Le sort d’une fa­mille géor­gienne émeut

70 per­sonnes ont ma­ni­fes­té, ven­dre­di, de­vant la pré­fec­ture.

La Montagne (Corrèze) - - Limousin L'actu - Bas­tien Roques

« Trop c’est trop ». Au-de­là du der­nier cas en date, les mi­li­tants as­so­cia­tifs sont sur­tout exas­pé­rés par la ré­pé­ti­tion d’his­toires dra­ma­tiques aux­quelles ils sont confron­tés avec les de­man­deurs d’asile.

« Cette fa­mille est ar­ri­vée à Li­moges il y a plus d’un an », ex­plique Ro­ger Nor­mand, membre du col­lec­tif Cha­batz d’En­trar. « Comme on pou­vait le craindre vu leur pays d’ori­gine, leur de­mande a été re­fu­sée par les au­to­ri­tés. On leur a si­gni­fié une obli­ga­tion de quit­ter le ter­ri­toire fran­çais, le centre d’ac­cueil a fi­ni par les mettre de­hors. Puis le père a été ar­rê­té et pla­cé en centre de ré­ten­tion à Bor­deaux. »

Un cas em­blé­ma­tique

Pour lui, ce sont sur­tout les sen­ti­ments de frus­tra­tion et d’in­jus­tice qui pré­do­minent : « Éco­no­mi­que­ment, ils au­raient pu tout à fait vivre. Les pa­rents ne de­man­daient qu’à tra­vailler. Leur en­fant al­lait à l’école à Li­moges, et ils ve­naient d’en avoir un deuxième. C’est juste aber­rant ! ».

Une si­tua­tion ty­pique se­lon les ma­ni­fes­tants. Ma­ rie Vi­rolle di­rige la Re­vue A et ne com­prend pas cette dé­ci­sion ad­mi­nis­tra­tive : « Ils sont prêts à faire des mé­tiers dont les Fran­çais soi­di­sant de souche ne veulent même pas ! Au lieu de ce­la, ils doivent s’en re­mettre aux ini­tia­tives lo­cales. Mais le pro­blème est bien plus large. Il y a beau­coup d’en­droits in­oc­cu­pés qui se dé­té­riorent et des cen­taines de per­sonnes qui dorment dans la rue. On a pro­po­sé des réunions avec l’ag­glo­mé­ra­tion et la ré­gion. On at­tend tou­jours. »

Le si­lence des pou­voirs pu­blics agace les mi­li­tants : « La seule ré­ponse qu’on a re­çue, c’est qu’ils ne nous ont pas en­core en­voyé les po­li­ciers, ni cou­pé l’élec­tri­ci­té. C’est à peu près tout », iro­nise Ro­ger Nor­mand. Pour lui, la so­lu­tion est aus­si au ni­veau de l’État dont il dé­ nonce un double dis­cours : « On pré­tend être le pays des Droits de l’Homme et on re­fuse notre pa­villon au na­vire hu­ma­ni­taire qu’est l’Aqua­rius. La loi ASILE a aus­si fait énor­mé­ment de mal », plaide­t­il avant de ré­cu­ser l’ap­pel­la­tion de mi­grant éco­no­mique : « Mou­rir de faim ou d’une balle dans la tête, il n’y a au­cune dif­fé­rence ». ■

PHO­TO : B. AZZOPARD

SO­LI­DA­RI­TÉ. 70 per­sonnes ont ré­pon­du à l’ap­pel du col­lec­tif Cha­batz d’en­trar.

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