« Ici, il faut s’in­ves­tir plus qu’ailleurs »

Agroa­li­men­taire, san­té, ar­ti­sa­nat… Com­ment la com­mune tire avan­tage de sa si­tua­tion ?

La Montagne (Haute-Loire) - - Saint-flour Vie Locale - Da­vid Al­li­gnon da­vid.al­li­[email protected]­tre­france.com

Sur la carte du dé­par­te­ment, la com­mune de Pier­re­fort, toute proche de l’Avey­ron, est à 30 km de Saint-Flour et à 60 km d’Au­rillac. Une po­si­tion ex­cen­trée qui en fait sa force.

«Tra­vailler à Pier­re­fort si­gni­fie que les heures sont plus longues qu’ailleurs, qu’il faut s’in­ves­tir plus qu’ailleurs ». Le maire, Louis Gal­tier, ne vit pas l’éloi­gne­ment de sa com­mune des centres de dé­ci­sions que sont Au­rillac et Saint­Flour comme un désa­van­tage. Mais plu­tôt comme un dé­fi à re­le­ver. Au plan éco­no­mique no­tam­ment, mais aus­si dans le do­maine de la san­té, ce­la oblige « à se battre » plus en­core pour « conser­ver ce qui peut l’être et at­ti­rer les in­ves­tis­seurs ». Plu­sieurs sec­teurs d’ac­ti­vi­tés sont re­pré­sen­tés, à com­men­cer par l’agroa­li­men­taire.

1 Agri­cul­ture et agroa­li­men­taire. Deux fro­ma­ge­ries, la co­opé­ra­tive des Monts du Can­tal et Con­du­tier, d’où sort no­tam­ment le Can­tal AOP, col­lectent et trans­forment le lait des trou­peaux d’éle­veurs lo­caux. La race au­brac fait en­core et tou­jours la re­nom­mée du ter­ri­toire. Plu­sieurs gé­né­ra­tions, et beau­coup de tra­vail, furent né­ces­saires pour par­ve­nir à cette no­to­rié­té. Une re­pré­sen­ta­ti­vi­té qui s’ex­prime chaque an­née à l’oc­ca­sion du Som­met de l’élevage et du Sa­lon de l’agri­cul­ture grâce à 21 ex­ploi­ta­tions. Mais c’est avant tout dans l’as­siette, avec les pro­duc­tions fro­ma­gère et viande, que la pro­fes­sion convainc le consom­ma­teur. « Les bou­che­ries Du­tré­vis et Jof­frois, sont connues pour la qua­li­té de leurs pro­duits bien au­de­là de Pier­re­fort », as­sure l’édile de la com­mune. Le fruit d’une longue tra­di­tion. Si l’abat­toir a fer­mé cette an­née, « pour un pur pro­blème de ges­tion », ex­plique­til, « ce n’est pas dit qu’il ne rouvre pas, si l’on consi­dère la proxi­mi­té des éle­vages, ses ins­tal­la­tions aux normes eu­ro­péennes... ». La com­mune pos­sède aus­si une su­pé­rette « ou­verte qua­si­ment tous les jours, elle marche très bien », une AMAP, et une boulangerie. 2 Com­merces et en­tre­prises. Comme pour beau­coup de bourgs, et de villes plus im­por­tantes, des com­merces ont bais­sé le ri­deau. Quatre ca­fés, l’un avec une li­brai­rie­pa­pe­te­rie, un autre avec une par­tie hô­tel­le­rie, ac­cueillent chaque jour les clients. Deux coif­feurs, trois sta­tions ser­vices… La liste n’est pas ex­haus­tive. Un ma­ga­sin de dé­co pour­rait pro­chai­ne­ment ou­vrir dans le centre bourg éga­le­ment. « Seul manque, un ma­ ga­sin d’ha­bille­ment », es­time Louis Gal­tier. Per­sonne n’échappe à la concur­rence du com­merce en ligne. Des so­cié­tés, pour beau­coup dans le do­maine de l’ar­ti­sa­nat, tirent leur épingle du jeu. Ga­ra­giste, taxis, chauf­fa­giste, ma­çon­ne­rie, me­nui­se­rie, cou­vreur… Cer­taines se sont im­plan­tées sur la ZA de l’Au­brac. Le maire an­nonce ré­flé­chir à une ex­ten­sion d’en­vi­ron 15.000 m2, car, dit­il, « nous avons des contacts ».

