Des me­sures de sé­cu­ri­té in­édites

La Montagne (Haute-Loire) - - Le Fait Du Jour - Ju­lien Bon­ne­foy

« On ne les lais­se­ra pas faire. ce se­ra dur, on le sait… ». C’est avec ces mots que le préfet de Haute-Loire, tou­jours ému, a conclu sa confé­rence de presse hier.

Les propos d’Yves Rous­set visent les cas­seurs mais aus­si les Gi­lets jaunes ra­di­ca­li­sés et toutes les me­naces d’in­cen­die et de mises à sac, les ap­pels aux meurtres, no­mi­na­tifs, qui cir­culent ces der­niers jours sur les ré­seaux so­ciaux. En nombre. C’est d’ailleurs un axe de tra­vail de la justice comme le confir­mait le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique Nicolas Ri­got­Mul­ler : les comptes des ré­seaux so­ciaux se­ront ana­ly­sés, vé­ri­fiés et re­cou­pés pour in­ten­ter dans les jours à ve­nir des pro­cé­dures pé­nales.

Des ru­meurs alar­mistes cir­culent et l’État semble les prendre toutes au sé­rieux en gar­dant la tête froide. Si le point de fixa­tion semble être à nou­veau la pré­fec­ture sur la place du Breuil, beau­coup de sites pour­raient être éga­le­ment pris pour cible : la mai­rie du Puy, les centres des im­pôts, les sous­pré­fec­tures… « Il reste des groupes qui sont ra­di­ca­li­sés et qui se ra­di­ca­lisent de plus en plus dans le dé­par­te­ment, dit le préfet. On doit se pré­pa­rer bien que nous n’ayons au­cune dé­cla­ra­tion de ma­ni­fes­ta­tion dé­po­sée en pré­fec­ture. Donc on se pré­pare à un évé­ne­ment que l’on ne peut pas tra­vailler préa­la­ble­ment avec des or­ga­ni­sa­teurs puis­qu’il n’y a pas d’or­ga­ni­sa­teurs ».

D’autres in­for­ma­tions, non va­li­dées pour l’ins­tant, sont beau­coup plus in­quié­tantes : la ve­nue de groupes ra­di­caux dont l’ob­jec­tif cons­tant est de ren­ver­ser le pou­voir. On évoque là les Blacks Blocs, la mou­vance dure des al­ter­mon­dia­listes ou des mi­lices d’ex­trême­droite. « Ex­trême droite, ex­trême gauche, ex­trême tout… », dit le préfet.

Al­cool in­ter­dit. « Nous avons de­man­dé à la mu­ni­ci­pa­li­té du Puy de prendre un ar­rê­té in­ter­di­sant la vente, la consom­ma­tion et le trans­port d’al­cool sur tout le pé­ri­mètre du centre­ville (Breuil, Mar­tou­ret, Mi­che­let, Plot) ».

Ar­rê­té pré­fec­to­ral. « On a pris un ar­rê­té pré­fec­to­ral in­ter­di­sant la cir­cu­la­tion d’en­gins in­cen­diaires, ex­plo­sifs et de cir­cu­la­tion d’al­cool à brû­ler, tout ce type de choses, ar­ti­fices, mor­tiers… Ce se­ra consi­dé­ré comme des dé­lits ».

Li­ber­té de cir­cu­ler et de ma­ni­fes­ter. « Je tiens à dire que l’on main­tient des forces de l’ordre pour que le droit de ma­ni­fes­ter reste un droit consti­tu­tion­nel qui a du sens sur le dé­par­te­ment. On conti­nue­ra à pro­té­ger la Marche pour le cli­mat, les Gi­lets jaunes quand ces ma­ni­fes­ta­tions sont pa­ci­fiques. On es­saie­ra de pro­té­ger l’ac­cès aux com­merces et la li­ber­té de cir­cu­ler. »

Un rap­pel lourd de sens. « Il faut rap­pe­ler qu’à par­tir du mo­ment où l’of­fi­cier de po­lice fait des som­ma­tions et que l’on com­mence à en­voyer des gre­nades la­cry­mo­gènes, la ma­ni­fes­ta­tion de­vient in­ter­dite et ils par­ti­cipent à un mou­ve­ment in­ter­dit, de fait, même s’ils ne bougent pas. Et quand on voit des mères de fa­milles avec des ga­mins qui étaient là sa­me­di der­nier, ce sont des gens qui étaient au spec­tacle… Quand les forces de l’ordre se fai­saient ta­per des­sus avec une vio­lence in­ouïe, ils re­gar­daient bras croisés. C’est ça la réa­li­té ». ■

PHOTO VINCENT JOLFRE

PRÉFET. Yves Rous­set avec à ses cô­tés le com­mis­saire Éric Clu­zeau, le co­lo­nel Jean-Pierre Ra­bas­té, le pro­cu­reur Nicolas Ri­got-Mul­ler et le di­rec­teur de ca­bi­net de la pré­fec­ture Franck Ch­ris­tophe.

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