Faire cha­brol, pour le to­nus !

La Montagne (Corrèze) - - Grand Angle - Ti­phaine Si­rieix

Ver­ser du vin dans sa soupe. Cette tra­di­tion an­ces­trale per­siste tou­jours dans les cam­pagnes li­mou­sines.

Faire cha­brot ou cha­brol ? « On dit comme on veut », convient Ré­gine Ros­si­La­gorce, an­cienne cui­si­nière et au­teure de plu­sieurs ou­vrages. Tra­dui­sez l’ex­pres­sion par « boire comme une cha­brette », à l’as­siette.

Mais pas de n’im­porte quelle ma­nière : il existe une tech­nique pour rem­plir l’as­siette avec le vin. « On met la cuillère po­sée dans l’as­siette, et on verse le vin à hau­teur. Si on est très gour­mand, on re­tourne la cuillère, avec le cô­té bom­bé au­des­sus. La soupe se­ra donc plus riche en al­cool », ex­plique la cui­si­nière.

« Le bouillon ren­dait le vin meilleur »

Pra­ti­quée au­tant par les femmes que par les hommes, cette tra­di­tion du sud­ouest ser­vi­rait à « ter­mi­ner la soupe » et « net­ toyer l’as­siette », ou à don­ner « du to­nus », se­lon Ré­gine Ros­si­La­gorce : « ou peut­être car à l’époque, on fai­sait cha­brot avec du vin lo­cal… de la pi­quette ! Le di­luer avec le bouillon le ren­dait bien meilleur. »

Si la pra­tique est moins te­nace, elle existe en­core dans les cam­pagnes. Et même les jeunes re­pro­duisent la tra­di­tion de leurs grands­pa­rents, à la mai­son… À un dé­tail prés. « Moins de quan­ti­té, et plus de qua­li­té. Au­jourd’hui, le vin est choi­si avec at­ten­tion. Car on ne fait un bon cha­brot qu’avec de bons in­gré­dients », sou­rit la Cor­ré­zienne. ■

S. PARA

ART. Une fois le po­tage presque fi­ni, ver­sez le vin.

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