Quand le gui­chet se fait rare en gare…

Plus qu’un seul es­pace de vente à Is­soire et des heures d’ou­ver­ture ré­duites de fa­çon dras­tique

La Montagne (Haute-Loire) - - Issoire Vivre Sa Ville - Oli­vier Cho­rusz­ko

Les ho­raires d’ou­ver­ture du gui­chet de la gare ont été re­vus à la baisse. La SNCF in­voque l’usage de plus en plus im­por­tant du nu­mé­rique. La CGT et cer­tains usa­gers une perte de ser­vice public.

So­phie a l’air un peu désem­pa­rée, ce mer­cre­di ma­tin, à 9 heures, dans le hall de la gare d’Is­soire. Cette ha­bi­tante de Fru­gères­lesMines (43) a fait le dé­pla­ce­ment jus­qu’ici pour qu’on lui ex­plique les sub­ti­li­tés des ho­raires et ta­rifs SNCF.

« Je cherche un train pour mon fils qui va bien­tôt faire un stage », com­mente cette mère de fa­mille. « J’ai dé­jà re­gar­dé sur In­ter­net mais je n’ai pas trou­vé ce que je vou­lais. J’ai­me­rais bien avoir un in­ter­lo­cu­teur. » Peine per­due. De­puis le 1er dé­cembre, du mar­di au ven­dre­di, l’es­pace de vente de la gare d’Is­ soire n’ouvre plus à 5 h 50 du ma­tin mais à 10 h 30. So­phie, qui n’a pas le temps d’at­tendre 1 h 30, re­par­ti­ra avec des dé­pliants…

Les chan­ge­ments an­non­cés et dé­non­cés par le CGT Che­mi­nots, en oc­tobre der­nier, sont dé­sor­mais réa­li­té. Un des deux gui­chets de vente a été sup­pri­mé. Ce­lui qui reste n’est plus ou­vert qu’une qua­ran­taine d’heures par se­maine contre plus de 80 au­pa­ra­vant. Il est ac­ ces­sible plus tard le ma­tin et ferme plus tôt le soir. Seule une pe­tite af­fiche, à cô­té de ce gui­chet, in­dique les mo­di­fi­ca­tions. La SNCF n’a mis en place au­cune com­mu­ni­ca­tion of­fi­cielle.

À cette ré­duc­tion ho­raire s’ajoute la dis­pa­ri­tion d’un des trois postes de ti­tu­laires et de deux postes d’agents de ré­seau. Ni la pé­ti­tion, qui avait re­cueilli 3.000 si­gna­tures, ni la ma­ni­fes­ta­tion or­ga­ni­sée par la CGT n’au­ront suf­fi à in­flé­chir la dé­ci­ sion de la SNCF. « Des cour­riers ont été adres­sés aux dif­fé­rents po­li­tiques, sans au­cun re­tour ! », re­grette Vincent Ber­gon­nier, agent de la gare et re­pré­sen­tant de la CGT Che­mi­nots. Les consé­quences, se­lon lui ? « Des files d’at­tente à n’en plus fi­nir et du tra­vail sous pres­sion pour les agents en place. Les heures qu’on a per­dues n’étaient pas in­utiles. On était là pour les heures de pointes, le ma­tin. »

La CGT dé­plore une lo­gique « pu­re­ment fi­nan­cière, pu­re­ment comp­table ». La SNCF évoque des chan­ge­ments d’ha­bi­tude de la part des usa­gers et l’uti­li­sa­tion gran­dis­sante des ou­tils nu­mé­riques.

« Nos nou­veaux ho­raires sont ca­lés sur la fré­quen­ta­tion des clients », af­firme SNCF mo­bi­li­té. « Ils sont donc plus tar­difs. Le ma­tin, la gare est es­sen­tiel­le­ment fré­quen­tée par des abon­nés qui re­chargent leurs cartes une fois par an ou une fois par mois. Des ac­tions très peu fré­quentes, donc, et qui sont sou­vent réa­li­sées par In­ter­net ou sur le dis­tri­bu­teur de billets pré­sent en gare. »

« Les usa­gers ont be­soin d’avoir un con­tact hu­main »

Ce n’est pas ce que tra­duisent les chiffres de vente de di­manche der­nier. Ce jour­là, 205 billets ont été ven­dus au gui­chet contre… 76 au dis­tri­bu­teur ! « On se rend compte que beau­coup d’usa­gers es­saient de prendre leurs billets sur In­ter­net mais n’y ar­rivent pas en rai­son de bugs ou pour d’autres rai­sons », sou­ligne Vincent Ber­gon­nier. « Ils ont be­soin d’avoir un con­tact hu­main. »

Aux usa­gers de se faire leur opi­nion sur ce chan­ge­ment. Les pre­mières ré­ac­tions re­cueillies, ce dé­but de se­maine, ne sont pas vrai­ment po­si­tives… ■

CHAN­GE­MENT. Ma­ti­naux, s’abs­te­nir. Le gui­chet n’ouvre plus qu’à 10 h 30 contre 5 h 50 au­pa­ra­vant.

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