Quand l’oc­ci­tan était la langue of­fi­cielle

L’oc­ci­tan a long­temps été la langue of­fi­cielle du Bri­va­dois

La Montagne (Haute-Loire) - - La Une - Pomme La­brousse pomme.la­brousse@cen­tre­france.com

L’oc­ci­tan, ou le pa­tois, dans la mé­moire de nom­breux Bri­va­dois, ce sont les his­toires des grands- pères qui animent les veillées.

Mais­ce­quel’on sait moins, c’est que l’oc­ci­tan a eu, dans le sec­teur de Br ioude, une pré­sence écrite très forte et as­sez longue. Le texte le plus vieux que l’on connaisse est Le ter­rier de Pébrac. Écrit au XIIIe siècle, il est en quelque sorte le ca­dastre de l’époque. S’il est ré­di­gé en grande par­tie en la­tin, plu­sieurs par­ties sont en oc­ci­tan.

Le dé­clin date du XVIe

Quant au Sen­sier du prieu­ré de Vieille­Brioude, le ta­rif des im­pôts lo­caux, da­té de 1271, il est en­tiè­re­ment écrit en oc­ci­tan. Et, à l’ins­tar du Ter­rier de Pébrac, « cet oc­ci­tan se lit comme de l’oc­ci­tan mo­derne », as­sure Jean Roux, le vice­pré­sident de l’Ins­ti­tut d’études oc­ci­tanes de Haute­Loire. Il en va de même pour le Livre pré­ven­taire de l’ab­baye des Chazes ( 1462). « Dans le Bri­va­dois, on a long­temps écrit en oc­ci­tan. Le franç ai s , c’e s t un e la n g u e étran­gère qui est ar­ri­vée au XVIe siècle ! »

Car avec l’or­don­nance de Villers­Cot­te­rêts (1539) qui ins­taure le fran­çais comme langue of­fi­cielle, plus per­sonne n’écrit en pa­tois. On le parle dans les cam­ pagnes, certes, mais, peu à peu, on ne sait plus le lire ni l’or­tho­gra­phier.

C’est le grand Fré­dé­ric Mis­tral et son fé­li­brige qui si­gne­ront le re­nou­veau de l’oc­ci­tan, de­puis la Pro­vence, au XIXe siècle. Un Chil­ha­cois, Hen­ri Gilbert, mar­che­ra dans ses traces. Il es­saie de ré­ta­blir un sys­tème or­tho­gra­phique et pu­blie Contes de la lu­naire, mais sur­tout La Co­vi­sa­ da qui fe­ra date. D’autres lo­caux par­ti­cipent à ce re­nou­veau, par­mi les­quels Pierre Mamet de Saint­Elbe, Bap­tiste Gre­nier de Langeac et An­toine Ber­trand, maire de Brioude au dé­but du XXe siècle.

« Au­jourd’hui, ce qui peut nous sau­ver, c’est ce qui se passe à La­vau­dieu, avec la Ca­lan­dre­ta, ana­lyse Jean Roux. En re­vanche, l’oc­ci­tan est une langue de créa­tion ar­tis­tique : Il n’y a qu’à voir ce que fait l’au­teur de théâtre po­not Lio­nel Alès et les chan­teuses lo­cales de Gri­fol… Cette langue, c’est une ou­ver­ture vers les autres. »

OCCITANISTE. Jean Roux se pas­sionne pour l’oc­ci­tan écrit.

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