Vo­lé de Châ­teau­pon­sac

La Montagne (Corrèze) - - Grand Angle Grand Angle -

Dé­fi­ni­tion. Le re­li­quaire, du XIIIe siècle, est dit re­li­quaire « phy­lac­tère ». Se­lon l’éty­mo­lo­gie la­tine, il s’agit d’une boîte sa­crée. L’ob­jet ren­fer­mait 36 re­liques, no­tam­ment des bouts d’os ayant ap­par­te­nu à des saints, et même un che­veu du Ch­rist. Ori­gine. Le re­li­quaire fait par­tie du tré­sor de Grand­mont, ces fa­meuses ri­chesses amas­sées par un ordre mo­nas­tique qui fonde au XIIe siècle l’ab­baye de Grand­mont, dans les monts d’Am­ba­zac. Le tré­sor est dis­per­sé dans plu­sieurs églises du Li­mou­sin en 1790 par l’évêque, après le dé­man­tè­le­ment de l’ab­baye. C’est ain­si que le re­li­quaire, d’une va­leur au­jourd’hui in­es­ti­mable, vient or­ner l’église Saint-Thyrse, à Châ­teau­pon­sac.

Contexte du vol. Suite à la loi Combes de 1905, qui ins­taure la sé­pa­ra­tion de l’Église et de l’État, le cler­gé a peur d’être dé­pos­sé­dé. Cer­tains se laissent alors convaincre par des es­crocs de vendre les ob­jets pré­cieux pour ré­cu­pé­rer de l’ar­gent. Pour­tant, en tant qu’ob­jet clas­sé mo­nu­ments his­to­riques de­puis 1891, le re­li­quaire ap­par­te­nait à la com­mune. L’État n’au­rait donc pas pu le ré­cla­mer.

PRÉ­CIEUX. En haut à gauche : la preuve que le re­li­quaire a ap­par­te­nu à la fa­mille Roth­schild. En haut à droite : Ni­co­las Ve­de­la­go, conser­va­teur à la Drac, qui a me­né l’en­quête. En bas à gauche : le pied du re­li­quaire, dé­tail de la co­pie réa­li­sée par l’or­fèvre Fé­lix Jou­bert. En bas à droite : le mar­chand d’art an­glais Jo­seph Du­veen.

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