Pa­trick Her­nan­dez

La Montagne (Corrèze) - - Musiques - Jean-Fran­çois Ju­lien

Pa­trick Her­nan­dez est l’une des têtes d’af­fiches de la tour­née Star 80. ■ Vous avez re­joint il y a six ans, la tour­née Star 80. L’am­biance est bonne entre les ar­tistes ? J’ai re­dé­cou­vert le plai­sir de faire de la scène. Il n’y a pas de com­pé­ti­tion entre nous. L’am­biance est su­per !

■ Vous êtes ori­gi­naire du Pé­ri­gord ? Non, je suis né à Pa­ris. En 1969, le ha­sard m’a conduit dans le Pé­ri­gord où j’ai exer­cé mon mé­tier de mu­si­cien.

■ Vous avez aus­si tra­vaillé à Li­moges ? JeanPaul Sou­ris­seau, (NDLR : an­cien di­rec­teur de France Bleu Li­mou­sin) fut la pre­mière per­sonne que j’ai ren­con­trée lorsque je suis ar­ri­vé à Pé­ri­gueux. Il jouait dans un or­chestre que j’ai in­té­gré. En­suite il est par­ti à Li­moges re­joindre la for­ma­tion d’Éric Er­day. Je l’ai sui­vi et j’ai été en­ga­gé comme chan­teur. Nous avons écu­mé une bonne par­tie du Li­mou­sin.

■ Vous avez gar­dé des contacts avec ces mu­si­ciens ? Nous nous sommes tous quit­tés en très bon terme et j’ai ado­ré cette ré­gion. D’ailleurs lorsque j’ai sor­ti Born to be alive j’ai ache­té une pro­prié­té juste à cô­té de Saint­Yrieix­la­Perche. Je l’ai gar­dé jus­qu’en 1990.

■ Se­lon la lé­gende « Born to be alive » au­rait été joué pour la pre­mière fois en Li­mou­sin. Vous confir­mez ? J’ai écrit cette chan­son en 1973 au sein d’un groupe qui s’ap­pe­lait « Pa­ris­Pa­lace­Ho­tel ». Je ne pense pas l’avoir joué en Li­mou­sin. Je n’étais plus dans la ré­gion à ce mo­ment­là.

■ Comment est né ce tube ? Sur un coup de co­lère en ré­ac­tion à la pas­si­vi­té des gens qui m’en­tou­raient. Ils n’al­laient ja­mais au bout de leurs idées. Le mes­sage dit en gros, il faut faire les choses à fond. C’était au dé­part une ver­sion acous­tique et douce. En 1975 il y a une adap­ta­tion très rock. Puis il y a eu la ver­sion dis­co. que j’ai en­re­gis­tré en 1978. Ce mor­ceau est sor­ti en 1979 sur pro­po­si­tion de Jean Van Loo. J’ai ré­sis­té. Le dis­co n’était fran­che­ment pas ma tasse de thé. J’ai fait l’es­sai et je ne re­grette pas.

■ Com­bien de disques ven­dus ? Entre 25 et 27 mil­lions. Cette chan­son m’a per­mis de ré­col­ter dans le monde 56 disques d’or.

■ Vous avez lan­cé Ma­do­na ? En fait elle s’est pré­sen­tée à New­York à une au­di­tion. Je cher­chais des dan­seurs pour la pro­duc­tion amé­ri­caine. Elle était lar­ge­ment au­des­sus du lot. Nous l’avons ra­me­né avec nous à Pa­ris pour lui faire en­re­gis­trer un disque. Mais elle vou­lait uni­que­ment faire du théâtre ou du ci­né­ma. Ça ne s’est pas bien pas­sé avec le pro­duc­teur. Mais avec moi le cou­rant pas­sait bien. Nous avons par­ta­gé le même toit bou­le­vard de Cour­celles pen­dant un an. J’ado­rais sa voix qu’elle me fai­sait en­tendre dans l’in­ti­mi­té de l’ap­par­te­ment et je l’ai convain­cu de se tour­ner vers la mu­sique. Nous étions amis, nous sommes même par­tis en va­cances en­semble. Puis elle est ren­trée aux ÉtatsU­nis. Elle a dû te­nir compte de mes conseils. Nous gar­dons des contacts mais loin­tains. Je ne suis pas cer­tain d’ap­pré­cier la femme qu’elle est de­ve­nue. ■

PHO­TO ÉRIC MALOT

TUBE. Phil Bar­ney à l’af­fiche de la tour­née Star 80 de­puis 2014.

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