Un ap­pren­ti du CFA bâ­ti­ment en Aus­tra­lie

Un an­cien ap­pren­ti cou­vreur du CFA de Tulle est par­ti tra­vailler en Aus­tra­lie

La Montagne (Corrèze) - - La Une - PAGE 12

Ju­lien Del­py, an­cien ap­pren­ti cou­vreur et spé­cia­liste du zinc a eu l’op­por­tu­ni­té de par­tir en Aus­tra­lie. Il re­vient sur son ex­pé­rience

En at­tente d’un nou­veau vi­sa afin de pou­voir re­par­tir au pays des kan­gou­rous, Ju­lien Del­py est re­ve­nu dans son pays d’ori­gine et par­tage son ex­pé­rience.

Ce jeune homme ori­gi­naire de Mar­tel dans le Lot a de prime abord un par­cours clas­sique. Après un bac­ca­lau­réat STI Gé­nie Ci­vil, il s’oriente vers les mé­tiers du bâ­ti­ment et passe un CAP Cou­vreur au CFA de Ca­hors. Il se dé­couvre une vraie pas­sion pour ce mé­tier et dé­cide donc de pour­suivre son cur­ sus par un Bre­vet Pro­fes­sion­nel cou­vreur. La for­ma­tion n’exis­tant pas dans le Lot, il pour­suit donc cette for­ma­tion au CFA de Tulle.

« Pour moi, c’est l’idée de créa­tion qui est la plus im­por­tante dans ce mé­tier. À Tulle, j’ai vrai­ment re­trou­vé cet es­prit­là », confie­t­il. Le jeune ap­pren­ti ne s’ar­rête donc pas en si bon che­min, et signe pour une troi­sième an­née au CFA de Tulle en men­tion com­plé­men­taire Zin­gue­rie. Une spé­cia­li­té en de­çà de son ni­veau d’études mais qui lui per­met d’af­fi­ner ses com­pé­tences.

Franck La­ju­gie, en­tre­pre­neur à Brive qui l’avait ac­cueilli du­rant sa for­ma­tion, se sou­vient : « C’est un jeune qui a vrai­ment l’amour du mé­tier. Il a tou­jours été sé­rieux et ai­mable, avec l’en­vie de pro­gres­ser. »

Lors­qu’il passe son exa­men en juin 2017, Ju­lien ap­prend qu’une en­tre­prise aus­tra­lienne cherche des cou­vreurs zin­gueurs qua­li­fiés. Il dé­cide de sau­ter le pas avec son ami proche, Guillaume Mi­chel, qui a sui­vi le même par­cours que lui. Les deux co­pains s’en­volent alors fin sep­tembre pour Mel­bourne où tout s’en­chaîne très ra­pi­de­ment. Une se­maine plus tard, ils sont em­bau­chés dans la même en­tre­prise, la Ar­chi­tec­tu­ral Roo­fing & Wall Clad­ding, dans la ban­lieue de Mel­bourne. Ju­lien prend très ra­pi­de­ment ses marques.

Ti­ta­nesque

« On m’a très vite fait confiance et confié des chan­tiers. J’ai tout de suite mon­tré que j’avais en­vie de bien tra­vailler. En plus, les Eu­ro­péens ont la ré­pu­ta­tion d’être d’ex­cel­lents tra­vailleurs là­bas » ex­plique le jeune homme. En ef­fet, il n’existe pas de for­ma­tion dans ce do­maine en Aus­tra­lie et les en­tre­prises doivent faire ap­pel à une maind’oeuvre moins bien qua­li­fiée. « J’ai no­tam­ment pu in­ter­ve­nir sur le Mel­bourne Ex­hi­bi­tion Cen­ter. C’était ti­ta­nesque : 35 tonnes de zinc pour 6 mois de chan­tier » an­nonce­t­il avec fier­té.

Ce­pen­dant, tout n’a pas été si fa­cile à son ar­ri­vée en Aus­tra­lie.

« Au dé­but, je ne par­lais pas un mot d’an­glais. Heu­reu­se­ment que Guillaume était là pour faire l’in­ter­prète ! » ra­conte Ju­lien avec amu­se­ment. « Mais les Aus­tra­liens sont très ou­verts d’es­prit et sym­pa­thiques. C’est une autre men­ta­li­té. J’ai donc ra­pi­de­ment pro­gres­sé en dis­cu­tant avec eux, » pré­cise­t­il.

Quelles sont les rai­sons qui l’ont pous­sé à se lan­cer dans une telle aven­ture ?

« Il est vrai que j’ai eu un pin­ce­ment au coeur à l’idée tout quit­ter ici, ré­pond le jeune homme. Mais je me suis dit que si je ne le fai­sais pas, je le fe­rais ja­mais. ».

Pers­pec­tives d’ave­nir

Concer­nant ses pro­jets pour sa se­conde an­née en Aus­tra­lie, Ju­lien n’a rien pré­vu de pré­cis pour le mo­ment :

« On ne peut re­nou­ve­ler son vi­sa va­cances tra­vail que deux fois. Si­non, il faut se faire par­rai­ner par une en­tre­prise et si­gner un contrat pour quatre ans. J’ai be­soin de pe­ser le pour et le contre avant, » ex­plique­t­il. D’au­tant plus qu’il en­vi­sage aus­si de pro­po­ser ses ser­vices en Suisse, pays ré­pu­té pour son ex­cel­lence dans le mé­tier.

En­fin, il dé­livre quelques conseils aux jeunes gens qui sou­hai­te­raient imi­ter son exemple : « Il faut oser. Le plus dur, c’est de par­tir. Mais c’est la plus belle chose que l’on puisse sou­hai­ter. » ■

AGNÈS GAUDIN

TA­LENT. Ju­lien Del­py pré­sente fiè­re­ment ses réa­li­sa­tions en Aus­tra­lie où il a no­tam­ment tra­vaillé sur le chan­tier du Mel­bourne Ex­hi­bi­tion Cen­ter.

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