s’il était à cinq sur cinq. C’est sa force », dit de lui Jo Pas­save Duc­teil, son an­cien co­équi­pier sous les cou­leurs de Di­jon.

Les deux hommes ont par­ta­gé la même ra­quette lors de la sai­son 2016­2017. Pas la meilleure du club bour­gui­gnon. D’ailleurs, plu­sieurs fois dans la sai­son, le roo­kie de Bal­ti­more s’est re­trou­vé sur la sel­lette. « Parce qu’il faut tou­jours un bouc émis­saire quand la si­tua­tion va mal », coupe aus­si­tôt Jo Pas­save Duc­teil. Isaiah Miles n’a rien ou­blié de cette pre­mière ex­pé­rience en Eu­rope : « On se bat­tait pour ne pas des­cendre en deuxième di­vi­sion. Ce­la a été dur d’être loin de chez moi pen­dant dix mois. Sur­tout pour moi, le grand gar­çon à sa ma­man (rire). »

Naïf et pro­vo­ca­teur

Pour Jo Pas­save Duc­teil, le po­ten­tiel de son jeune co­équi­pier ne fai­sait pour­tant pas l’ombre d’un doute. « J’ai vite com­pris qu’il était le plus ta­len­tueux de notre équipe. Il avait la ca­pa­ci­té de shoo­ter et de prendre des re­bonds of­fen­sifs avec ses qua­li­tés ath­lé­tiques au­des­sus de la moyenne », rem­bo­bine l’an­cien in­té­rieur du CSP.

Dé­jà à l’aise en at­taque, Isaiah Miles éprou­vait net­te­ment plus de dif­fi­cul­tés de l’autre cô­té du ter­rain. Au point de faire rire son an­cien co­équi­pier : « C’était un roo­kie… Il sau­tait à la moindre feinte. Di­sons qu’il était un peu naïf. » Et un brin pro­vo­ca­teur aus­si, se sou­vient Jo Pas­save Duc­teil : « Avec Laurent (Le­gname), on avait des règles très spé­ciales. On ne de­vait, par exemple, pas al­ler au re­bond of­fen­sif. Mais lui avait la ca­pa­ci­té d’y al­ler. Alors par­fois, il en pre­nait un avant de dé­fier le banc du re­gard. Ce n’est pas le genre de joueur à qui tu dis : “T’es pas ca­pable de faire ça !” »

Quand on lui rap­pelle cette pé­riode, Isaiah Miles me­sure aus­si­tôt tout le che­min par­cou­ru : « J’avais été sur­pris par le ni­veau phy­sique et ath­lé­tique du cham­pion­nat. Moi, j’étais tout jeune. Je sor­tais de l’uni­ver­si­té. Je n’étais pas comme au­jourd’hui. J’étais tout maigre et j’avais face à moi des ad­ver­saires très cos­tauds. Je n’al­lais pas sou­vent dans la ra­quette… »

Deux ans plus tard, Isaiah Miles est tou­jours plus à l’aise en at­taque qu’en dé­fense. « Mais j’es­saie d’ai­mer ça, dit­il dans un éclat de rire. Le Isaiah d’au­jourd’hui est to­ta­le­ment dif­fé­rent de ce­lui de Di­jon. Le coach in­siste beau­coup sur la dé­fense parce que si cette équipe met au­tant d’éner­gie des deux cô­tés du ter­rain, elle se­ra dure à ar­rê­ter. » Si l’in­té­rieur n’a en­core rien d’un stop­peur, son état d’es­prit plaît à Kyle Milling : « De­puis le dé­but de la sai­son, il joue avec la gnaque et ça com­pense ses la­cunes dé­fen­sives. »

En de­hors des par­quets, ce « grand en­fant », comme il aime se dé­crire, semble beau­coup plus calme : « J’aime les co­mics, les des­sins ani­més et jouer aux jeux vi­déos. » Ses nom­breux ta­touages en at­testent. Mais Isaiah Miles pos­sède aus­si un avis bien tran­ché sur son pré­sident. Il porte d’ailleurs un bra­ce­let avec une ins­crip­tion ex­pli­cite à l’en­contre de Do­nald Trump. « Avec ma fa­mille, on n’est pas vrai­ment en ac­cord avec sa po­li­tique… Je ne suis pas un spé­cia­liste mais je sais que ce qu’il fait n’est pas bien », dit­il.

Entre son ca­rac­tère en­joué et af­fir­mé mais aus­si son style de jeu of­fen­sif, Isaiah Miles a tout pour plaire au pu­blic li­mou­geaud. Jo Pas­save Duc­teil en est convain­cu : « Ses bom­bi­nettes à trois points vont en­flam­mer le Pa­lais des sports. » Et peut­être aus­si le Rhé­nus ce soir… ■

« Ses bom­bi­nettes à trois points vont en­flam­mer le Pa­lais des Sports »

PHO­TO THO­MAS JOUHANNAUD

AVIS. Pour Isaiah Miles, le CSP va de­voir sé­rieu­se­ment soi­gner son dé­but de ren­contre pour es­pé­rer s’im­po­ser, ce soir, en Al­sace.

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