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Ser­vices et san­té. La com­mune par­vient, au prix d’ef­ forts im­por­tants, à conser­ver de nom­breux ser­vices. La Poste, do­mi­ci­liée en mai­rie, le Centre de se­cours, un ca­bi­net vé­té­ri­naire, la Mai­son des ser­vices (té­lé­tra­vail, trans­port à la de­mande…), le CCAS, l’école pri­maire, le col­lège, la gen­dar­me­rie, une phar­ma­cie, une médiathèque, une salle des jeunes, deux ter­rains de sport… « On ba­taille pour avoir un autre mé­de­cin gé­né­ra­liste », in­siste le maire qui n’aban­donne pas le pro­jet d’une Mai­son de san­té. Un mé­de­cin of­fi­cie, « mais il manque un den­tiste ». La mai­son de re­traite et le centre des­ti­né aux cé­ré­bro­lé­sés as­surent à eux deux un em­ploi à près d’une cen­taine de pro­fes­sion­nels de san­té.

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Tou­risme. La com­mune a des points forts, et l’at­trait tou­ris­tique en est un. Les ma­ni­fes­ta­tions es­ti­vales at­tirent un public nom­breux. Des Pier­re­for­tais re­trouvent leurs mai­sons se­con­daires à l’oc­ca­sion des va­cances tout au long de l’an­née. L’Of­fice de tou­risme ren­seigne les va­can­ciers qui sé­journent, ou sont de pas­sage dans le Can­tal. Les ran­don­neurs no­tam­ment, et autres pas­sion­nés de na­ture. Si l’af­fluence est plus im­por­tante l’été bien en­ten­du, l’ac­ti­vi­té tou­ris­tique est constante. D’ailleurs, pour main­te­nir cette ten­dance, les as­so­cia­tions de la com­mune se sont réunies ré­cem­ment, « avec la pré­sence de nom­breux jeunes », note avec sa­tis­fac­tion Louis Gal­tier, pour faire des pro­po­si­tions nou­velles dès l’été 2019 en terme d’animation.

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Les pro­jets. Après 31 ans pas­sés à la tête de la com­mune, Louis Gal­tier met­tra un terme à sa car­rière po­li­tique en 2020. Avant ce­la, il pour­suit la mise en oeuvre de pro­jets qui lui sont chers comme l’ex­ten­sion de la ZA de l’Au­brac, la Mai­son de san­té, la vi­déo pro­tec­tion, une aire de cam­ping­car, la ré­no­va­tion des ré­seaux du quar­tier de Fon­frède­Le Mon­teil « bien­tôt ache­vée », une na­vette ur­baine pour les dé­pla­ce­ments au quo­ti­dien du cam­ping éga­le­ment, la réa­li­sa­tion du lo­tis­se­ment Les Mu­rets avec « onze lots au prix de 6 € le m2 TTC », pré­cise­t­il. Pour les com­merces, la mu­ni­ci­pa­li­té pré­voit un ac­com­pa­gne­ment fi­nan­cier, conjoin­te­ment avec la Ré­gion Au­vergne­Rhônes­Alpes, « soit une sub­ven­tion de 30 % au to­tal », pour la ré­no­va­tion des vi­trines et de l’in­té­rieur du com­merce. ■

MA­RIANNE. La sta­tue de Ma­rianne noire, une fier­té pour le maire Louis Gal­tier, conser­vée dans la salle du con­seil.

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